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	<title>Toulouse Espace Sensible</title>
	<link>https://toulouse.espacesensible.net/</link>
	<description>Ce site est une initiative du CRU, collectif de radiographie urbaine. En perp&#233;tuelle &#233;volution, son objectif est de permettre de compiler des photos, des sons et des documents divers sur Toulouse, sa transformation et les diverses fa&#231;ons dont on l'habite.
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	<language>fr</language>
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		<title>Les KAPS : des &#233;tudiant&#183;es au travail pour la mixit&#233; sociale</title>
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		<dc:date>2026-03-27T18:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lea C.-P.</dc:creator>


		<dc:subject>2020-2029</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Transformations</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Gentrification</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le quartier du Mirail &#224; Toulouse subit depuis plus de 20 ans une &#8220;r&#233;novation urbaine&#8221;. Sous diverses formes la vie de ce quartier est attaqu&#233;e. Dans cet article, Lea Cauchois-Pettersson raconte l'exp&#233;rience particuli&#232;re des Colocations &#224; Projet Solidaire (KAPS) et questionne l'habiter comme force de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/transformations" rel="tag"&gt;Transformations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/luttes-sociales" rel="tag"&gt;Luttes sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/gentrification" rel="tag"&gt;Gentrification&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH100/jean_gilles_mai_2025-3842f.jpg?1774663486' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le quartier du Mirail &#224; Toulouse subit depuis plus de 20 ans une &#8220;r&#233;novation urbaine&#8221;. Sous diverses formes la vie de ce quartier est attaqu&#233;e. Dans cet article, Lea Cauchois-Pettersson raconte l'exp&#233;rience particuli&#232;re des Colocations &#224; Projet Solidaire (KAPS) et questionne l'habiter comme force de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que signifie habiter un lieu, un quartier, une ville ? Le collectif du Conseil Nocturne &#233;crit dans &lt;i&gt;Habiter contre la M&#233;tropole&lt;/i&gt; que la notion d'habiter rev&#234;t un caract&#232;re sensible, en ce qu'il est question de &#8220;ne pas &#234;tre indiff&#233;rents aux choses qui nous entourent, [y] &#234;tre attach&#233;s.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseil Nocturne. 2019. Habiter contre la m&#233;tropole. Editions Divergences, p.69.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais que devient cet attachement lorsque l'espace o&#249; l'on vit est sans cesse r&#233;organis&#233; par les logiques institutionnelles, &#233;conomiques et politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mirail est une parcelle de territoire qui regroupe plusieurs quartiers - Mirail, Reynerie, Bellefontaine. A l'extr&#233;mit&#233; Sud-Ouest de Toulouse, cet espace est celui d'un chantier datant des ann&#233;es soixante. Depuis lors, il a d'abord &#233;t&#233; question de la construction de grands ensembles de logements, jusqu'&#224; aujourd'hui, o&#249; le quartier est reconfigur&#233; &#224; l'infini pour servir les besoins du capital. Dans l'ouvrage du collectif Asphalte &lt;i&gt;Tenir la Ville&lt;/i&gt;, la m&#233;tropole est d&#233;crite comme constituant la forme actuelle du capitalisme urbain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Embrasser l'urbain. Prendre le pouvoir sur la production de l'espace, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - soit le processus de production et de gouvernement de l'espace comme source de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 25 ans, le projet de renouvellement du quartier du Grand Mirail est en cours. Il s'agit, selon les partenaires institutionnels, de r&#233;duire les &#233;carts sociaux entre les quartiers de Toulouse. Cette ambition de renouvellement urbain se traduit mat&#233;riellement par la d&#233;molition d'anciens b&#226;timents d'habitation afin de construire de nouveaux logements, plus co&#251;teux, et de nouveaux espaces commerciaux. Depuis quelques ann&#233;es, au c&#339;ur de ce vaste chantier urbain, des Colocations &#224; Projets Solidaires (KAPS) viennent enr&#244;ler les &#233;tudiant&#183;es dans cet effort de r&#233;novation. Je souhaite raconter ici les formes de contestation que j'ai pu observer et celles auxquelles j'ai pu participer au cours de l'ann&#233;e 2024-2025.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1474 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;119&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/gluck_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH753/gluck_2-04ceb.jpg?1774663486' width='500' height='753' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'immeuble Gl&#252;ck en cours de d&#233;molition, vu depuis le cheminement Christophe Gl&#252;ck, juin 2025
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Lea Cauchois-Pettersson
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Mal-Log&#233;es : l'exemple d'une mobilisation habitante et &#233;tudiante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le projet des KAPS, n&#233; en 2009, est un dispositif permettant &#224; des jeunes de moins de trente ans de vivre dans un logement &#224; loyer mod&#233;r&#233; - environ 270 euros par mois - avec en contrepartie un engagement b&#233;n&#233;vole dans diverses associations partenaires d'un quartier populaire. Les KAPS s'inscrivent dans la continuit&#233; du projet initial de l'association AFEV&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association de la Fondation Etudiante pour la Ville&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui les porte : lutter contre les in&#233;galit&#233;s &#233;ducatives et favoriser la rencontre entre &#233;tudiant&#183;es et habitant&#183;es dans les quartiers populaires. Afin de proposer des loyers &#224; bas co&#251;t, l'AFEV est en partenariat avec deux autres institutions : le CROUS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centre r&#233;gional des Oeuvres Universitaires et Scolaires&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les bailleurs sociaux. Au Mirail, il s'agit notamment du bailleur social Toulouse M&#233;tropole Habitat (TMH), Office Public de l'Habitat au service de la M&#233;tropole. Comptabilisant un patrimoine de presque 20 000 logements, TMH est propri&#233;taire de quasiment un tiers du parc locatif de l'agglom&#233;ration toulousaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du mois de septembre 2024, un groupe d'&#233;tudiant&#183;es s'organise autour d'une table dans le foyer de leur r&#233;sidence. Depuis plusieurs semaines, &#224; l'occasion de la rentr&#233;e, les plaintes sur le groupe Whatsapp de l'immeuble n'ont pas cess&#233; ; les appartements que leur louent le CROUS et TMH sont insalubres, infest&#233;s de cafards, la plomberie ne fonctionne pas, les murs sont souill&#233;s de moisissures. Les gestionnaires de la r&#233;sidence n'&#233;coutent pas les demandes et les plaintes ; &#231;a a &#233;t&#233; mon cas lors de ma premi&#232;re arriv&#233;e dans mon logement, quand la personne avec qui je faisais l'&#233;tat des lieux m'a dit &#8220;et oui, c'est pas le luxe ici, c'est comme &#231;a, c'est pas cher.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous prenons alors une d&#233;cision ; monter un collectif, contacter des soutiens, faire des banderoles, submerger les bo&#238;tes mail du CROUS pour faire valoir notre droit au logement d&#233;cent. Le collectif prend le nom des Mal Log&#233;&#183;es. Derri&#232;re le slogan &#8220;&#224; bas l'Etat, le CROUS et les cafards&#8221;, nous identifions et explicitons le lien t&#233;nu entre l'Etat, les institutions, et la situation de pr&#233;carit&#233; dans laquelle nous nous trouvons. Le CROUS nous envoie des mails infantilisants, sans r&#233;pondre &#224; nos questions ; le bailleur social ne daigne m&#234;me pas s'adresser directement &#224; nous. Les interlocuteur&#183;ices que nous r&#233;ussissons &#224; joindre se renvoient la balle et mobilisent l'argument de la gestion tripartite et de la complexit&#233; administrative de l'immeuble des KAPS pour justifier l'absence d'intervention de leur part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif participe aux appels nationaux &#224; manifester et organise &#233;galement des mobilisations devant le si&#232;ge du CROUS rue du Taur, appuy&#233;s notamment par le DAL&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Droit au Logement&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Toulouse. Nous revendiquons l'exon&#233;ration des loyers jusqu'&#224; la r&#233;habilitation de la r&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/mal_loge-es.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH336/mal_loge-es-19d60.jpg?1774663486' width='500' height='336' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Pancarte des Mal Log&#233;&#183;es, septembre 2024
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De cette mobilisation est ressortie une victoire partielle - qui ne remplacera jamais le temps, l'&#233;nergie et l'argent que nous avons perdu &#224; nettoyer, peindre et r&#233;habiliter nos appartements - celle d'avoir acc&#233;l&#233;r&#233; la r&#233;novation des KAPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience de mobilisation collective a marqu&#233; l'immeuble et constitue une forme de contestation &#224; l'&#233;chelle locale des dynamiques &#224; l'&#339;uvre dans les quartiers populaires. M&#234;me si &lt;i&gt;l'habiter&lt;/i&gt; des &#233;tudiant&#183;es est temporaire et qu'il est en cela diff&#233;rent du v&#233;cu des autres habitant&#183;es des quartiers populaires, il reste marqu&#233; par la pr&#233;carit&#233;, le m&#233;pris et, comme nous le verrons plus tard, la mise au travail. En organisant des actions collectives - manifestations, envoi de mails, banderoles, mobilisation m&#233;diatique - le collectif des Mal-Log&#233;&#183;es rejoint les strat&#233;gies d&#233;j&#224; existantes des habitant&#183;es pour se faire entendre. Ces actions produisent un effet de convergence entre mobilisations &#233;tudiantes et habitantes. Ayant reconnu que le b&#233;n&#233;volat r&#233;alis&#233; pour l'AFEV est une forme de travail gratuit, nous reconnaissons que nous sommes nous aussi des travailleur&#183;euses, et nous pouvons nous organiser collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la suite de cet article, il sera question d'observer la mani&#232;re dont les habitant&#183;es peuvent s'inscrire dans la production de leur territoire et de transformer l'habiter en champ d'action politique. Ainsi, les r&#233;sistances collectives peuvent constituer une r&#233;ponse n&#233;cessaire &#224; la d&#233;possession organis&#233;e par le capitalisme urbain et ouvrent des perspectives vers des formes d'&#233;mancipation fond&#233;es sur la solidarit&#233;, l'autonomie et la d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai emm&#233;nag&#233; au KAPS en 2024, pour y r&#233;aliser ma derni&#232;re ann&#233;e d'&#233;tudes. De l'exp&#233;rience de lutte que nous y avons v&#233;cu a &#233;merg&#233; l'envie de me pencher sur la question plus large des dynamiques de renouvellement urbain sur le quartier du Mirail, mais &#233;galement de penser des formes de luttes et d'habiter sur ce territoire en pleine reconfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Participer &#224; la reconfiguration du territoire : quand l'engagement devient ressource, une main-d'oeuvre b&#233;n&#233;vole g&#233;r&#233;e comme un capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Mirail, les KAPS occupent l'aile Nord de l'immeuble du Petit Var&#232;se. Dans les ann&#233;es 2010, plusieurs immeubles du quartier sont menac&#233;s de d&#233;molition. Le Petit Var&#232;se est l'un des rares b&#226;timents &#224; y avoir &#233;chapp&#233;, &#233;pargn&#233; par la premi&#232;re convention de l'ANRU en 2007 ; en 2014, il est r&#233;habilit&#233; en grande partie en colocations &#233;tudiantes. Aujourd'hui, les appartements KAPS occupent 24 logements, ce qui repr&#233;sente 20 pourcent de l'espace de l'immeuble. Des logements initialement con&#231;us pour donner acc&#232;s &#224; un toit aux populations les plus pr&#233;caires sont ainsi mis &#224; la disposition d'&#233;tudiant&#183;es sans conditions de crit&#232;res sociaux. En effet, contrairement aux autres logements propos&#233;s par le CROUS sur l'ensemble du territoire, les logements du dispositif KAPS ne requi&#232;rent pas d'&#234;tre boursier pour y avoir acc&#232;s. La capacit&#233; &#224; s'engager dans la vie associative du quartier prime donc sur la pr&#233;carit&#233; mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me s'appuie alors sur la logique n&#233;olib&#233;rale du m&#233;rite : accepter de travailler gratuitement au service de la ville donne acc&#232;s &#224; un logement &#224; loyer mod&#233;r&#233;. La question de la r&#233;partition des ressources fonci&#232;res se pose alors ; ce n'est plus le besoin qui l&#233;gitime l'acc&#232;s, mais la capacit&#233; suppos&#233;e &#224; se rendre utile pour les pouvoirs publics. Les b&#233;n&#233;ficiaires de logements sociaux sont mat&#233;riellement exclus de l'immeuble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la menace pour les &#233;tudiant&#183;es de devoir quitter l'immeuble s'iels ne participent pas aux activit&#233;s propos&#233;es fait reposer le logement sur la condition de s'investir. Cette contractualisation transforme le droit au logement en devoir de participation. Le logement n'est alors plus un droit inconditionnel, mais un outil de gouvernance qui repose sur une logique d'&#233;change implicite : l'occupation d'un espace contre un travail non r&#233;mun&#233;r&#233;. Les &#233;tudiant&#183;es pr&#233;caires, contraint&#183;es par la raret&#233; des logements, deviennent une main-d'&#339;uvre flexible et mall&#233;able, mobilis&#233;e pour pallier les carences de l'action publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'objectif des KAPS est de fournir des b&#233;n&#233;voles aux associations du quartier. Les &#233;tudiant&#183;es, en contrepartie de leur logement &#224; bas co&#251;t, doivent participer, &#224; raison de quatre heures par semaine, aux activit&#233;s d'une ou plusieurs associations partenaires de l'AFEV, comme preuve de leur engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un entretien avec l'un&#183;e des coordinateur&#183;ices du projet, iel pr&#233;sente le r&#244;le de l'AFEV de la mani&#232;re suivante : &#8220;&lt;i&gt;On est en charge de la partie commerciale. Alors qu'est-ce qu'on commercialise ? Et bah, les &#233;tudiants, du coup, parce que c'est eux qui donnent la valeur au projet.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un&#183;e autre enqu&#234;t&#233;&#183;e parle, en expliquant le projet de l'AFEV et de son r&#244;le de coordinateur&#183;ice, du &#8220;&lt;i&gt;vrai travail d'&#233;valuation et d'offre&lt;/i&gt;&#8221; qu'iel doit produire, afin de redistribuer la main-d'&#339;uvre &#233;tudiante dans les diff&#233;rentes associations. Cette formulation t&#233;moigne d'une vision de son propre travail qui rel&#232;ve du management des ressources humaines plus que de l'engagement dans un projet associatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#233;n&#233;volat r&#233;alis&#233; par les &#233;tudiant&#183;es dans le cadre du dispositif des KAPS est donc en r&#233;alit&#233; une forme de travail d&#233;guis&#233;e : iels produisent une valeur d'usage pour les institutions qui justifie leur place dans le logement. Les pouvoirs publics prennent appui sur les acteur&#183;ices de l'&#201;conomie Sociale et Solidaire et leur d&#233;l&#232;guent la responsabilit&#233; de trouver de la main d'&#339;uvre gratuite pour favoriser les projets port&#233;s par la M&#233;tropole ; l'AFEV, dans ce cadre, se fait alors le relais de l'action publique sur le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;102&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/fac_ade_propre.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH751/fac_ade_propre-89449.png?1774663487' width='500' height='751' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'immeuble du Petit Var&#232;se vu depuis le cheminement Edgard Var&#232;se, ao&#251;t 2025
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Lea Cauchois-Pettersson
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Mirail comme territoire &#224; rentabiliser &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t du quartier du Mirail, pour les pouvoirs publics, r&#233;side dans sa spatialit&#233;. En effet, dans sa pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;La g&#233;ographie de la domination&lt;/i&gt;, C&#233;cile Gintrac souligne que &#8220;le capitalisme est accro &#224; l'expansion g&#233;ographique&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Harvey David. 2018. G&#233;ographie de la domination. Capitalisme et production (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : il a besoin de nouveaux territoires &#224; int&#233;grer, transformer, rentabiliser. Le Mirail, longtemps d&#233;volu au logement social, devient d&#232;s lors un nouvel espace pour les institutions &#224; valoriser pour r&#233;pondre &#224; cette logique. Ainsi, l'organisation de l'espace de la ville est pens&#233;e de telle sorte &#224; ce qu'elle soit un lieu d'accumulation, un support mat&#233;riel du capital. Le propre du capitalisme urbain est de concentrer le capital fixe, &#8220;n&#233;cessaire aux d&#233;tenteurs de capitaux pour accumuler et absorber le surplus de production.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Embrasser l'urbain. Prendre le pouvoir sur la production de l'espace, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les pouvoirs publics comptent sur les associations telles que l'AFEV ainsi que les autres structures de l'ESS pour participer &#224; articuler cette dynamique. De cette fa&#231;on, la M&#233;tropole de Toulouse aide &#224; organiser les flux, &#224; cibler les investissements et &#224; restructurer les territoires en s'appuyant sur des acteurs interm&#233;diaires. Ces ambitions &#233;conomiques sont doubl&#233;es d'une ambition politique plus large de transformation du quartier dans laquelle s'inscrit la mise au travail des &#233;tudiant&#183;es que nous avons identifi&#233; pr&#233;c&#233;demment. Ainsi, il est question de d&#233;poss&#233;der les classes populaires de leur quartier afin de le disperser socialement et politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un entretien avec la cheffe du renouvellement urbain du quartier de Bellefontaine en juillet 2025, la prise &#224; parti des associations dans la recomposition du quartier est explicit&#233;e ainsi : &#8220;L&lt;i&gt;es relations entre [les associations] et le projet urbain, y en a. [Les partenaires du quartier de Bellefontaine sont] des partenaires hyper importants, parce qu'ils connaissent tr&#232;s bien le territoire. Ils connaissent tr&#232;s bien les habitants. Et c'est des canaux en fait. Ils nous permettent de mobiliser les habitants. [...] Cela peut permettre aussi d'expliquer des choses, typiquement nous, la M&#233;tropole, on communique beaucoup aux assos pour qu'elles fassent le lien avec les habitants. Donc c'est une ressource tr&#232;s importante, et on l'utilise. En fait, c'est des partenaires qu'on consulte parce qu'on veut faire un projet qui va fonctionner. Et pour le projet urbain, les assos, elles jouent un r&#244;le.&lt;/i&gt;&#8221; Ainsi, les pouvoirs publics - ici la M&#233;tropole - se servent du tissu associatif afin de gagner la confiance des habitant&#183;es. Les associations comme l'AFEV sont utilis&#233;es comme canaux de transmission sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se soumettant aux lois du march&#233;, l'AFEV entre dans le syst&#232;me du capitalisme urbain et contribue &#224; la fabrication de l'espace du quartier comme support d'exp&#233;rimentation des politiques d'innovation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les KAPS comme vecteur de gentrification &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les ph&#233;nom&#232;nes d'exclusion, le dispositif des KAPS et la pr&#233;sence des &#233;tudiant&#183;es dans l'immeuble entra&#238;nent des modifications visibles dans le quartier. En effet, la gentrification, en tant que &#8220;processus [...] li&#233; &#224; l'arriv&#233;e sur un territoire de populations mieux dot&#233;es en capital (&#233;conomique, culturel, social) que les populations pr&#233;c&#233;demment install&#233;es&#8221; conduit &#224; &#8220;des recompositions socio-spatiales des espaces concern&#233;s, en faveur des groupes sociaux les plus ais&#233;s&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tommasi Greta. 2018. &#8220;La gentrification rurale, un regard critique sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; ainsi, ce ph&#233;nom&#232;ne entra&#238;ne des formes de domination et d'exclusion, qu'elles soient symboliques ou mat&#233;rielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engagement associatif des &#233;tudiant&#183;es dans le quartier rend visible des formes d'exclusion. La plupart des projets port&#233;s par le dispositif des KAPS sont des projets d'ordre &#233;cologique ou d'agriculture urbaine, en partenariat avec d'autres associations &#339;uvrant sur la ville de Toulouse. Dans son essai &#8220;Pour une &#233;cologie pirate et nous serons libres&#8221;, Fatima Ouassak explique que l'&#233;cologie promue par les pouvoirs publics &#224; la destination des habitant&#183;es des quartiers populaires est toujours tr&#232;s surplombante ; en effet, &#8220;dans ce projet &#233;cologique&#8221; n'est pris en compte &#8220;que le point de vue des classes moyennes sup&#233;rieures blanches.&#8221; Elle d&#233;nonce le fait que ces m&#234;mes classes se &#8220;payent [...] le luxe de venir exposer leurs projets &#233;cologiques - qui ne sont rien d'autre que des projets de gentrification [...] - aux habitants des quartiers populaires afin de les sensibiliser &#224; l'environnement et de les inclure dans ce dispositif.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouassak Fatima. 2024. Pour une &#233;cologie pirate et nous serons libres. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette logique verticale renforce les rapports de domination, en partant du postulat que les habitant&#183;es des quartiers doivent &#234;tre &#8220;sensibilis&#233;&#183;es&#8221;, au lieu d'&#234;tre reconnu&#183;es comme porteur&#183;euses de savoirs et d'exp&#233;riences environnementales propres. Cette forme d'&#233;cologie agit alors comme une injonction, qui occulte les enjeux sociaux profonds et exclut symboliquement les habitant&#183;es de la co-construction des projets urbains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que l'on constate &#224; travers l'exemple de la friche du coll&#232;ge de Bellefontaine, transform&#233;e en espace d'urbanisme transitoire pour une dur&#233;e de deux ans, et dans lequel les b&#233;n&#233;voles des KAPS sont incit&#233;&#183;es &#224; participer. Le projet de fermeture des deux coll&#232;ges du Mirail (Badiou et Bellefontaine) &#233;merge en 2016, dans le cadre d'une &#8220;strat&#233;gie d'am&#233;lioration de la mixit&#233; sociale&#8221; par le minist&#232;re de l'Education Nationale, le Conseil D&#233;partemental et le rectorat. Ainsi, les enfants sont r&#233;partis dans d'autres coll&#232;ges tr&#232;s &#233;loign&#233;s de chez eux, pour &#233;viter la &#8220;s&#233;gr&#233;gation sociale&#8221; et le &#8220;repli communautaire.&#8221; Le journal &lt;i&gt;l'Empaill&#233;&lt;/i&gt; d&#233;nonce cette aberration sociale dans un article paru le 5 mai 2022, titr&#233; &#8220;&lt;a href=&#034;https://lempaille.fr/fermeture-de-deux-colleges-a-toulouse-vous-avez-dit-mixite-sociale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fermeture de deux coll&#232;ges &#224; Toulouse : Vous avez dit mixit&#233; sociale ?&lt;/a&gt;&#8221; Des prises de parole lors de r&#233;unions publiques et de manifestations sont &#224; retrouver sur le site de Toulouse Espace Sensible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la carte g&#233;n&#233;rale &#224; l'emplacement du coll&#232;ge de la Reynerie. Cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de son inauguration, le projet d'urbanisme transitoire est pr&#233;sent&#233; par les repr&#233;sentant&#183;es associatif&#183;ves et les &#233;lu&#183;es de la mairie comme une opportunit&#233; pour les habitant&#183;es de participer &#224; un jardin partag&#233; et de se r&#233;approprier leur quartier. En r&#233;alit&#233;, cette intervention vise avant tout &#224; r&#233;g&#233;n&#233;rer un sol ab&#238;m&#233; par des ann&#233;es de b&#233;tonisation, en pr&#233;paration des projets de l'ANRU, qui pr&#233;voit la construction de pavillons sur les ruines de l'ancien coll&#232;ge. Lou Casals, dans son article &#8220;L'urbanisme transitoire : occuper pour mieux r&#233;gner&#8221;, &#233;crit que &#8220;cette forme de gestion de la vacance constitue avant tout une s&#233;curisation du mode de production capitaliste de l'urbain.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'urbanisme transitoire : occuper pour mieux r&#233;gner, Lou Casal dans Tenir la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ainsi, les associations d'agriculture urbaine se retrouvent prises dans le jeu de la M&#233;tropole en lui permettant de mettre en &#339;uvre son plan de d&#233;molition et de construction ; en d'autres termes, son plan de gentrification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les missions du programme des KAPS, celles d'animer et de pacifier le quartier, sont prises dans le jeu de la M&#233;tropole en participant &#224; une forme de contr&#244;le social. Les KAPS incarnent, &#224; l'&#233;chelle du quartier, la logique de la M&#233;tropole : la mise en valeur d'un territoire et son int&#233;gration dans le march&#233;. Les formes d'exclusions pr&#233;c&#233;demment cit&#233;es participent &#224; produire l'espace du Mirail, dans un jeu de strat&#233;gies men&#233;es par les institutions en faveur du capitalisme et des classes dominantes. Devant ces violences symboliques et mat&#233;rielles, il para&#238;t n&#233;cessaire de s'organiser collectivement afin de se r&#233;approprier l'espace autrement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et pourtant, on habite ici &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;En fait, les gens ne se rendent pas compte qu'il y a une solidarit&#233; &#233;norme ici. Par exemple, ma m&#232;re, je sors avec elle dix minutes : elle a salu&#233; neuf personnes. Elle conna&#238;t toute leur famille, elle a demand&#233; des nouvelles de tout le monde, et pareil pour moi. Je sors, je vois ma copine du coll&#232;ge, ma copine du lyc&#233;e, celle avec qui j'ai travaill&#233; &#224; Alban Minville. Je vois tout le monde. C'est int&#233;gr&#233; dans mon quotidien.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que R., habitante du quartier, &#233;voque les formes d'affect et de convivialit&#233; au Mirail. La pratique de la ville dans la vie quotidienne cr&#233;e ainsi un sentiment d'appartenance aux lieux. Dans ce rapport sensible au territoire, la question de la m&#233;moire est importante. R. l'exprime ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Le fait qu'ils d&#233;truisent les b&#226;timents, &#231;a les efface de la carte. &#199;a fait dispara&#238;tre le quartier petit &#224; petit. Y a m&#234;me des b&#226;timents qui ont &#233;t&#233; d&#233;truits dont je me rappelle m&#234;me plus des noms, tellement toute trace a &#233;t&#233; effac&#233;e.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'exp&#233;rience d'habiter implique de ne pas &#234;tre indiff&#233;rent&#183;es aux modifications morphologiques impos&#233;es dans nos espaces de vie. La dynamique du capitalisme urbain raye des lieux de la carte et fait fi des exp&#233;riences et avis des personnes qui pratiquent et vivent le quartier au quotidien. Cette colonisation des espaces s'op&#232;re jusque dans la m&#233;moire des habitant&#183;es, qui oublient les noms de b&#226;timents qu'ils c&#244;toient pourtant depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habiter ne se limite donc pas &#224; occuper un lieu physique ; c'est aussi investir un espace de mani&#232;re symbolique et sociale. Les pratiques quotidiennes - &#234;tre en lien avec ses voisin&#183;es, participer &#224; des f&#234;tes de quartier, organiser des rencontres informelles - deviennent des formes de r&#233;appropriation de l'espace. L'habiter prend alors une dimension politique, car il consiste &#224; inscrire nos vies et nos pratiques dans un lieu, en cr&#233;ant des r&#233;seaux d'entraide et des formes d'existence qui &#233;chappent au contr&#244;le des institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. m'explique que certain&#183;es de ses proches ont &#233;t&#233; tr&#232;s profond&#233;ment affect&#233;&#183;es par leur d&#233;m&#233;nagement forc&#233; lors des d&#233;molitions d'immeubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Je connais des gens qui ont quitt&#233; le quartier et qui ont fait une d&#233;pression [...] Par exemple, ma tante, elle &#233;tait &#224; Erik Satie et elle a &#233;t&#233; forc&#233;e de partir, elle a fait une d&#233;pression, puis elle a eu de graves probl&#232;mes de sant&#233;. [...] Parce que par exemple on peut &#234;tre relog&#233; &#224; Lab&#232;ge, et on fait quoi &#224; Lab&#232;ge ? Y a personne, on conna&#238;t personne, y a pas le m&#233;tro, tout le monde est r&#233;ticent envers toi si tu portes un voile, que t'es musulmane, que t'es arabe.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots de R. t&#233;moignent d'un rapport sensible d'appartenance au territoire, construit au cours de nombreuses ann&#233;es de vie dans le quartier. L'ancrage mat&#233;riel partag&#233; dans un quartier permet une unit&#233; et une prise de conscience collective, d'o&#249; peuvent &#233;merger des formes de contestation. R. dit que les solidarit&#233;s de voisinage se sont fait ressentir notamment au moment de la r&#233;ception des courriers d'expulsion. Elle explique que &#8220;&lt;i&gt;cette solidarit&#233;, elle s'est sentie quand y a eu l'annonce des d&#233;molitions aussi par exemple.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension sensible de la notion d'habiter peut en faire un champ d'action politique. C'est le caract&#232;re sensible de la notion de l'habiter qui donne naissance au besoin de lutter, de mat&#233;rialiser la sensibilit&#233; &#224; l'espace. Ainsi, il est n&#233;cessaire de r&#233;cup&#233;rer le &#8220;lien fondamental entre habitants et territoire&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseil Nocturne. 2019. Habiter contre la m&#233;tropole. Editions Divergences, p.67&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et d'affirmer qu'habiter, &#8220;c'est devenir ingouvernable, c'est une force pour lier et tisser des relations autonomes.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p.68&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il s'agit, contre le discours dominant de l'urbanisme fonctionnaliste, d'envisager &#8220;l'ici et maintenant comme l'espace-temps o&#249; nos vies sont v&#233;cues concr&#232;tement.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Springer Simon. 2017. Pour une g&#233;ographie anarchiste. Lux &#233;ditions, p.91&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;appropriation collective du territoire passe notamment par l'organisation &#224; l'&#233;chelle locale. En effet, les transformations r&#233;centes du capitalisme ont fragilis&#233; l'un des foyers d'&#233;mergence historique de contestation, soit l'usine. Dans ce cadre, l'unit&#233; de lieu du quartier, construit dans le rapport quotidien et sensible &#224; l'espace, permet, &#224; l'instar de l'usine, de structurer une conscience collective et de s'organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La forme-Commune&lt;/i&gt;, Kristin Ross &#233;crit : &#8220;en tant que terrain d'ali&#233;nations qui ne cessent de prendre de nouvelles formes, la vie quotidienne est aussi la cl&#233; de leur d&#233;mant&#232;lement collectif. Une vie quotidienne colonis&#233;e pourrait &#234;tre d&#233;colonis&#233;e - peut-&#234;tre pas d'un coup, mais par un effort concert&#233; de r&#233;appropriation du temps et de l'espace v&#233;cus.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ross Kristin. 2023. La forme-Commune. La lutte comme mani&#232;re d'habiter. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est cette r&#233;appropriation du quotidien qui se joue dans les mobilisations ayant lieu dans les quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lea Cauchois-Pettersson&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1477 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;97&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/grand_d_indy_juillet_25_5_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH752/grand_d_indy_juillet_25_5_-6ea8b.jpg?1774663487' width='500' height='752' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'immeuble du Grand d'Indy en cours de d&#233;molition, vu depuis la rue Louise Michel, juillet 2025
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/coucher_de_soleil.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH332/coucher_de_soleil-ebb9e.png?1774663487' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'immeuble Jean Gilles vu depuis le Petit Var&#232;se, octobre 2025
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Lea Cauchois-Pettersson
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/grand_d_indy_juillet_25_9_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH333/grand_d_indy_juillet_25_9_-efa60.jpg?1774663487' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'immeuble du Grand d'Indy en cours de d&#233;molition, vu depuis la rue de Kiev, juillet 2025
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Lea Cauchois-Pettersson
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conseil Nocturne. 2019. &lt;i&gt;Habiter contre la m&#233;tropole&lt;/i&gt;. Editions Divergences, p.69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Embrasser l'urbain. Prendre le pouvoir sur la production de l'espace&lt;/i&gt;, Matthieu Adam, Antonio Dephini, Am&#233;rico Mariani dans Tenir la ville. Luttes et r&#233;sistances contre le capitalisme urbain. Collectif Asphalte. Editions les Etaques, 2023, p.353&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Association de la Fondation Etudiante pour la Ville&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Centre r&#233;gional des Oeuvres Universitaires et Scolaires&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Droit au Logement&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Harvey David. 2018. &lt;i&gt;G&#233;ographie de la domination. Capitalisme et production de l'espace&lt;/i&gt;. &#201;ditions Amsterdam, p.12&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Embrasser l'urbain. Prendre le pouvoir sur la production de l'espace&lt;/i&gt;, Matthieu Adam, Antonio Dephini, Am&#233;rico Mariani dans Tenir la ville. Luttes et r&#233;sistances contre le capitalisme urbain. Collectif Asphalte. Editions les Etaques, 2023, p.353&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tommasi Greta. 2018. &#8220;La gentrification rurale, un regard critique sur les &#233;volutions des campagnes fran&#231;aises.&#8221; In G&#233;oconfluences, avril 2018, p.11&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ouassak Fatima. 2024. &lt;i&gt;Pour une &#233;cologie pirate et nous serons libres&lt;/i&gt;. Editions Points, p.87&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la carte g&#233;n&#233;rale &#224; l'emplacement du coll&#232;ge de la Reynerie. Cette &#233;pisode est insuffisamment document&#233; sur le site au regard de l'importance de l'&#233;v&#233;nement. Tout apport en ce sens sera bienvenue. (ndle)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'urbanisme transitoire : occuper pour mieux r&#233;gner&lt;/i&gt;, Lou Casal dans Tenir la ville. Luttes et r&#233;sistances contre le capitalisme urbain. Collectif Asphalte. Editions les Etaques, 2023, p.162&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conseil Nocturne. 2019. Habiter contre la m&#233;tropole. Editions Divergences, p.67&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid, p.68&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Springer Simon. 2017. &lt;i&gt;Pour une g&#233;ographie anarchiste&lt;/i&gt;. Lux &#233;ditions, p.91&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ross Kristin. 2023. &lt;i&gt;La forme-Commune. La lutte comme mani&#232;re d'habiter&lt;/i&gt;. Editions La fabrique, p.97&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Rocade</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/rocade</link>
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		<dc:date>2025-05-06T19:45:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>1990-1999</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Tract</dc:subject>
		<dc:subject>Transformations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les cahiers de g&#233;ographie urbaine subjective r&#233;alisent &#224; la fin des ann&#233;es 1990 un court m&#233;trage sur la transformation de Toulouse. Rencontre avec deux des trois int&#233;grant&#183;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/chroniques" rel="directory"&gt;Chroniques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/1990-1999" rel="tag"&gt;1990-1999&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/transformations" rel="tag"&gt;Transformations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH61/logo-a118b.png?1771458040' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='61' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un court m&#233;trage documentaire un peu hallucin&#233; qui nous prom&#232;ne pendant 15 minutes dans une ville en chantier : Toulouse &#224; la fin des ann&#233;es 90. Une approche sensible de la ville, o&#249; l'on projette ses espoirs comme ses peurs. Rencontre avec deux membres des Cahiers vid&#233;o de G&#233;ographie urbaine subjective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/6NsYiWJlI6c?si=46eg2Z0Jh-0uZ4xF&amp;start=22&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Nous avons per&#231;u comme un &#233;cho avec notre propre d&#233;marche d'autant que ce film, &#224; sa sortie, nous avait marqu&#233;. C'&#233;tait, il y a plus de vingt ans&#8230; Alors on a pris le temps de regarder &#224; nouveau le film avant de se poser pour discuter. Nous sommes avec deux membres d'un collectif &#233;ph&#233;m&#232;re qui en comptait trois. Micha&#235;l et Alexia r&#233;pondent aux questions et &#233;voquent parfois le troisi&#232;me larron David, absent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Collectif de Radiographie Urbaine : Qu'est-ce qui, &#224; l'&#233;poque, &#224; la fin des ann&#233;es 90, vous donne envie de faire ce film ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alex : &lt;/strong&gt; Parce que je pense qu'on &#233;tait dans quelque chose qu'on n'aimait pas et qu'on avait envie de d&#233;noncer ce qui se passait autour de nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Mika :&lt;/strong&gt; La ville transform&#233;e, un peu saccag&#233;e, c'est aussi quelque chose qui m'a marqu&#233; jeune. Depuis la 6&#232;me, l&#224; o&#249; j'habitais il y avait le p&#233;rif' qui faisait une tranch&#233;e dans la ville, une blessure au Pr&#233; Saint-Gervais pr&#232;s de Paris. &#199;a me fascinait. Il y a des gens qui survivaient l&#224;. Et &#231;a marquait une sorte de limite. &#171; La civilisation &#187; nous a amen&#233; l&#224;. Nous avons fabriqu&#233; &#231;a. Et &#231;a ne va pas, cette blessure dans la ville, ces voitures, ces gens qui s'entassent dans les interstices de la survie urbaine. &#199;a ne va pas du tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Alex :&lt;/strong&gt; C'est qu'en fait ce sont des lieux o&#249; les gens n'ont pas vraiment de prise pour dire comment ils voudraient que les lieux soient. Il y a toujours des trucs compl&#232;tement aberrants et en fait on ne prend pas en compte les gens&#8230; tu sais m&#234;me &#224; l'&#233;chelle d'un quartier ou d'une rue. Moi &#231;a m'a toujours un peu sid&#233;r&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait bien que c'est des projets immobiliers qu'il y a des bo&#238;tes qui rach&#232;tent des terrains qui construisent des trucs, mais on n'a pas du tout la main l&#224;-dessus alors qu'en fait c'est quand m&#234;me l'environnement o&#249; on habite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRU : &lt;strong&gt;Est-ce qu'il y avait, &#224; Toulouse, des transformations en particulier qui vous ont saisis sur le sujet-l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alex :&lt;/strong&gt; Je ne sais plus trop pourquoi on avait eu cet int&#233;r&#234;t pour la ville. En le revoyant, je me rends compte qu'il y a plein d'images qui ont &#233;t&#233; prises &#224; des moments diff&#233;rents et qui ont ensuite &#233;t&#233; assembl&#233;es. C'&#233;tait un moment o&#249; il y avait plein de choses qu'on construisait autour de nous. Je crois qu'on a eu simplement envie de t&#233;moigner, de ce qui se passe et de ce que &#231;a nous fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu sais tu regardes les trous qu'ils font, les chantiers, et tu te demandes mais qu'est-ce qu'ils sont en train de faire &#224; cet endroit ? &#199;a continue d'ailleurs, &#231;a ne s'est jamais arr&#234;t&#233;. Il y a de nouveau des travaux, de nouveau des am&#233;nagements, de nouveau des choses qui sont cass&#233;es, des choses qui n'existent plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Mika :&lt;/strong&gt; La transformation du quartier Marengo, avec la destruction des Trois petits cochons pour faire la m&#233;diath&#232;que Cabanis. C'&#233;tait un bar salle de concert, y'avait aussi les Acacias, un petit caf&#233; tr&#232;s vieillot avec de la terre battue dans les chiottes et une vieilles sans &#226;ge qui servait. Le club d'&#233;checs qui a tenu encore un tout petit peu apr&#232;s mais qui finalement a ferm&#233;. C'&#233;tait un lieu particulier, ouvert tard le soir. &#199;a a &#233;t&#233; un carnage. Et en plus c'&#233;tait un des quartiers les plus sympas de Toulouse pour le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRU : &lt;strong&gt;Est-ce qu'on peut parler un peu de la forme du film qui se pr&#233;sente comme une sorte de long d&#233;placement, mais sans un parcours pr&#233;cis. En fait &#231;a donne une impression &#233;trange on ne sait jamais vraiment o&#249; on est. Presque on pourrait ne pas &#234;tre &#224; Toulouse. En particulier, vous restez beaucoup &#224; la p&#233;riph&#233;rie &#224; ce qu'il me semble.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mika :&lt;/strong&gt; Au d&#233;but on s'&#233;tait dit qu'on allait faire un tour de rocade en voiture. C'&#233;tait le pitch initial. Mais sur lequel on ne s'est pas tenu. Je ne sais pas pourquoi. Parce qu'on a d&#251; le faire quand m&#234;me ce tour de rocade. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alex : Le d&#233;roul&#233; du film n'a pas &#233;t&#233; &#233;crit. C'est vrai qu'on avait ce truc de la rocade. Faire le tour de Toulouse et de sortir dans des quartiers. On montre tr&#232;s peu le centre-ville, un peu Arnaud Bernard parce qu'on n'habitait pas loin&#8230; C'est comme des zooms sur des endroits (des b&#226;timents, des quartiers en travaux, des palissades&#8230;) qui s'encha&#238;nent.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, tout le monde a tourn&#233; des images, plus des images qu'on nous a donn&#233;, et apr&#232;s un texte coll&#233; dessus &#233;crit par Mika et dit &#224; 3 voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRU : &lt;strong&gt;Sur le texte, il y a plusieurs fois des r&#233;f&#233;rences aux hors cadres, &#224; l'imperceptible, comme si vous cherchiez un sens cach&#233; dans la multitude de chantier. Est-ce que vous voulez dire deux mots de cette option ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mika :&lt;/strong&gt; Roberto Bola&#241;o, infrar&#233;alisme ! Dans un monde finalement oppressant o&#249; l'individu a assez peu de chance de vraiment &#234;tre quelque chose de sinc&#232;re, d'authentique. On est sous le poids de la superstructure, &#233;conomique, urbanistique&#8230; Alors l&#224; o&#249; tu peux &#234;tre c'est dans l'infra, c'est dans la petite faille. Dans la petite flaque d'eau. C'est l'impression d'&#234;tre dans une impasse. Il y aura peut-&#234;tre une civilisation humaine qui ira quelque part, mais finalement elle ne sera jamais trop sympathique. Je veux dire si admettons que Elon Musk ou les Chinois ou je ne sais pas qui, arrivent &#224; faire quelque chose, arrivent &#224; aller au-del&#224; de la catastrophe, des guerres promises. Ce sera forc&#233;ment merdique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'annulation de la possibilit&#233; d'&#234;tre. Est-ce qu'il y a une possibilit&#233; d'&#202;tre qui ne soit pas d'oppresser ton prochain, oppresser la nature ? Tirer profit de ? Est-ce qu'il y a une possibilit&#233; d'&#202;tre qui soit dans la joie. Un vieux combat. O&#249; est-ce qu'on est que les objets de cet Empire qui se fait avec nous, contre nous, sans nous, mais dans lequel les plus malins pourraient tirer leurs &#233;pingles du jeu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, il y a eu la promesse punk alternative, la promesse du Cland&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Cland&#233; est un squat toulousain qui a exist&#233; entre 1996 et 2006. Voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Est-ce qu'on ne pourrait pas quand m&#234;me &#234;tre heureux &#224; un moment donn&#233;, malgr&#233; tout ? On &#233;tait jeune aussi, moi je ne sais pas si je pense les choses exactement pareils. Le film est dans une d&#233;nonciation : oppression et encore oppression, toujours oppression, versus envie d'autres choses, envie de survivre m&#234;me si c'est dans des petits trucs tu vois etc. &#192; 25 ans, tu penses que tu peux peut-&#234;tre en sortir ; &#224; 50 ans tu as compris que, s'il y a un interstice, ce n'est pas exactement dans la grande libert&#233; r&#234;v&#233;e. Tu vois ? Tu pensais que tu serais un marin, que tu serais un pirate, que tu serais je ne sais pas quoi&#8230; Finalement tu es un daron, tu travailles comme un con&#8230; Tu n'as pas une thune forc&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alex :&lt;/strong&gt; Pour revenir &#224; ce truc des interstices du cadre hors du cadre ; je ne sais pas si tu as fait attention mais il y a quelque chose aussi avec les images dans la fa&#231;on dont elles sont prises par en dessous, derri&#232;re des grilles&#8230; C'est signifiant de notre position. Au g&#233;n&#233;rique du d&#233;but du film il est indiqu&#233; : &#171; les cahiers-vid&#233;o de g&#233;ographie urbaine subjective &#187;, cela parle d'un point de vue, o&#249; tu te situes, o&#249; tu te places et de perspectives : qu'est-ce que tu vois, qu'est-ce que tu sens. Nous avions vraiment envie de d&#233;noncer des choses, mais il me semble de montrer aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cru : &lt;strong&gt;Est-ce que m&#233;tropole et m&#233;tropolisation &#224; ce moment-l&#224; c'est un terme que vous utilisez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mika : &lt;/strong&gt; Oui, un peu, parce qu'il &#233;tait quand m&#234;me dans les tuyaux ce terme. Quand je suis arriv&#233; &#224; Toulouse pour bosser je me suis retrouv&#233; &#224; l'agence du multim&#233;dia de la r&#233;gion. Ils adoraient ce truc-l&#224;. Ils voulaient d&#233;velopper le r&#233;seau, ils voulaient d&#233;velopper la fibre optique, les communications spatiales. &#202;tre sur la carte ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Toulouse &#233;tait d&#233;crite dans les encyclop&#233;dies comme une grosse ville endormie provinciale, c'est un march&#233; au cochon globalement. Et puis l&#224; tout d'un coup tu vois les mecs ils disent waouh ! Il y a le foncier waouh ! Il y a des besoins waouh ! Nous-m&#234;mes, moi-m&#234;me, on vient s'installer au soleil. On n'est pas les seuls.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Alex :&lt;/strong&gt; Oui, le devenir m&#233;tropole c'est ce qui est racont&#233; dans le film. Et tu sens d&#233;j&#224; que ce n'est pas pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mika : &lt;/strong&gt; Moi quand je d&#233;barque &#224; Toulouse dans les ann&#233;es 90, les gens disent merci au revoir dans le bus, m&#234;me le chauffeur de bus il te dit au revoir. Les gens ils sont gentils &#224; peu pr&#232;s, m&#234;me si je me suis fait pas mal embrouill&#233; en arrivant, c'&#233;tait pas les m&#234;mes embrouilles que j'avais dans ma banlieue quoi. Il y avait un c&#244;t&#233; baston &#224; Toulouse mais les gens je les trouvais quand m&#234;me plut&#244;t peace. Et on vit vachement bien avec rien. On va au cin&#233;ma, on va au resto, on fait des voyages, on n'a pas de thunes, on est &#233;tudiant ou on est au RSA. Et c'est la belle vie quoi. Les loyers ne sont pas chers.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2000 quand on fait Rocade il y a d&#233;j&#224; un petit c&#244;t&#233; de d&#233;sillusion. Comme si ils nous ont laiss&#233; faire joujou &#224; notre place en centre-ville et on s'en est content&#233; Au moment m&#234;me o&#249; nous faisions le Cland&#233; c'&#233;tait la m&#233;tropolisation, l'ass&#232;chement des mar&#233;cages, la prise de pouvoir sur les campagnes Maintenant, on p&#233;dale autour de Toulouse et on voit que de la merde. Va chercher les failles, c'est encore 25 km plus loin maintenant, c'est &#224; Saint-Gaudens la faille. Le dernier terrain vague sympa il est &#224; Saint-Gaudens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alex :&lt;/strong&gt; Je ne sais pas si je suis d'accord avec &#231;a. Je pense que les failles elles continueront toujours d'exister. Les failles elles continuent toujours d'&#234;tre l&#224;, peut-&#234;tre d'une autre mani&#232;re, diff&#233;remment, peut-&#234;tre que c'est plus difficile au niveau g&#233;ographique, mais il y a toujours des failles. Je ne suis pas tout &#224; fait sur la m&#234;me longueur d'ondes que Mica&#235;l. Je reste sur ce truc des Cahier-vid&#233;os des g&#233;ographies subjectives. Ce qui importe c'est le point de vue, l'angle de vue et le ressenti. &#201;lys&#233;e Reclus a &#233;crit une histoire d'une montagne, une histoire d'un ruisseau, il a fait une esp&#232;ce de g&#233;ographie un peu subjective comme &#231;a et moi il y a vraiment quelque chose qui me parle. Comment sont amen&#233;s &#224; vivre les gens que ce soit dans un quartier, dans une rue, dans une ville&#8230; Tu as envie de le montrer, tu as envie d'en parler, &#231;a t'interpelle. Pourquoi on fait des trucs pareils dans une ville ? Pourquoi on construit des grands b&#226;timents ? Et puis film se termine par des &#233;meutes au Mirail. Tu sais quand les mecs arrivent &#224; renverser un bus tellement il y a de la col&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Dans la nuit du samedi au dimanche 13 d&#233;cembre 1998, lors d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRU : &lt;strong&gt;Mais c'est justement les derni&#232;res images l&#224; elles arrivent de mani&#232;re un peu surprenante parce qu'elles ne sont pas introduites elles ne sont pas non plus tellement comment&#233;es.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alex :&lt;/strong&gt; Je crois qu'on les met l&#224; parce qu'en fait on avait entendu ce qui se passait au Mirail &#224; ce moment et elles sont assez impressionnantes. Ce n'est pas nous qui les avons film&#233;es. Il y a une chanson qui accompagne ces images qui dit &#171; Apr&#232;s l'an 2000 tout ira bien &#187;. Et nous on fait notre film en fin 99 et voil&#224; &#231;a va &#234;tre l'ann&#233;e 2000 et en fait non, &#231;a ne va pas vraiment changer. On va juste passer dans un nouveau si&#232;cle ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mika :&lt;/strong&gt; il y a une r&#233;alit&#233; quand m&#234;me parce que la ville qu'on montre dans Rocade se reconstruit avec les grands &#233;quipements, le nouveau quartier, mais ces bons vieux quartiers ils sont rest&#233;s sous pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alex :&lt;/strong&gt; Oui et puis il y a la violence. C'est une forme de violence cette ville qui se construit, sans les gens, contre les gens, qui les contraint absolument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mika :&lt;/strong&gt; on d&#233;veloppe la ville spectacle ; la ville lumi&#232;re ; la ville civilisationnelle ; la ville de l'empire et puis l&#224; o&#249; vivent vraiment les gens, on va les mater parce qu'ils auraient tendance &#224; se rebeller. Et puis on finit le film sur le train. Moi j'ai une fascination pour les trains et je pense aussi un peu au dernier train de la Shoah qui est parti de Toulouse &#224; l'&#233;t&#233; 44&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'&#233;tait quasiment perdu pour les Allemands, tout &#233;tait fini quoi, et en fait les lignes de chemin de fer ne marchaient plus et le dernier train de d&#233;port&#233;s est rest&#233; une semaine sous le pont de la Gloire, ils ont laiss&#233; les gens l&#224; et finalement &#224; la fin ils ont fait repartir ce train et ils ont fini par gazer les gens. Dans ma t&#234;te il y avait un peu &#231;a sur ce dernier plan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Cland&#233; est un squat toulousain qui a exist&#233; entre 1996 et 2006. Voir &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/le-clande-1996-2006-10-ans-d-occupation-a-toulouse&#034;&gt;l'article le concernant sur le site&lt;/a&gt;. Extrait : &#171; Dans une grande maison bourgeoise &#224; deux pas des boulevards une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale a tenue pendant 10 ans un lieu d'activit&#233; qui se voulait &#034;un contre-pouvoir et une alternative pratique et durable, sans les imp&#233;ratifs de rentabilit&#233;, sans soumission aux pouvoirs publics qui subventionnent, aux entreprises qui exploitent, aux m&#233;c&#232;nes qui ach&#232;tent&#034; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Dans la nuit du samedi au dimanche 13 d&#233;cembre 1998, lors d'une interpellation, un policier tire &#224; bout portant sur un adolescent de 17 ans. Habib Ould Mohamed, dit Pipo, est retrouv&#233; par hasard, plus d'une heure plus tard, gisant sous une voiture. Il meurt des suites d'une h&#233;morragie interne et de l&#233;sions pulmonaires provoqu&#233;es par l'une des balles du brigadier Henri Blois.&lt;br class='autobr' /&gt;
A ses yeux qui s'&#233;teignent, succ&#232;dent la fureur et les flammes des barricades. Plus de silence, la cit&#233; se met &#224; faire un bruit d'enfer. De partout en France, on vient apporter son soutien &#224; ce qu'il se passe ici. Les cr&#233;pitements des incendies, les brasiers et les caillasses. Quatre jours de rage et de rassemblements. De col&#232;res et de solidarit&#233;s.&#034; &lt;a href=&#034;https://chouftolosa.info/index.php/2022/12/13/habib-pipo-20-ans-apres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Habib - Pipo, 20 apr&#232;s -Chouf Tolosa&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;voir &lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/juillet-aout-1944-le-train-fantome-8736053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/juillet-aout-1944-le-train-fantome-8736053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Toulouse 2050 : une m&#233;tropole rayonnante !</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/toulouse-2050-une-metropole-rayonnante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://toulouse.espacesensible.net/toulouse-2050-une-metropole-rayonnante</guid>
		<dc:date>2025-05-01T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>2020-2029</dc:subject>
		<dc:subject>TESO - Grand Matabiau</dc:subject>
		<dc:subject>Une</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Changement de perspective, apr&#232;s avoir regard&#233; la ville depuis son pass&#233; en d&#233;tricotant les mythes qui traversent la mise en r&#233;cit de son histoire, risquons-nous &#224; la fiction et observons la trajectoire sur laquelle nous sommes lanc&#233;&#183;es &#224; partir d'un point d'arriv&#233;e imaginaire. Dans 30 ans, pas grand-chose &#224; peine le temps d'un plan d'am&#233;nagement concert&#233;. Un texte emprunt&#233; au journal local l'Empaill&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Let's dream&#8230; la vie en rosetm. Toulouse Matabiau-Quai d'Oc, vous sortez de la gare, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/archeologie-du-projet-metropolitain" rel="directory"&gt;Arch&#233;ologie du projet m&#233;tropolitain&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2020-2029" rel="tag"&gt;2020-2029&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/teso-grand-matabiau" rel="tag"&gt;TESO - Grand Matabiau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH84/20171009_154031-f63fd.jpg?1771458040' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Changement de perspective, apr&#232;s avoir regard&#233; la ville depuis son pass&#233; en d&#233;tricotant les mythes qui traversent la mise en r&#233;cit de son histoire, risquons-nous &#224; la fiction et observons la trajectoire sur laquelle nous sommes lanc&#233;&#183;es &#224; partir d'un point d'arriv&#233;e imaginaire. Dans 30 ans, pas grand-chose &#224; peine le temps d'un plan d'am&#233;nagement concert&#233;. Un texte emprunt&#233; au journal local l'Empaill&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Let's dream&#8230; la vie en rose&lt;sup&gt;tm&lt;/sup&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Toulouse Matabiau-Quai d'Oc, vous sortez de la gare, un vaste parvis vous offre un large panorama de la ville. Vous h&#233;sitez : allez-vous emprunter la rue Bayard pour arriver directement sur Alsace Lorraine Market Place, et les 42 kilom&#232;tres de vitrine du centre-ville ? Ou bien tenter l'exp&#233;rience unique de descendre les ramblas ? Cette seconde option vous permettrait de voir de plus pr&#232;s la tour d'Occitanie, le joyau de la skyline toulousaine, 150 m&#232;tres de verdure &#224; l'assaut du ciel. Mais, non, obviously, vous pr&#233;f&#233;rez prendre votre temps et un drink &#224; la guinguette du canal. Cela vous laissera le temps de pr&#233;parer votre city tour dans la Ville Rosetm avant de d&#233;coller pour Berlin, New York ou Londres. Vous longez donc le canal sur un large trottoir pav&#233;, dans la douce lumi&#232;re des vitrines, sous les arbres et l'&#339;il rassurant des cam&#233;ras. En fait, vous avez l'impression d'avoir d&#233;j&#224; d&#233;coll&#233;. O&#249; est donc pass&#233;e cette petite ville de province crasseuse et arri&#233;r&#233;e du si&#232;cle dernier ? &#192; cette &#233;vocation, vous ressentiriez presque le craquement des ossements des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es sous vos semelles. Une d&#233;charge &#233;lectrique vous remonte le long de l'&#233;chine : qu'il est bon d'&#234;tre du c&#244;t&#233; des vainqueurs !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que &#231;a va trop loin, s'interrogea Joachim. La censure m&#233;tropolitaine ne laissera pas passer. Ils ne voudront pas parler de vainqueurs dans leur d&#233;pliant touristique et ils m'ont d&#233;j&#224; dit que le caract&#232;re carnassier de leur client&#232;le select est &#224; flatter mais avec d&#233;licatesse et force ellipses. Le r&#233;cit officiel pr&#233;f&#232;re parler de modernisation dans la concertation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Joachim est &lt;i&gt;web design editor &lt;/i&gt; sp&#233;cialis&#233; dans le &lt;i&gt;content feeding&lt;/i&gt;, bien entendu &lt;i&gt;free lance&lt;/i&gt;. &#192; bient&#244;t 50 ans, il est content d'avoir encore du travail m&#234;me si &#231;a lui tord le bide de raconter ces vies &lt;i&gt;all inclusive&lt;/i&gt; inaccessibles et si peu d&#233;sirables. Sa vie &#224; lui, c'est de bosser sur un plateau de 300 m&#232;tres carr&#233;s, avec un m&#232;tre carr&#233; par personne. Tous et toutes sont &#171; ind&#233;pendant&#183;es &#187;, riv&#233;&#183;es &#224; leur ordinateur, alimentant de leur esprit cr&#233;atif des flux de donn&#233;es &#224; destination d'autres ordinateurs et terminaux portables de toutes sortes. De v&#233;ritables fermes &#224; contenus, le lieu s'appelle d'ailleurs &#171; Les Moissons Digitales &#187;. Au moins, il peut manger, payer son loyer et ses transports. Quand on lui a demand&#233; de r&#233;aliser cette promo-com, il ne se doutait pas que &#231;a le ferait plonger dans les souvenirs d'une &#233;poque pas si lointaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joachim &#233;tait n&#233; non loin de la gare au tournant du mill&#233;naire. Avant que les bulldozers ne fassent table rase, laissant la place &#224; ce quartier d'affaires sinistre o&#249; il loue maintenant son bout de table et sa chaise. Il se rappelle le temps d'avant l'homog&#233;n&#233;isation. Il y avait autour de la gare Matabiau diff&#233;rents quartiers : Marengo, Belfort, Roquelaine, l'avenue de Lyon et la rue du Maroc, Bonnefoy et, plus haut, la petite place Arago. On y trouvait &#224; se loger pour pas trop cher dans des appartements parfois charmants souvent d&#233;catis. &#192; la fin du XXe si&#232;cle, la ville s'&#233;tait dot&#233;e d'&#233;quipements culturels pour les classes moyennes sup&#233;rieures de plus en plus nombreuses dans la ville : Z&#233;nith, Th&#233;&#226;tre national, Maison de la recherche, Palais des congr&#232;s et le quartier avait h&#233;rit&#233; de cette immense m&#233;diath&#232;que qui mena&#231;ait d'absorber l'archipel des biblioth&#232;ques de quartier. Finalement, &#231;a n'avait pas &#233;t&#233; si catastrophique, m&#234;me si les employ&#233;&#183;es se retrouvaient &#224; bosser comme dans une grande surface, le lieu &#233;tait devenu un havre pour les tra&#238;ne-savates, zonard&#183;es et gal&#233;rien&#183;nes encore nombreuses dans cette zone autour de la gare. Le quartier avait ses commodit&#233;s : distribution de petit d&#233;j avenue de Lyon, douche et machine &#224; laver un peu plus loin, distribution de bouffe &#224; la Maison &#233;clusi&#232;re et parfois la possibilit&#233; de planter la tente sur le canal. Le centre-ville pas loin permettait d'aller gratter trois sous pour assurer l'essentiel. Sans compter l'h&#244;tel R&#233;gina, tout en haut de la rue Bayard, et sa logeuse arrangeante. Pas tr&#232;s rapide pour r&#233;parer une fuite ou &#233;liminer les cafards mais pas regardante sur les papiers et les garanties. On pouvait encore y traiter de la main &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En y pensant, ces quartiers &#233;taient une sorte de refuge pour pas mal de personnes laiss&#233;es-pour-compte. On lui avait racont&#233; qu'au d&#233;but des ann&#233;es 90, la soupe populaire &#233;tait distribu&#233;e dans la gare et que, progressivement, elle s'&#233;tait d&#233;plac&#233;e. D'abord sur le parvis, puis &#224; la Maison &#233;clusi&#232;re, ensuite sur l'avenue de Lyon au fond d'un parking pour enfin, avant la grande transformation de la zone, se retrouver dans un m&#233;andre du chemin du Raisin coinc&#233; entre parkings et entrep&#244;ts. Ce d&#233;placement progressif, discret, n'&#233;tait que le pr&#233;lude &#224; d'autres changements. La rue Bayard avait &#233;t&#233; refaite, bien proprette : correctement pav&#233;e, consciencieusement surveill&#233;e. Elle ouvrait un boulevard &#224; de nouvelles enseignes : un poissonnier, un bar &#224; sieste, un appart-h&#244;tel. Personne ne l'avait vraiment vu venir mais, quand le R&#233;gina avait cram&#233; en 2019 et que les cr&#232;ve-mis&#232;re qui pouvaient encore payer un loyer avaient d&#251; d&#233;camper, on avait senti la diff&#233;rence. Les ramblas n'avaient pas tard&#233; &#224; porter aussi l'effort de requalification, comme ils se plaisaient &#224; le dire dans les r&#233;unions municipales. Les faubourgs de la gare n'avaient alors plus qu'&#224; compter leurs jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela paraissait tellement loin. Comment et quand cela avait vraiment commenc&#233; ? En y pensant le futur avait pris place sur les cartes des urbanistes d&#232;s 2007. La r&#233;alit&#233; avait subi la transformation progressivement, la coction avait &#233;t&#233; lente. Laisser pourrir, faire pression, laisser pourrir, exproprier, laisser pourrir, murer, laisser pourrir. C'est par lambeaux que le populo a &#233;t&#233; arrach&#233; aux quartiers. Les travailleurs et travailleuses du sexe, les zonard&#183;es, les habitant&#183;es &#224; loyer pas cher, les petits propri&#233;taires&#8230; Joachim avait 20 ans quand le projet est entr&#233; dans le dur, que les destructions de b&#226;timents ont commenc&#233;. Y avait plus grand monde pour contester le projet, appel&#233; &#171; TESO &#187; &#224; l'&#233;poque, pour Toulouse Euro Sud-Ouest. Dans le nord-est de Toulouse mais au sud-ouest de l'Europe, tout est relatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet &#233;tait une &#233;ni&#232;me fa&#231;on de satisfaire la bourgeoisie locale, petits propri&#233;taires et promoteurs, agglom&#233;rat pas tr&#232;s glorieux d'int&#233;r&#234;ts mesquins. Ce qui liait tout &#231;a c'&#233;tait la rente fonci&#232;re, la promotion immobili&#232;re et le commerce (petit et grand), main dans la main pour faire de la ville une machine &#224; faire cro&#238;tre leurs investissements. Un simple coup d'&#339;il au torchon local, La d&#233;p&#234;che du midi, permettait de voir la belle harmonie r&#233;gnante. Bien entendu, de temps en temps, &#233;mergeait ici ou l&#224; un d&#233;saccord sur la hauteur ou la couleur d'un b&#226;timent, la place respective du v&#233;lo et de la bagnole mais sur le fond, le consensus d&#233;mocratique faisait merveille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait particip&#233; &#224; une assembl&#233;e dans un atelier partag&#233;, feue rue des Cheminots, le &#171; caf&#233; anti-Teso &#187;. &#192; quelques-un.e.s, ils avaient organis&#233; des s&#233;ances de cinoche dans une cour de l'avenue de Lyon, une soir&#233;e pizzas dans la rue, des AG avec les habitant&#183;es, une manif aussi, qui n'avait &#233;t&#233; qu'une grosse nasse. Elles et ils avaient sorti des journaux, des affiches, des autocollants, des banderoles. Tout ce qui pouvait se rendre indigeste aux app&#233;tits des promoteurs et de la M&#233;tropole. Ce n'&#233;tait pas facile, d'abord parce que les faubourgs de la gare &#233;taient &#224; l'abandon et que ceux et celles qui y habitaient n'en pouvaient plus. Difficile de d&#233;fendre ce qui s'&#233;croule, ce qui n'est d&#233;j&#224; plus d&#233;sirable. Et puis la M&#233;tropole avait tiss&#233; un complexe &#233;cran de concertation autour du projet avec le concours de sept associations de quartier. Ces repr&#233;sentant&#183;es issu&#183;es de la fraction la plus &#224; l'aise des quartiers concern&#233;s accompagnaient le projet en esp&#233;rant pouvoir intervenir &#224; la marge d'un futur de verre, de b&#233;ton et d'acier qu'elles consid&#233;raient comme in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pompon avait &#233;t&#233; remport&#233; par le pr&#233;sident de l'association Cheminot-Saint-Laurent : l'&#238;lot d'immeubles qu'il &#233;tait cens&#233; repr&#233;senter allait &#234;tre presque compl&#232;tement d&#233;truit mais lui pr&#233;f&#233;rait parler de r&#233;habilitation. Propri&#233;taire d'une des quatre maisons sauvegard&#233;es, il &#233;tait bien plac&#233; pour s'arranger avec la r&#233;alit&#233;. Il y avait eu bien entendu des empoignades autour du projet de tour : 150 m&#232;tres de b&#233;ton et de verre, m&#234;me v&#233;g&#233;talis&#233;, &#231;a faisait vraiment beaucoup. Mais, les dents lim&#233;es par une d&#233;cennie de concertations, les associations &#233;taient bien incapables de mordre efficacement la main qui les maintenait en vie depuis si longtemps. Elles voyaient un projet urbain l&#224; o&#249; Joachim et ses ami&#183;es voyaient un quartier d'affaires, elles attendaient une smart city et des plus-values fonci&#232;res l&#224; o&#249; les opposant&#183;es n'imaginaient qu'un avenir de b&#233;ton et de contr&#244;le. Il faut croire que le citoyennisme, &#231;a rend aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aveugle &#224; la banalit&#233; d'un quartier d'affaires de gare d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; quand l'id&#233;e avait &#233;merg&#233; dans la t&#234;te des d&#233;cideurs. Aveugle aux cons&#233;quences de la transition d'une municipalit&#233; &#224; une M&#233;tropole. Aveugle &#224; la course &#224; l'&#233;chalote de la concurrence entre les villes. Aveugle &#224; la constitution d'un ogre qui &#233;tait en passe de d&#233;vorer toute une r&#233;gion pour accompagner le capitalisme dans une &#233;ni&#232;me mue. La M&#233;tropole avait &#233;merg&#233; de la communaut&#233; de communes &#224; la fois comme une nouvelle bureaucratie et comme un projet de d&#233;veloppement. C'est-&#224;-dire que s'&#233;tait mise en place une nouvelle organisation de la d&#233;cision qui avait rendu obsol&#232;tes les anciens rapports de force, et donc rendu encore plus difficile la contestation. Les enjeux &#233;taient devenus plus complexes, plus obscurs, gommant les conflits par des logiques de gestion et de coop&#233;ration avec les forces politiques. Le projet de M&#233;tropole faisait de la ville une sorte de solution absolue, une machine &#224; mobiliser les &#233;nergies pour gagner un avenir durable et une place sur la carte d'une mondialisation heureuse. Tous les partis s'y &#233;taient mis, supprimant toute contradiction saillante (d&#233;j&#224; pas bien claire avant, il est vrai), n'exprimant une critique que sur des d&#233;tails insignifiants. Bien entendu, il restait toujours des r&#233;calcitrant&#183;es, des d'accord sur rien, des envers et contre tout, on ne se d&#233;barrasse jamais compl&#232;tement de la mauvaise graine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Joachim avait 20 ans, la M&#233;tropole n'avait pas dix ans d'&#226;ge et multipliait les projets pharaoniques : Parc des expositions, grand parc Garonne, Zones d'Am&#233;nagement Concert&#233; de Malp&#232;re, de la Cartoucherie, de Borderouge, de Montaudran (il en oubliait), une troisi&#232;me ligne de m&#233;tro et pourquoi pas un RER ? Et, bien entendu, ce foutu projet TESO, devenu depuis &#171; Grand Matabiau-Quai d'Oc &#187;, ces verrues de verre et de b&#233;ton qui avaient d&#233;vor&#233; les quartiers de sa jeunesse. Peut-&#234;tre que, sans la gare, ce n'aurait &#233;t&#233; qu'une nouvelle version du combo bureaux-appartements de standing-h&#244;tel, avatar de la modernit&#233; triomphante comme Compans-Caffarelli ou la place Occitane, d&#233;j&#224; obsol&#232;tes &#224; peine termin&#233;s. Mais l&#224;, argument suppl&#233;mentaire, la pr&#233;sence de la gare, renomm&#233;e p&#244;le multimodal, devait affermir la domination de la ville-centre sur son aire d'influence. Et puis la bureaucratie m&#233;tropolitaine install&#233;e-l&#224; &#233;tait d&#233;sireuse de construire un environnement &#224; son image. Une sorte de siphon qui attirerait inexorablement les travailleurs et travailleuses de la r&#233;gion, engluant dans les voitures et les transports en commun plus d'un million de personnes oblig&#233;es de d&#233;pendre de cette ville-centre. C'est que le projet m&#233;tropolitain &#233;tait sournois : les loyers augmentaient, poussant &#224; s'exiler toujours plus loin, et en m&#234;me temps les activit&#233;s, les jobs de merde comme les &#171; bons &#187; emplois, les commerces et les services, se concentraient dans un p&#233;rim&#232;tre assez restreint. Soit dans la ville-centre, soit dans l'un ou l'autre des p&#244;les logistiques, sorte de ville dans la ville, faite d'entrep&#244;ts et de quais de chargement. Ce n'&#233;tait pas seulement un am&#233;nagement du territoire c'&#233;tait aussi un emploi du temps qui se construisait. Les heures de transport journalier pour le trajet domicile-travail &#233;taient incluses dans le projet. D'ailleurs, les ZUP construites dans les ann&#233;es 60-70 &#233;taient les seuls endroits o&#249; l'on d&#233;truisait plus qe l'on construisait. La raison profonde du projet s'&#233;talait l&#224; sans fard : d&#233;gage on am&#233;nage ! Leur M&#233;tropole &#233;tait devenue une agglom&#233;ration tentaculaire vampirisant les populations au-del&#224; des limites du d&#233;partement. On venait de partout pour y suer sang et eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joachim a des remont&#233;s acides, il regarde par la fen&#234;tre l'immeuble d'en face. Peut-&#234;tre qu'un jour il aura les moyens d'aller prendre une place dans les &#233;tages sup&#233;rieurs, il parait qu'on y voit les Pyr&#233;n&#233;es les jours de beau temps. Il y verrait la ville se d&#233;ployer et comment chaque espace vacant a &#233;t&#233; consomm&#233;. La logique de valorisation acharn&#233;e du moindre m&#232;tre carr&#233; de terrain avait donn&#233; un amas dense de constructions. L'exclusion des voitures thermiques vers 2028 avait parachev&#233; le travail de s&#233;gr&#233;gation en r&#233;servant &#224; ceux et celles qui pouvaient le payer un environnement sain. Au centre de la ville-mus&#233;e, devenue un espace commercial de qualit&#233; ou, &#224; proximit&#233; imm&#233;diate, dans les anciens faubourgs, on trouvait des logements &#224; louer pour quelques jours, o&#249; passaient des gens venus se d&#233;payser par vol low cost. Ou encore des appartements de standing, placement financier pour riches nomades qui y r&#233;sidaient peut-&#234;tre trois jours dans l'ann&#233;e &#224; l'occasion d'un spectacle de la Machine ou d'une r&#233;union d'affaires. Les autres, les habitant&#183;es, &#233;taient dispers&#233;&#183;es, pulv&#233;ris&#233;&#183;es presque, sur la zone urbaine sans limite et sans qualit&#233;. Joachim en faisait partie et pourtant devait pondre ses contenus promotionnels pour le compte de l'office de rayonnement et de branding de la M&#233;tropole. Il avait appris de ses ennemis les mots creux, les concepts vides pour que la n&#233;cropole s'&#233;tende au d&#233;triment de la ville. Pour survivre, il devait servir ce qui d&#233;gradait son cadre de vie&#8230; Sa vie avait quelque chose de profond&#233;ment absurde et symbolique : il aurait pu &#234;tre le personnage d'une fiction post-moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il lui fallait terminer sa promocom. Finalement, il allait laisser la mention du petit plaisir provoqu&#233; par les craquements des os sous les pieds et simplement changer la derni&#232;re phrase : &#171; O&#249; est donc pass&#233;e cette petite ville de province crasseuse et arri&#233;r&#233;e du si&#232;cle dernier ? &#192; cette &#233;vocation, vous ressentiriez presque le craquement des ossements des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es sous vos semelles. L'histoire ici a laiss&#233; des traces, qu'il est bon de pouvoir en profiter en toute s&#233;r&#233;nit&#233; ! Bienvenue &#224; Toulouse M&#233;tropole. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru le &lt;a href=&#034;https://lempaille.fr/toulouse-2050-une-metropole-rayonnante&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;1 de l'&#233;dition r&#233;gionale du journal L'Empaill&#233;&lt;/a&gt;, mars 2021 sous la signature J. K.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/004_20181216_132050.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH806/004_20181216_132050-48536.png?1771458041' width='500' height='806' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Toulouse s'embellit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ToulouseEuroSudOuest, un projet exemplaire !</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/toulouseeurosudouest-un-projet-exemplaire</link>
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		<dc:date>2025-04-10T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>2000-2009</dc:subject>
		<dc:subject>2010-2019</dc:subject>
		<dc:subject>2020-2029</dc:subject>
		<dc:subject>Transformations</dc:subject>
		<dc:subject>TESO - Grand Matabiau</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un projet banal de destruction-construction de bureau-logement-commerce, mais pour cela exemplaire de la dynamique de m&#233;tropolisation. Il l'est aussi pour la mobilisation citoyenne qui a &#233;t&#233; mise en place &#224; cette occasion.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/archeologie-du-projet-metropolitain" rel="directory"&gt;Arch&#233;ologie du projet m&#233;tropolitain&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2000-2010" rel="tag"&gt;2000-2009&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2010-2019" rel="tag"&gt;2010-2019&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2020-2029" rel="tag"&gt;2020-2029&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/transformations" rel="tag"&gt;Transformations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/teso-grand-matabiau" rel="tag"&gt;TESO - Grand Matabiau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH84/000_logo_20240712_100750-29b30.jpg?1771458041' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;sormais appel&#233; Grand Matabiau-Quai d'Oc, ce projet impliquant la destruction de 91 b&#226;timents et la projection de plus de 300 000m2 de bureaux est exemplaire de la dynamique actuelle du projet m&#233;tropolitain : centralisation &#233;conomique, recherche de rayonnement et abondance de discours. Exemplaire, il l'est aussi par l'effort de mobilisation citoyenne, par la participation qu'il a d&#233;ploy&#233;e. C'est sur cet aspect que nous allons nous focaliser pour voir comment les choses changent pour que rien ne change.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les travaux qui ont commenc&#233; autour de la gare Matabiau en 2018 occupent une place singuli&#232;re dans le &#171; projet urbain &#187; toulousain. Il se mat&#233;rialise aujourd'hui par la destruction de l'avenue de Lyon et de la rue du Maroc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Archives de la destruction de l'avenue de Lyon. La d&#233;molition de l'ilot (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quelques b&#226;timents r&#233;cemment r&#233;alis&#233;s et la r&#233;novation de la gare. Cela repr&#233;sente pourtant qu'une toute petite partie d'un projet qui s'annonce lui-m&#234;me, dans les propres mots des concepteurs, comme &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/toulouse-euro-sud-ouest-paroles-d-amenageurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; une nouvelle dimension pour Toulouse &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1303 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/001_projet_teso_2018.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH333/001_projet_teso_2018-65714.png?1771458041' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Projet ToulouseEuroSudOuest tel qu'il est pr&#233;sent&#233; au public en 2018
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord par sa banalit&#233; que ce projet a une dimension m&#233;tropolitaine. Des quartiers d'affaire de gare ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s dans de nombreuses villes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aur&#233;lie Delage, &#171; Gare au standard ! Les nouveaux quartiers de gare TGV, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour les investisseurs, le nombre de bureaux disponibles, mais aussi leurs qualit&#233;s, tant en termes de construction que de localisation, sont des &#233;l&#233;ments d&#233;terminants pour jauger du statut d'une &#171; place &#187; immobili&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'empire urbain de la finance. Ludovic Halbert, Antoine Guironnet, ed. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Entre temps, le t&#233;l&#233;travail est pass&#233; par l&#224; et beaucoup d'incertitude p&#232;se sur cet aspect. Pourtant les am&#233;nageurs parient encore sur la d&#233;mesure comme en t&#233;moigne le maintien du projet de la tour d'Occitanie qui doit &#234;tre un &#171; geste architectural &#187; marquant la ville et l'inscrire sur la sc&#232;ne internationale. La comp&#233;titivit&#233; entre les territoires est en effet centrale dans l'investissement dans de tels projets d'infrastructure &#171; produisant le paradoxe suivant : un &#233;l&#233;ment incontournable de la panoplie m&#233;tropolitaine, mais &#233;galement peu distinctif des autres m&#233;tropoles. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aur&#233;lie Delage, &#171; Gare au standard ! Les nouveaux quartiers de gare TGV, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette nouvelle dimension pour Toulouse c'est aussi le rapport de la ville centre avec son agglom&#233;ration. &#171; La r&#233;organisation de l'ensemble du quartier, et non seulement de la gare et de son espace ferroviaire, pour cr&#233;er une porte int&#233;rieure de la m&#233;tropole, repr&#233;sente une v&#233;ritable opportunit&#233; pour Toulouse &#187; d&#233;clarait ainsi l'urbaniste star Joan Busquet lors d'une r&#233;union de concertation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;union de concertation du 3 mars 2015, maison de la citoyennet&#233; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette connexion en partie fantasm&#233;e du fait de la d&#233;gradation du r&#233;seau ferroviaire est un v&#233;ritable mantra de la ville durable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une densification cens&#233;ment vertueuse et un d&#233;veloppement des transports en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui arrive &#224; associer croissance et d&#233;carbonation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rebaptis&#233;e P&#244;le d'&#201;change Multimodal, la gare, construite &#224; la limite des faubourgs en bordure de ville au XIXe, est r&#233;int&#233;gr&#233;e au centre-ville. Elle devient le centre de la m&#233;tropole. C'est un des objectifs de ce projet, &#233;taler le centre-ville le long des all&#233;es Jean Jaur&#232;s, &lt;i&gt;ramblas&lt;/i&gt; pour faire plus chic. Connectant ainsi le centre historique avec le si&#232;ge de la bureaucratie m&#233;tropolitaine qui s'est install&#233;e depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2010 en haut de ces &#171; Champs &#201;lys&#233;es &#187; toulousains comme on disait &#224; l'heure de la modernit&#233; automobile. Qui a dit qu'il n'y avait pas de continuit&#233; dans l'urbanisme toulousain ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce projet est exemplaire aussi par la fa&#231;on dont il a organis&#233; la &#171; participation &#187;. Avec un paradoxe saisissant entre un indiscutable effort des pouvoirs publics pour impliquer les associations et le manque d'information et de consultation des habitant&#183;es directement concern&#233;&#183;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'archive de la destruction de l'avenue de Lyon d&#233;montre sans aucune (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la mobilisation des &#233;nergies citoyennes est un &#233;l&#233;ment indispensable et incontournable d'un am&#233;nagement qui ne cesse pourtant pas d'&#234;tre violent et autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une premi&#232;re phase de participation volontaire 2013 - 2016&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2013, six ans apr&#232;s le d&#233;but des &#233;tudes pr&#233;paratoires, une premi&#232;re phase de participation commence. Elle est &#171; volontaire &#187; parce qu'elle ne r&#233;pond pas aux obligations l&#233;gales qui existent en la mati&#232;re. Six rencontres th&#233;matiques vont convoquer un grand nombre d'organisations diverses. Un &#233;lu en r&#233;sume l'esprit en ouverture d'un des premiers ateliers : &#171; L'objectif des ateliers est de construire progressivement un projet nourri par chacun et compris par tous : c'est sur cette base que les choix se feront. Tout le travail actuel vise a&#768; accumuler des &#233;changes sur les enjeux du projet. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Michel Fabre, Adjoint au Maire en charge de la D&#233;mocratie Locale et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous en faisons ici une analyse &#224; partir des comptes rendus mis &#224; disposition par la ville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Encore une fois l'effort critique pour comprendre, et tenter de changer, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y aura six ateliers participatifs constitu&#233;s par 3 coll&#232;ges : les riverains, en l'esp&#232;ce des associations de quartier m&#234;me parfois &#233;loign&#233;es ; des &#171; acteurs de la vie locale &#187; regroupant des institutions assez disparates allant de l'association sportive &#224; la f&#233;d&#233;ration des usager.es de transports en passant par les syndicats tant patronaux que salari&#233;&#183;es, et enfin le 3 &#232;me : des &#171; professionnels de l'am&#233;nagement &#187;, mais regroupant autant l'Ordre des architectes que la Chambre de commerce et d'industrie. Il est difficile de comprendre &#224; quelle logique correspond ce recrutement. D'une certaine mani&#232;re, elle est encore un marqueur d'ambition : l'ensemble de la ville doit venir apporter &#224; la r&#233;flexion et faire sien ce projet. C'est en cela que la participation est peut-&#234;tre avant tout une mobilisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le d&#233;tail des invitations : 1/3 de repr&#233;sentants de riverains soit 14 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; action par laquelle des individus sont appel&#233;s &#224; unir leurs forces au service d'une cause ou se rassemblent en vue d'une entreprise commune &#187; (CNTRL). C'est &#224; dire, une mani&#232;re pour les pouvoirs publics de cr&#233;er une dynamique positive autour du projet plus que de mettre en d&#233;bat des choix et des orientations sur l'am&#233;nagement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier atelier, en juillet 2013, se d&#233;roule sur toute une apr&#232;s-midi, les suivants entre 18h et 20h. Il n'y a pas, dans les comptes rendus, d'indication sur les pr&#233;sences. Ainsi, il est difficile de connaitre le r&#233;sultat de toutes ces invitations. On conna&#238;t n&#233;anmoins la m&#233;thode des ateliers reposant sur un partage d'information pr&#233;alable sur un th&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Atelier du 25/09 logistique urbaine ; le 09/10 situation sociod&#233;mographique &#224;&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ensuite un court &#233;change par petit groupe sur document. &#192; aucun moment une discussion n'a lieu sur les raisons et n&#233;cessit&#233;s qui conduisent &#224; un tel projet. Le p&#233;rim&#232;tre d'&#233;tude pr&#233;sent&#233; est tr&#232;s large, noyant les sp&#233;cificit&#233;s de la zone qui sera finalement d&#233;truite. Il faut noter d'ailleurs qu'aucune association d'habitant&#183;es ne repr&#233;sente les secteurs de l'avenue de Lyon et de la rue du Maroc. Le Conseil Municipal des jeunes sera aussi invit&#233; &#224; avoir un avis cette m&#234;me ann&#233;e : &#171; Six mois de r&#233;flexions, pour Jean Fran&#231;ois, Benoit, Tim, L&#233;a, Maxime, Alexis, Karishma, Guillaume, Anthony, Thomas, Alexandre, Mathieu et Edouard &#224; raison d'une r&#233;union mensuelle entre avril et novembre 2013. Balade dans le quartier, travaux avec les urbanistes&#8230; &#187; On leur a bien expliqu&#233; que le projet prendra du temps et qu'il est indispensable : &#171; L'objectif affich&#233; est celui de faire du centre-ville de Toulouse celui d'une m&#233;tropole europ&#233;enne o&#249; le dynamisme &#233;conomique, la qualit&#233; environnementale, et la mixit&#233; sociale et fonctionnelle cohabitent. &#187; Le 17 d&#233;cembre 2013, le conseil des jeunes s'exprimera positivement sur le projet Toulouse Eurosudouest qui n'est pourtant pour l'instant qu'une intention (de celles dont l'enfer est pav&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la force et la faiblesse de ces premi&#232;res sessions de consultation, elles ne reposent sur rien ou quasiment rien, ce qui est d&#233;j&#224; beaucoup. Quasiment rien parce que nous sommes au stade des intentions. Le projet n'est m&#234;me pas un projet en quelque sorte. Et pourtant ce sont d&#233;j&#224; d'&#233;normes quantit&#233;s d'informations qui sont partag&#233;es et les intentions sont lest&#233;es du poids du savoir urbanistique qui donne l'illusion de saisir toute la complexit&#233; du syst&#232;me urbain. Les participant&#183;es se plaindront d'ailleurs de ne pas avoir d'espace suffisant pour la discussion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une seconde phase de concertation a lieu en 2015, alors que sur le terrain les acquisitions vont bon train, bien que toujours rien ne soit visible en termes de travaux. Cinq ateliers ont lieu entre janvier et mai&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;27 janvier ; 3 et 31 mars ; 20 avril et 19 mai&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans la perspective d'une validation du &#171; projet &#187; fin 2015-d&#233;but 2016. Mettons des guillemets &#224; projet tant nous sommes encore loin de ce que nous pouvons nous imaginer comme un projet de construction : il n'y a pas de plan, le p&#233;rim&#232;tre est tr&#232;s large et les intentions de construction sont encore tr&#232;s floues. Il s'agit de r&#233;fl&#233;chir de mani&#232;re abstraite, ce qui n'est pas sans effet sur ce qu'il est possible de prendre en compte. Les ateliers ont &#233;t&#233; &#233;largis et int&#232;grent de nouveaux participants. Le d&#233;roulement a &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement modifi&#233; par rapport &#224; la phase pr&#233;c&#233;dente, pour acc&#233;der aux demandes faites en termes d'&#233;change. Les ateliers durent d&#233;sormais 3h, segment&#233;s en 3 s&#233;quences : une pr&#233;sentation des &#233;tudes, avec des supports, un travail en sous-groupes et un temps d'&#233;changes. Le premier consiste en une pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale du projet et de la m&#233;thode, les suivants sont th&#233;matiques : atelier n&#176;2, Fondamentaux du projet urbain ; atelier n&#176;3 : Accessibilit&#233;, mobilit&#233; et am&#233;nagement du P&#244;le d'Echanges Multimodal de Matabiau ; atelier n&#176;4 : Programmation urbaine et am&#233;nagement des quartiers existants. Participe &#224; ces ateliers un grand nombre d'organisations qui ne sont plus pr&#233;sent&#233;es en trois tiers, mais en liste. Il est pourtant toujours possible de distinguer grossi&#232;rement trois types d'organisation : des &#171; habitant&#183;es &#187;, des groupements professionnels et des institutions publiques ou parapubliques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des associations de quartier, toujours tr&#232;s nombreuses, mais qui peuvent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont donc pr&#232;s de trois ans d'ateliers et d'&#233;changes autour des enjeux du projet, on ne peut pas r&#234;ver de participation plus &#171; exemplaire &#187;, d'ailleurs Toulouse M&#233;tropole le rappellera sans cesse tout au long du processus, en prenant soin de souligner que rien ne l'obligeait &#224; de tels efforts. Pourtant il est assez facile de percevoir les manques et les faiblesses du processus et, encore plus, son caract&#232;re proprement policier. En effet, c'est avant tout un objectif de bonne gouvernance qui pr&#233;vaut &#224; cette volont&#233; de participation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;114&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/002_pentacle_participatif.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH310/002_pentacle_participatif-75634.png?1771458041' width='500' height='310' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le pentacle d'invocation de l'&#233;nergie citoyenne qui circule dans les grimoires de la magie noire des urbanistes.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Contr&#244;ler les &#233;changes, gagner les esprits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les activit&#233;s de concertation sont un &#233;l&#233;ment indispensable du discours des pouvoirs publics qui y trouvent une source de l&#233;gitimit&#233;. &#171; Les contributions des Ateliers au projet Toulouse EuroSudOuest&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte est issu du diaporama de synth&#232;se disponible sur le site de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont &#233;t&#233; riches et de qualit&#233;. Malgr&#233; la diversit&#233; des enjeux li&#233;s au projet, de grandes orientations communes se d&#233;gagent avec le souhait de construire un projet durable et &#233;volutif tout en am&#233;liorant au plus t&#244;t le cadre de vie et le fonctionnement de la gare. &#187; Est-ce le cadre de vie de la gare qui est ainsi am&#233;lior&#233; ? Qui est le v&#233;ritable sujet de cette am&#233;lioration ? Nous sommes d'ailleurs imm&#233;diatement invit&#233;.es &#224; &#233;largir notre champ de r&#233;flexion. &#171; Le vaste territoire d'&#233;tudes sur lequel s'&#233;tend le projet appelle &#224; des r&#233;flexions qui d&#233;passent l'&#233;volution des seules gares Raynal et Matabiau, renvoyant &#224; des probl&#233;matiques m&#233;tropolitaines, r&#233;gionales, nationales et europ&#233;ennes. &#187; Le d&#233;-zoom peut donner le vertige, partant de la gare nous voil&#224; d'un seul coup &#224; l'&#233;chelle de l'Europe. Pourquoi ? Comment ? Myst&#232;re. Et imm&#233;diatement, sans transition, le texte nous replonge dans les questions domestiques et quotidiennes qui semblent d&#232;s lors bien relatives : &#171; Par ailleurs, des prises de position sont parfois divergentes &#224; l'&#233;chelle des quartiers. Ce grand projet n&#233;cessite une vision globale sans pour autant omettre les sp&#233;cificit&#233;s de chacun des quartiers qui le composent. Un juste &#233;quilibre est &#224; trouver. &#187; Un juste &#233;quilibre entre les besoins des habitant&#183;es et l'Europe ? Nous voil&#224; oblig&#233;.es de tenter d'imaginer le mariage de la carpe et du lapin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sentation power point que ce texte introduit est un bel exemple des restitutions domin&#233;es par la raison urbaniste. Accumulation de cartes et d'informations nous faisant naviguer &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles et d&#233;coupant le r&#233;el en &#233;l&#233;ments s&#233;par&#233;s qui deviennent alors quantifiables. Le savoir produit &#233;crase l'exp&#233;rience v&#233;cue des lieux qui semblent d&#232;s lors d&#233;nu&#233;s de toute l&#233;gitimit&#233;. Il est notable que dans ce flot d'information &#224; aucun moment l'avenue de Lyon, qui sera d&#233;truite donc, n'est montr&#233;e. M&#234;me quand elle est concern&#233;e directement, les b&#226;timents n'apparaissent pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;135&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/003_effacement_de_avenue_de_lyon.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH349/003_effacement_de_avenue_de_lyon-34e22.png?1771458041' width='500' height='349' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Effacement de l'avenue de Lyon
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;La seule vue o&#249; il est possible d'apercevoir un morceaux de l'avenue de Lyon. Elle n'existe d&#233;j&#224; plus.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les questions sont suspendues dans l'air, loin de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te des personnes concern&#233;es. Nous sommes contraint.es &#224; regarder nos existences depuis une position compl&#232;tement d&#233;sincarn&#233;e qui se pr&#233;sente comme celle de l'int&#233;r&#234;t public. Pourtant, dans le m&#234;me temps le dispositif invite &#224; venir combler les manques. Par exemple, on trouve &#224; maintes reprises, dans les comptes rendus, l'id&#233;e que le projet &#233;volue, qu'il n'est pas &#171; fix&#233; &#187;. C'est un argument positif, visant &#224; valoriser les &#233;ventuelles suggestions. Cela souligne l'ouverture d'esprit et la possibilit&#233; d'une participation r&#233;elle. En effet, si la n&#233;cessit&#233; du projet n'est absolument jamais discut&#233;e ; la m&#233;tropolisation est une r&#233;alit&#233; &#224; laquelle il faut s'adapter. Par contre les &#171; enjeux &#187; et les &#171; probl&#233;matiques &#187; sont abondamment partag&#233;s. Ce qui a deux int&#233;r&#234;ts : d'une part de ce fait le projet &#233;chappe &#224; toute critique puisqu'il n'existe pas et, d'autre part, un nombre important de personnes est amen&#233; &#224; partager les cadres de r&#233;flexions, le point de vue des am&#233;nageurs. Ce qui se partage ici c'est une vision, une mani&#232;re de dire et de d&#233;crire la r&#233;alit&#233;, qui met &#224; distance le concret de la vie quotidienne. Les participant&#183;es de la concertation sont invit&#233;.es &#224; penser avec les concepteurs, comme les concepteurs, pour le b&#233;n&#233;fice du projet. Une sorte de mise au travail gratuit en quelque sorte, d&#233;j&#224; constat&#233; ailleurs dans le cadre des recherches sur la concertation : &#171; la d&#233;mocratie participative contribue &#224; l'am&#233;lioration de la gestion urbaine avec l'id&#233;e que &#8220;mieux g&#233;rer, c'est g&#233;rer plus pr&#232;s et g&#233;rer avec&#8221;. La vis&#233;e est alors la plus grande efficacit&#233; des processus d&#233;cisionnels et la gestion des conflits potentiels. L'&#233;change entre habitants permet d'optimiser la rationalit&#233; des solutions propos&#233;es et des d&#233;cisions prises, d'anticiper les conflits et de les d&#233;samorcer, et ainsi de rendre les projets indiscutables. Les dispositifs participatifs peuvent &#234;tre un outil manag&#233;rial &#224; disposition des &#233;lus pour faire pression sur les services administratifs, pour accro&#238;tre leur r&#233;activit&#233; et &#8220;externaliser&#8221; la contrainte de modernisation et d'adaptation. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;mi Lefebvre, &#171; La d&#233;mocratie participative absorb&#233;e par le syst&#232;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;changes sur la question des bureaux sont particuli&#232;rement &#233;clairants. Ils sont rares (alors que c'est un enjeu majeur du projet), mais on peut en rep&#233;rer deux qui montrent l'influence des professionnels et le d&#233;s&#233;quilibre de la parole dans de tels endroits. Le premier &#233;change, lors de la r&#233;union du 31 mars 2015, est particuli&#232;rement &#233;clairant :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;strong&gt;Un repr&#233;sentant de l'association Michel-Ange&lt;/strong&gt; : Je comprends le besoin de bureaux autour de la gare, mais beaucoup sont vides &#224; Toulouse. Quel avenir auront ces zones, avec cet important d&#233;veloppement de bureaux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;M. Busquets&lt;/strong&gt; : Ces nouveaux bureaux s'inscriront dans une logique d'espaces de travail flexibles. L'Est, vers Michel-Ange, pourrait offrir une &#233;volution productive, via une hauteur de b&#226;ti moyenne, mais avec une activit&#233; &#233;conomique tr&#232;s dense. D'o&#249;, notre volont&#233; de garantir aussi un acc&#232;s Est-Ouest.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un repr&#233;sentant de l'Observatoire Toulousain de l'Immobilier d'Entreprise (OTIE)&lt;/strong&gt; : Je travaille pour l'un des commercialisateurs de bureaux de l'OTIE. A Toulouse, 200 000 m2 de bureaux sont disponibles, dont 50 000-60 000 m2 &#224; Bordelongue, soit 1 an de stock, signe d'un march&#233; sain. A Borderouge, seuls 500 m2 sont vacants. Toutes les zones tertiaires de la p&#233;riph&#233;rie ont des probl&#232;mes d'acc&#232;s. La seule qui n'ait aucun bureau vacant est Balma Gramont, &#224; 3 stations de m&#233;tro du centre-ville... Un projet structurant de bureaux en centre-ville, qui permette de r&#233;pondre &#224; une demande d'accessibilit&#233; et de proximit&#233;, est vital aujourd'hui. L'approche mixte men&#233;e permet aussi d'implanter des bureaux en premi&#232;re ligne de zones plus bruyantes, avec de l'habitation derri&#232;re. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La technicit&#233; du professionnel est incontestable, d'autant qu'elle est valid&#233;e par l'architecte star, d&#232;s lors comment remettre en question ce diagnostic pour le repr&#233;sentant de l'association ? Le projet s'impose par la n&#233;cessit&#233;, il n'y a pas d'alternative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, plus tard, alors qu'&#224; aucun moment les termes &#171; quartier d'affaires &#187; n'ont &#233;t&#233; prononc&#233;s, le pr&#233;sident de l'OTIE b&#233;n&#233;ficie d'une tribune pour justifier l'importance de l'implantation d'une grande surface de bureau, lors de la derni&#232;re session le 19 mai 2015 : &#171; Les 4 000 000 m2 de bureaux existants sur les trois intercommunalit&#233;s (Toulouse M&#233;tropole, SICOVAL, Muretain) sont en p&#233;riph&#233;rie de Toulouse. 74% des trajets domicile-travail se font en voiture et la rocade est logiquement satur&#233;e. La cr&#233;ation d'un quartier d'affaires en ville est donc importante, &#224; l'image de ceux de Lyon, Lille, Marseille et Bordeaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un souci de clart&#233; nous passons les chiffrages pr&#233;sents dans le texte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Actuellement, Bordeaux est le premier concurrent de Toulouse dans son r&#233;am&#233;nagement &#224; venir de la gare Saint-Jean. Le quartier de Compans-Caffarelli date des ann&#233;es 90. De dimensions r&#233;duites, il est &#233;loign&#233; de la gare. Les soci&#233;t&#233;s qui y &#233;taient install&#233;es ont d&#251; partir en p&#233;riph&#233;rie pour s'agrandir. Pour d&#233;sengorger la rocade, il faut permettre aux gens qui travaillent de rejoindre un lieu tr&#232;s central, en utilisant &#224; plein les transports en commun. Matabiau est le site id&#233;al pour un centre d'affaires, int&#233;gr&#233; &#224; un centre urbain. Nous ne sommes en revanche pas convaincus par l'extension des immeubles de bureaux, jusqu'&#224; Raynal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La phase de concertation r&#232;glementaire 2016 &#8211; 2019&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fin des ann&#233;es 90 et le d&#233;but des ann&#233;es 2000 voient s'institutionnaliser un certain nombre de dispositifs de concertation. &#192; la fois dans la lign&#233;e du d&#233;veloppement durable (ou soutenable) qui s'impose comme nouveau r&#233;f&#233;rentiel pour la croissance et sur le constat d'un certain nombre d'entraves aux grandes op&#233;rations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans les administrations fran&#231;aises, une prise de conscience que la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le projet TESO ne d&#233;roge pas &#224; la r&#232;gle, la concertation obligatoire pr&#233;vue au code de l'urbanisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article L 103-2 pour les afficionados des codes.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'ouvre du 29 mars au 28 juin 2016.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/004_pe_mime_tre_projet_-_e_tude_-_zac_-2018-concertation_2016.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH355/004_pe_mime_tre_projet_-_e_tude_-_zac_-2018-concertation_2016-72466.png?1771458041' width='500' height='355' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les diff&#233;rents p&#233;rim&#232;tres d'interventions et d'&#233;tudes en 2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le locataire de la mairie a chang&#233; et il a soin de couper avec un certain esprit du &#171; projet urbain &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous ne voulons pas entrer ici dans les d&#233;tails de politiquaillerie qui nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La concertation se d&#233;roule donc dans un sch&#233;ma classique d'information, questions et r&#233;ponses. Ce sont 110 contributions qui sont recens&#233;es par la municipalit&#233; et qui permettent de conclure qu'il s'agit d'&#171; Une concertation contributive qui montre globalement l'adh&#233;sion des participants au projet : il int&#233;resse et questionne. &#187; La phrase est pour le moins ambig&#252;e : est-ce qu'il s'agit d'adh&#233;sion ou d'int&#233;r&#234;t ? Ce n'est pas tout &#224; fait la m&#234;me chose. La phrase suivante ne fait que renforcer la confusion : &#171; Les contributions et arguments expos&#233;s traduisent autant les pr&#233;occupations soulev&#233;es par le projet que les b&#233;n&#233;fices attendus. &#187; Enfin si les arguments sont autant des &#171; pr&#233;occupations &#187; que des &#171; b&#233;n&#233;fices &#187;, ne serait-il pas plus juste de parler d'une r&#233;ception mitig&#233;e ? Pour finir, il s'agirait d'une &#171; concertation bien suivie, notamment lors de la r&#233;union publique du 12 mai o&#249; 600 personnes &#233;taient pr&#233;sentes, d&#233;notant l'int&#233;r&#234;t pour le projet. &#187; Rappelons que les tenants du projet argumentent qu'il s'agit d'un projet m&#233;tropolitain, la population concern&#233;e est donc de pr&#232;s d'1 millions de personnes. Avouons que le ratio est faible, d'autant que rien n'assure que la pr&#233;sence t&#233;moigne d'un &#171; int&#233;r&#234;t &#187; et encore moins d'une adh&#233;sion, bien au contraire. En page 20 du rapport, un encadr&#233; &#233;voque rapidement la contestation, la mise en page traduit le caract&#232;re incongru de celle-ci, &#224; la fois en dehors du cours du projet et dans un p&#233;rim&#232;tre restreint.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/005_encadre_contestation.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH151/005_encadre_contestation-9ddce.png?1771458041' width='500' height='151' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La place de la contestation. 5 lignes, pas plus...
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La retranscription des prises de paroles permet d'avoir une id&#233;e de &#171; l'incident &#187; lors de la r&#233;union du 12 mai 2016 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce projet est massivement refus&#233; par les habitants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le m&#234;me temps o&#249;, derri&#232;re les portes closes de la m&#233;tropole, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du quartier et c'est pourquoi vous d&#233;ployez autant de moyens pour en faire la publicit&#233;. Personne ne peut croire que ce quartier servira &#224; ses habitants et aux Toulousains en g&#233;n&#233;ral. Nous affirmons que les pauvres seront &#8220;vir&#233;s&#8221; et que la priorit&#233; ira aux bureaux de multinationales plut&#244;t qu'aux logements, en nous appuyant sur ce que Toulouse M&#233;tropole a fait du quartier dans les 5 derni&#232;res ann&#233;es : l'avenue de Lyon par exemple ne compte plus les logements r&#233;quisitionn&#233;s par la Mairie, ferm&#233;s, mur&#233;s, o&#249; des feux se d&#233;clarent vu la v&#233;tust&#233; des lieux. Vous ruinez ce quartier, vous l'abandonnez pour pouvoir le vendre aux promoteurs et le faire habiter par des r&#233;sidents qui viendront en TGV. Vous videz la ville des Toulousains. Vous fermez les lignes TER et vous nous faites croire que vous d&#233;veloppez la mobilit&#233;. Nous ne sommes pas venus vous parler, car vous &#234;tes l&#224; pour nous tromper, mais pour sensibiliser l'assistance : &#224; quoi veut-on que cette ville ressemble ? Vous mettez les formes pour nous la voler et implanter des projets qui se chiffrent en millions et qui permettront suffisamment de sp&#233;culation pour que vous en profitiez. Pourquoi y a-t-il autant de moyens ? Personne n'y serait favorable si le projet &#233;tait pr&#233;sent&#233; tel qu'il est vraiment. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et le maire de r&#233;pondre en se d&#233;faussant sur la municipalit&#233; pr&#233;c&#233;dente et en mentant sur l'&#233;tat des logements dans la zone :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La pr&#233;c&#233;dente municipalit&#233; a engag&#233; des acquisitions fonci&#232;res au bas de l'avenue de Lyon pour une raison tr&#232;s simple : ce b&#226;ti, entre le canal du Midi et le pont de la SNCF, est tr&#232;s ancien et indigne. Certains s'en accommodent et con&#231;oivent que des r&#233;sidents puissent vivre dans ces taudis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les parall&#232;les avec les discours sur le quartier Saint Georges sont saisissants.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'appr&#233;ciation de notre collectivit&#233; est que nous devons acheter ce b&#226;ti &#8220;&#224; bout de souffle&#8221; dans le cadre d'un renouv&#232;lement urbain pour construire des logements pour tous, de typologies diverses, afin que des habitants au niveau de vie diff&#233;rente puissent y vivre d&#233;cemment. Cette premi&#232;re phase, d'acquisition de b&#226;timents, est en cours. Des logements neufs seront construits et les familles de condition modeste qui y logeront, vivront dans des conditions plus dignes que celles qu'elles connaissent aujourd'hui. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, la seule fois o&#249; une question directe pose la conflictualit&#233;, le vernis de la concertation &#233;clate pour laisser voir la violence du processus. Nous pouvons affirmer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diff&#233;rents t&#233;moignages ont &#233;t&#233; recueillis et une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e en 2019 en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que le quartier n'&#233;tait nullement un quartier de taudis. Si, bien &#233;videmment, des travaux de r&#233;novation &#233;tait n&#233;cessaires sur une partie du b&#226;tit, comme dans l'ensemble de la ville, les conditions d'habitation &#233;taient loin d'&#234;tre indignes. Les b&#226;timents &#233;taient bien moins anciens que bon nombre de ceux du centre-ville et un certain nombre avait &#233;t&#233; enti&#232;rement r&#233;nov&#233; assez r&#233;cemment.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/006_codev-participationchic_2024.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH316/006_codev-participationchic_2024-06e84.png?1771458041' width='500' height='316' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Des citoyen&#183;nes mobilis&#233;&#183;es, pouce en l'air pour la m&#233;tropole.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233;e en novembre 2018, une responsable du CoDEV&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseille de d&#233;veloppement de Toulous M&#233;tropole &#233;tablit par la loi en 2013, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;sumera le bilan de cette concertation : &#171; L&#224;, ce que je peux dire c'est qu'il y a une reconnaissance de la qualit&#233; de la participation. Je pense que les associations &#233;videmment, consid&#232;rent que l'ensemble de leurs demandes, de leurs revendications, de leurs suggestions n'a pas &#233;t&#233; pris en consid&#233;ration. L&#224; c'est tout le d&#233;bat sur comment se prend la d&#233;cision. On a bien &#233;t&#233; sur un processus de concertation, encore une fois dont la qualit&#233; a plut&#244;t &#233;t&#233; reconnue. Ensuite, la mani&#232;re dont la d&#233;cision s'est prise, voil&#224;, les &#233;lus revendiquent l'exclusivit&#233; de la d&#233;cision, &#231;a ne veut pas dire qu'ils n'int&#232;grent pas un certain nombre d'observations. Je pense qu'il y a un certain nombre de choses qui a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;, encore une fois, probablement pas &#224; la hauteur de ce qu'ont demand&#233; les associations. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien r&#233;alis&#233; le jeudi 8/11/2018.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Sans le vouloir, cette responsable faisait un jeu de mots assez pertinent puisque c'est bien une question de hauteur qui sera le &lt;i&gt;casus belli&lt;/i&gt; qui fera tanguer ce bel &#233;difice.&lt;br class='autobr' /&gt;
En particulier l'embl&#233;matique vote pour la construction d'un immeuble de grande hauteur sur le site du tri postal pr&#232;s de la gare Matabiau. &#171; &#192; la base, nous &#233;tions partis sur une proposition d'immeuble de 50 m&#232;tres de haut. Mais les promoteurs nous ont propos&#233; un &#233;difice de tr&#232;s grande hauteur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actu Toulouse 25 Octobre 2016.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour le symbole, le maire de service annoncera la construction d'une tour de 150 m&#232;tres au salon des professionnels de l'immobilier &#224; Cannes en mars 2017. De nombreuses associations d'habitant&#183;es vont d&#232;s lors contester les nouvelles moutures du projet et notamment les hauteurs trop importantes. Ainsi, le projet, en se mat&#233;rialisant, commence &#224; faire surgir des oppositions. L'ann&#233;e suivante les associations ayant particip&#233; &#224; la premi&#232;re phase de concertation sont vent debout : &#171; Apr&#232;s la r&#233;union bronca du 13 mars 2018 &#224; l'Espace Vanel, il avait &#233;t&#233; convenu avec le Maire que le plan guide 2016, d&#233;fini gr&#226;ce &#224; la premi&#232;re concertation, qui a eu lieu de 2013 &#224; 2016, constitue la base des discussions en 2019. &#187; De nouveaux ateliers vont avoir lieu, faisant apparaitre que la plupart des hauteurs pr&#233;vues ont &#233;t&#233; multipli&#233;es par deux ou trois et que l'emprise au sol n'est plus r&#232;glement&#233;e (100% de surface constructible). En clair, les promoteurs du projet ont multipli&#233; la surface constructible, et par cons&#233;quent la valeur du terrain, au m&#233;pris des concertations pr&#233;c&#233;dentes. Les associations vont demander un retour au plan guide n&#233;goci&#233; de 2016 et s'opposer &#224; la tour d'Occitanie. Sur ce dernier point, une bataille judiciaire va s'engager cristallisant les m&#233;contentements, mais occultant aussi l'ampleur du projet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;O&#249; en est la tour ? Jamais vraiment assur&#233; d'advenir mais jamais annul&#233; non (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enqu&#234;te publique unique du 14 mars au 30 avril 2019&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De son titre complet, l' &#171; enqu&#234;te publique unique pr&#233;alable aux op&#233;rations de restructuration et d'am&#233;nagement du secteur autour de la gare de Toulouse &#187;, d&#233;marche obligatoire pour obtenir la D&#233;claration d'Utilit&#233; Publique (DUP) qui permet les expropriations, cette enqu&#234;te est paradoxale en tant qu'elle sert de feu vert &#224; un projet qui a d&#233;j&#224; d&#233;marr&#233; depuis longtemps et en m&#234;me temps ne concerne qu'une infime partie du p&#233;rim&#232;tre d'&#233;tude. En 2016, celui-ci &#233;tait de 430 ha, le plan guide urbain concernait 135 ha et la ZAC &#233;tait pr&#233;vue alors sur 40 ha (voir l'image un peu plus haut). Trois ans apr&#232;s, ce sont seulement 9 ha, dont 7 d'emprise ferroviaire et de voirie, qui sont concern&#233;s. Sur les 2 ha de b&#226;tit, plus de 70 % des lots ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; acquis par la collectivit&#233; au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es (en 2019), soit &#224; &#171; l'amiable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il convient de mettre des guillemets &#224; ce termes tant les pressions et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; soit par exercice du droit de pr&#233;emption urbain. Il ne s'agit que de la 1&#232;re phase du projet (dont on ignore combien il aura de phases) et qui concerne 50 000 m2 de logements, 95 000 m2 de bureaux et 2000 m2 de commerce. C'est donc la premi&#232;re fois qu'un projet au sens commun du terme est amen&#233; &#224; la connaissance du public. Il n'y a tout de m&#234;me pas &#224; proprement parl&#233; de formes architecturales, mais simplement le &#171; programme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un programme en architecture &#171; d&#233;finit l'objectif de l'op&#233;ration et les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour en connaitre les d&#233;tails, les impacts et les implications, toute personne est autoris&#233;e &#224; consulter les 2000 pages A3 du dossier. Celui-ci ne p&#232;se pas moins de 32 kg dans sa version papier. Qui a la capacit&#233;, le temps et l'envie d'affronter un tel dossier ? C'est pourtant le seul moment qui soit adoss&#233; &#224; une v&#233;ritable possibilit&#233; d'intervention sur le projet. En effet, des erreurs techniques ou r&#232;glementaires, ou des insuffisances sur la justification des choix effectu&#233;s peuvent contraindre &#224; des modifications, voire &#224; un arr&#234;t du projet. Malheureusement ce genre d'enqu&#234;te n'aboutit que tr&#232;s rarement sur des avis d&#233;favorables : &#171; la base rh&#233;torique des projets consiste &#224; les pr&#233;senter comme autant de solutions &#224; des probl&#232;mes, de sorte qu'au lieu de pouvoir sembler arbitraire &#8212; pourquoi ce projet-l&#224; plut&#244;t qu'un autre dans le champ infini des possibles ? &#8212;, ils apparaissent comme une n&#233;cessit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;ric Graber, Inutilit&#233; publique. Histoire d'une culture politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ainsi ces enqu&#234;tes ne participent qu'&#224; l&#233;gitimer un point de vue surplombant qui peut sacrifier les existences particuli&#232;res, celle-ci ne fait pas exception.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/007_perime_tre_dup_et_perimetre_projets-_2019.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH326/007_perime_tre_dup_et_perimetre_projets-_2019-605da.png?1771458041' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;P&#233;rim&#232;tre de la d&#233;claration &#034;d'utilit&#233;&#034; publique en 2019.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La lecture des conclusions de l'enqu&#234;te est plus facile, ce sont seulement deux tomes de 169 et de 50 pages ainsi qu'un tome d'annexes de 65 pages. Les enqu&#234;teurs &#233;num&#232;rent pr&#233;cis&#233;ment les 1763 contributions et se f&#233;licitent que cette &#171; tr&#232;s bonne &#187; participation &#171; t&#233;moigne de l'int&#233;r&#234;t croissant de la population pour tout ce qui touche son cadre de vie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pages 36 du 1er volume du rapport d'enqu&#234;te (Identification de l'enqu&#234;te (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et, avec pr&#232;s de 60% d'avis favorables (dont une faible partie avec r&#233;serve), cette enqu&#234;te semble couronner un long processus de concertation. Pourtant les associations impliqu&#233;es dans le processus &#171; ne se sentent pas &#233;cout&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pages 8 du 2nd volume du rapport d'enqu&#234;te (Identification de l'enqu&#234;te (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et elles &#233;mettent m&#234;me un avis d&#233;favorable. Qu'&#224; cela ne tienne l'information principale est l'adh&#233;sion. &#171; Contrairement &#224; la grande majorit&#233; des enqu&#234;tes publiques pour lesquelles les avis d&#233;favorables repr&#233;sentent bien souvent la quasi-totalit&#233; des contributions, &lt;strong&gt;cette enqu&#234;te donne un r&#233;sultat nettement plus &#233;quilibr&#233; en faveur des opinions favorables gr&#226;ce notamment &#224; la large implication des professionnels du b&#226;timent.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pages 40 du 1er volume du rapport d'enqu&#234;te (Identification de l'enqu&#234;te (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Voil&#224; donc une enqu&#234;te satisfaisante, malgr&#233; qu'une infime partie de la population concern&#233;e se soit exprim&#233;e, et ce dans un double d&#233;s&#233;quilibre : celui de l'absence des personnes directement concern&#233;es par les d&#233;molitions et celui de l'imposante pr&#233;sence d'organisations qui ont un b&#233;n&#233;fice mat&#233;riel imm&#233;diat. Si les commissaires enqu&#234;teur&#183;es reconnaissent que &#171; les nombreux d&#233;bats, qui ont eu lieu depuis une dizaine d'ann&#233;es n'aient pas permis de faire na&#238;tre un consensus, ils doivent &#234;tre salu&#233;s dans leur ensemble comme un remarquable exercice de co-construction du projet TESO (&#224; l'exception de la Tour). &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pages 21 du 1er volume du rapport d'enqu&#234;te (Identification de l'enqu&#234;te (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ainsi, nous n'apprenons pas grand-chose dans ce dossier si ce n'est que les promoteurs sont pour le projet, les habitant&#183;es sont contre et que les pouvoirs publics n'ont que de bonnes raisons de r&#233;aliser ce projet plus que n&#233;cessaire. Circulez, il n'y a rien &#224; voir !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, au terme de pr&#232;s d'une d&#233;cennie de rencontres, d'ateliers, de r&#233;unions publiques, le projet suit son cours. En mars 2025, l'&#238;lot cheminots &#8211; Saint Laurent est progressivement vid&#233; de ses habitant&#183;es &#224; l'instar de l'avenue de Lyon et de la rue du Maroc il y a quelques ann&#233;es. Il connaitra dans un avenir proche le m&#234;me sort que ces deux rues. Un seul b&#226;timent a &#233;t&#233; construit sur une ancienne emprise SNCF. Des travaux de terrassement, de voirie ou de r&#233;seaux, dont le sens est difficilement compr&#233;hensible, s'enchainent sans interruption. Les travaux de la tour d'Occitanie devraient commencer l'ann&#233;e prochaine et s'achever en 2030 selon son promoteur. Bien entendu tout cela d&#233;pend de l'&#233;conomie, nous ne sommes pas &#224; l'abri d'un retard, voire d'une annulation pure et simple, les voies du march&#233; sont imp&#233;n&#233;trables. Il faudra certainement attendre une d&#233;cennie au moins avant de voir la r&#233;alisation du projet pour le moins dans sa premi&#232;re phase et esp&#233;rer une pause dans les travaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'instant, il est toujours difficile d'avoir une id&#233;e pr&#233;cise de la forme qu'aura ce nouveau centre pour Toulouse M&#233;tropole. Est-ce qu'il sera plus r&#233;ussi que la place occitane qui a remplac&#233; le vieux quartier Saint George ? Il devait lui aussi &#234;tre un centre &#171; digne d'une capitale r&#233;gionale &#187;. Nous ne savons pas ce que nous r&#233;serve l'avenir, le pire n'&#233;tant jamais certain. Pourtant, ce que nous savons, c'est qu'au milieu de toute cette mobilisation citoyenne la vie a &#233;t&#233; rendue impossible dans ces quelques rues. En cela cette histoire est exemplaire du projet m&#233;tropolitain et correspond &#224; ce que disait Henri Lefebvre concernant la production de l'espace sp&#233;cifique au mode de production capitaliste : &#171; La mobilisation de l'espace devient fr&#233;n&#233;tique, et pousse jusqu'&#224; l'autodestruction des espaces, anciens et nouveaux. L'investissement et la sp&#233;culation ne peuvent s'arr&#234;ter, m&#234;me pas se ralentir : ronde, cycle infernal. (&#8230;) Elle d&#233;truit l'avenir au b&#233;n&#233;fice d'int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats et le pr&#233;sent au nom d'un avenir programm&#233; et pourtant incertain. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henri Lefebvre, La production de l'espace (Paris, France : &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Archives de la destruction de l'avenue de Lyon. La d&#233;molition de l'ilot Cheminot Saint Laurent est imminent &#224; l'heure d'&#233;crire ces lignes en f&#233;vrier 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aur&#233;lie Delage, &#171; Gare au standard ! Les nouveaux quartiers de gare TGV, produit d'appel pour des territoires en mal de reconnaissance ? &#187; Annale de la recherche urbaine, 113, 2018, pp. 150-165&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'empire urbain de la finance&lt;/i&gt;. Ludovic Halbert, Antoine Guironnet, ed. Amsterdam, 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aur&#233;lie Delage, &#171; Gare au standard ! Les nouveaux quartiers de gare TGV, produit d'appel pour des territoires en mal de reconnaissance ? &#187; d&#233;j&#224; cit&#233;. p. 152&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;union de concertation du 3 mars 2015, maison de la citoyennet&#233; des Minimes. Compte rendu disponible sur le site de l'am&#233;nageur Europolia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une densification cens&#233;ment vertueuse et un d&#233;veloppement des transports en commun soutient ce discours qui s'impose par son bon sens. Pourtant, aujourd'hui interroger les usagers des TER c'est d&#233;couvrir un univers de gal&#232;re fait de trains annul&#233;s et de retards quotidiens. Et concernant la densification, elle est plus une explosion de la rente fonci&#232;re qu'une mesure &#233;cologique. Pour aller plus loin sur les discours pseudo &#233;cologiques qui accompagnent le d&#233;veloppement des villes voir &lt;i&gt;Contre la ville durable&lt;/i&gt; de Matthieu Adam, Ed. Gr&#233;vis, Caen, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/archives-de-la-destruction-de-l-avenue-de-lyon&#034;&gt;L'archive de la destruction de l'avenue de Lyon&lt;/a&gt; d&#233;montre sans aucune ambigu&#239;t&#233; cette ignorance entretenue par de la d&#233;sinformation et des pressions directes sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Michel Fabre, Adjoint au Maire en charge de la D&#233;mocratie Locale et Adjoint du Secteur 3 &#8211; R&#233;union du 30 Octobre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Encore une fois l'effort critique pour comprendre, et tenter de changer, le court de l'am&#233;nagement autoritaire d&#233;pend des comptes rendus fabriqu&#233;s et mis en circulation par l'administration. Pour avoir un point de vue ancr&#233; dans la vie quotidienne des damn&#233;es de la r&#233;novation urbaine voir &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/archives-de-la-destruction-de-l-avenue-de-lyon&#034;&gt;l'archive de la destruction de l'avenue de Lyon&lt;/a&gt;. En particulier l'article &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/pascal-habitant-de-l-avenue-de-lyon&#034;&gt;Pascal, habitant de l'avenue de Lyon&lt;/a&gt; qui donne un aper&#231;u de la contestation dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le d&#233;tail des invitations :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1/3 de repr&#233;sentants de riverains soit 14 Associations et comit&#233; : Association l'E&#769;toile de Belfort ; Association Bien Vivre a&#768; Saint Aubin ; Association du quartier Chalets Roquelaine ; Comite&#769; de quartier des Ponts Jumeaux ; Association des coproprie&#769;taires de Pacherenc et Raisins ; Comite&#769; de quartier Minimes Barrie&#768;re de Paris ; Association Cheminots Saint Laurent ; Association Michel Ange ; Association &#238;lot Lapujade ; Association Marengo Bonnefoy ; Association7notrequartier ; Association Marengo Jolimont La Colonne ; Bayard Avenir ; Association des Commer&#231;ants et Artisans du Faubourg Bonnefoy (A.C.A.F.B.) Toulouse.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1/3 d'acteurs de la vie locale constitu&#233; par 14 institutions diverses : Conseil des Se&#769;niors ; Conseil de la Vie E&#769;tudiante ; Confe&#769;rence du Commerce et de l'Artisanat ; Conseil Toulousains des Re&#769;sidents E&#769;trangers (COTRE) ; Conseil de D&#233;veloppement Toulouse Me&#769;tropole (CoDev) ; Mission Locale ; Foyer des Jeunes Travailleurs de Jolimont ; Me&#769;diathe&#768;que Marengo ; Fe&#769;de&#769;ration Nationale des Associations d'Usagers des Transports (FNAUT) - De&#769;le&#769;gation Midi-Pyre&#769;ne&#769;es ; Mouvement des Entreprises DE France (MEDEF) Haute Garonne ; Union de&#769;partementale de la Confe&#769;de&#769;ration Ge&#769;ne&#769;rale du Travail (CGT) de Haute Garonne ; Handicap de&#769;fi &#8211; Association sportive midi toulousain ; Syndicat des Artisans Taxis de la Ville de Toulouse et de la Haute-Garonne (SAT 31) ; Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME 31).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1/3 constitu&#233; par 11 Institution qualifi&#233; de &#171; professionnels de l'am&#233;nagement &#187; mais en r&#233;alit&#233; assez disparate : Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) ; Chambre des Me&#769;tiers et de l'Artisanat de la Haute-Garonne ; P&#244;le de Recherche et d'Enseignement Supe&#769;rieur (PRES) ; SoToulouse ; Observatoire Toulousain d'Immobilier d'Entreprise (OTIE) ; Association des Professionnels de l'Urbanisme de Midi-Pyre&#769;ne&#769;es (APUMP) ; Centre Me&#769;ridional de l'Architecture et de la Ville (CMAV) ; Ordre des Architectes ; E&#769;cole Nationale Supe&#769;rieur d'Architecture de Toulouse (ENSA) ; Union Sociale pour l'Habitat (USH) ; Fe&#769;de&#769;ration Re&#769;gionale des Promoteurs Immobiliers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Atelier du 25/09 logistique urbaine ; le 09/10 situation sociod&#233;mographique &#224; l'int&#233;rieur du p&#233;rim&#232;tre d'&#233;tudes &#224; partir de l'exploitation des donn&#233;es de l'INSSE du recensement de 2009. Les 3 ateliers suivants porteront sur les diff&#233;rentes composantes du projet urbain : Le 30/10 : la programmation ; 20/11 : le P&#244;le d'Echanges Multimodal, et le 11/12 : l'accessibilit&#233; et les premi&#232;res orientations du projet urbain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;27 janvier ; 3 et 31 mars ; 20 avril et 19 mai&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;- Des associations de quartier, toujours tr&#232;s nombreuses, mais qui peuvent tout aussi bien &#234;tre des regroupements d'habitant&#183;es que des commer&#231;ant&#183;es : association 7 notre quartier ; association Amiti&#233; Bayard ; association Bayard Avenir ; Association Bien Vivre &#224; Saint Aubin ; association Bourse des Jacobins ; association Cheminots Saint Laurent ; Association des Commer&#231;ants et Artisans du Faubourg Bonnefoy de Toulouse (ACAFB) ; Association des copropri&#233;taires de Pacherenc et Raisins ; association du quartier Chalets Roquelaine ; association Etoile de Belfort ; association Marengo Jolimont La Colonne ; association Michel Ange ; association Ilot Lapujade ; Collectif Barthe &#8211; La Salade ; Comit&#233; de quartier de Lalande ; Comit&#233; de quartier Nord Minimes Barri&#232;re de Paris ; Union des comit&#233;s de quartier et associations de d&#233;fense et d'action pour le cadre vie dans l'agglom&#233;ration toulousaine (UCQ).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des regroupements professionnels : Associations des Professionnels de l'Urbanisme de Midi-Pyr&#233;n&#233;es (APUMP) ; Chambre de Commerce et d'Industrie de Toulouse (CCIT) ; Chambre de M&#233;tiers et de l'Artisanat de la Haute-Garonne ; F&#233;d&#233;ration r&#233;gionale des Promoteurs Immobiliers (FPI) ; Ordre des architectes - Maison de l'Architecture ; Observatoire Toulousain de l'Immobilier d'Entreprise (OTIE), EuroSudTransport. -	Des institutions publiques ou para publiques : Conseil de D&#233;veloppement Toulouse M&#233;tropole (CoDev) ; Conseil &#201;conomique, Social et Environnemental R&#233;gional Midi-Pyr&#233;n&#233;es (CESER) ; Universit&#233; Toulouse - Toulouse Campus
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin plus difficilement classable : le foyer des Jeunes Travailleurs Jolimont (d&#233;m&#233;nag&#233; depuis) ; Groupement pour l'Insertion des Personnes Handicap&#233;es Physiques (GIHP) Midi- Pyr&#233;n&#233;es ; Handicap d&#233;fi &#8211; Association sportive midi toulousain ; Toulouse Lalande Omnisports (TLO).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte est issu du diaporama de synth&#232;se disponible sur le site de l'am&#233;nageur europolia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;mi Lefebvre, &#171; La d&#233;mocratie participative absorb&#233;e par le syst&#232;me politique local &#187;, M&#233;tropolitiques, 29 octobre 2012, &lt;a href=&#034;https://www.metropolitiques.eu/La-democratie-participative.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.metropolitiques.eu/La-democratie-participative.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un souci de clart&#233; nous passons les chiffrages pr&#233;sents dans le texte original en note : Lyon (900 000 m2 autour de la gare Part-Dieu dans la 1&#232;re tranche, 600 000 m2 dans la 2&#232;me), Lille (350 000 m2 de bureaux sur une centaine d'hectares &#224; Euralille). Pour m&#233;moire le projet TESO pr&#233;voit (ou pr&#233;voyait) 300 000 m2 de bureau en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Dans les administrations fran&#231;aises, une prise de conscience que la conflictualit&#233;&#769; croissante entourant la pr&#233;paration des projets complexifie les processus d&#233;cisionnels, &#233;merge progressivement ; la mise en discussion publique des grandes op&#233;rations d'infrastructures puis d'am&#233;nagement urbain se pr&#233;sente comme un &#034;imp&#233;ratif de l'action publique&#034; (Bacque&#769;, Gauthier, 2011). La r&#233;gulation centralis&#233;e n'apparait plus ni pertinente politiquement, ni performante socialement, ce qui conduit a&#768; ouvrir quelque peu les processus d&#233;cisionnels aux habitants. &#187; GARDESSE Camille, ZETLAOUI-LEGER Jodelle, &#034;Citizen participation, an essential lever for urban transformation in France ?&#034;, in Quintin Bradley, Sue Brownill eds, &lt;i&gt;Neighbourhood Planning and Localism : Power to the People ?&lt;/i&gt; Policiy Press, Bristol, UK, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article L 103-2 pour les afficionados des codes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous ne voulons pas entrer ici dans les d&#233;tails de politiquaillerie qui nous feraient glisser sur le terrain des intentions. Nous pr&#233;f&#233;rons nous en tenir &#224; une m&#233;thode mat&#233;rialiste qui &#171; consiste avant tout &#224; examiner n'importe quel fait humain en tenant compte bien moins des fins poursuivies que des cons&#233;quences n&#233;cessairement impliqu&#233;es par le jeu m&#234;me des moyens mis en usage. &#187; Simone Weil, R&#233;flexions sur la guerre, &#338;uvres, Gallimard, Paris, 1999, p. 455&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le m&#234;me temps o&#249;, derri&#232;re les portes closes de la m&#233;tropole, les urbanistes font travailler les &#233;nergies citoyennes, dans les quartiers concern&#233;es le m&#233;contentement se fait plus pr&#233;sent, une &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/pascal-habitant-de-l-avenue-de-lyon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;chronologie d&#233;taill&#233;e est lisible ici&lt;/a&gt;. D&#232;s 2013 un &lt;a href=&#034;https://iaata.info/Un-train-peut-en-cacher-un-autre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;documentaire sonore est r&#233;alis&#233;, il documente la situation&lt;/a&gt;. On y entend la parole d'habitants inquiet face &#224; une transformation qu'ils acceptent comme in&#233;luctable. Par exemple : &#171; Quand ils vont raser &#231;a on va partir o&#249; ? C'est &#231;a le probl&#232;me&#8230; On est mal barr&#233;. Malgr&#233; qu'ils nous donnent je ne sais pas combien, on ne trouvera jamais un coin comme ici, on est bien&#8230; voil&#224;. L'&#201;tat c'est l'&#201;tat, c'est eux qui d&#233;cident. &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi la Campagne de R&#233;quisition pour l'Entraide et l'Autogestion qui occupe de nombreux b&#226;timents et proclame : &#171; Bienvenue &#224; Bonnefo&#239;, quartier en lutte. Ni expulsions, ni LGV. Quartier autog&#233;r&#233; ! &#187; Voir &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/une-histoire-de-la-crea' class=&#034;spip_in&#034;&gt;une histoire de la CREA&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les parall&#232;les avec les discours sur le quartier Saint Georges sont saisissants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Diff&#233;rents t&#233;moignages ont &#233;t&#233; recueillis et une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e en 2019 en porte &#224; porte a pu montrer le tr&#232;s bon &#233;tat d'une bonne partie du b&#226;tit restant habit&#233;. C'est bien l'abandon qui a abim&#233; ce quartier. La violence de l'abandon d&#233;j&#224; vu dans le quartier Saint-Georges, mais aussi par les t&#233;moignages des habitant&#183;es de l'avenue de Lyon et qui est une pratique courante comme le donne &#224; entendre le documentaire Personne ne se souviendra de nous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://codev-toulouse.org/accueil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conseille de d&#233;veloppement de Toulous M&#233;tropole&lt;/a&gt; &#233;tablit par la loi en 2013, ce conseil r&#233;uni 220 personnes dans des groupes de travail. Il est pr&#233;sid&#233; depuis sa cr&#233;ation par Marie Christine Jaillet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien r&#233;alis&#233; le jeudi 8/11/2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Actu Toulouse 25 Octobre 2016. &lt;a href=&#034;https://actu.fr/societe/vers-un-immeuble-de-150-metres-de-haut-pres-de-la-gare-de-toulouse-matabiau_3762228.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://actu.fr/societe/vers-un-immeuble-de-150-metres-de-haut-pres-de-la-gare-de-toulouse-matabiau_3762228.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;O&#249; en est la tour ? Jamais vraiment assur&#233; d'advenir mais jamais annul&#233; non plus ce projet interroge. Tellement grotesque qu'il semble irr&#233;el et que beaucoup n'y croit pas. Pour suivre son actualit&#233; il y a un site de promotion : &lt;a href=&#034;https://occitanietower.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://occitanietower.com/&lt;/a&gt; il faut savoir y lire un peu entre les lignes. Il existe aussi un forum pour les afficionados des Immeubles de grande hauteur o&#249; des gens bien inform&#233;s &#233;changent sur ces questions : &lt;a href=&#034;https://www.pss-archi.eu/forum/viewtopic.php?id=34502&amp;p=31&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pss-archi.eu/forum/viewtopic.php?id=34502&amp;p=31&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il convient de mettre des guillemets &#224; ce termes tant les pressions et la d&#233;sinformation sont centrales dans les d&#233;marches pr&#233;datrices de l'&#233;tablissement pour acqu&#233;rir le foncier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un programme en architecture &#171; d&#233;finit l'objectif de l'op&#233;ration et les besoins qu'elle doit satisfaire ainsi que les contraintes et exigences de qualit&#233; sociale, urbanistique, architecturale, fonctionnelle, technique et &#233;conomique, d'insertion dans le paysage et de protection de l'environnement, relatives &#224; la r&#233;alisation et &#224; l'utilisation de l'ouvrage &#187; (wikip&#233;dia)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;ric Graber, Inutilit&#233; publique. Histoire d'une culture politique fran&#231;aise., &#201;ditions Amsterdam (Paris, 2022), 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pages 36 du 1er volume du rapport d'enqu&#234;te (Identification de l'enqu&#234;te publique : E 18000187/31) Juillet 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pages 8 du 2nd volume du rapport d'enqu&#234;te (Identification de l'enqu&#234;te publique : E 18000187/31) Juillet 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pages 40 du 1er volume du rapport d'enqu&#234;te (Identification de l'enqu&#234;te publique : E 18000187/31) Juillet 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pages 21 du 1er volume du rapport d'enqu&#234;te (Identification de l'enqu&#234;te publique : E 18000187/31) Juillet 2019. Une exception de taille tout de m&#234;me, d'abord pour les 150 metres de cette tour et ensuite parce que c'est un symbole et un r&#233;sum&#233; de l'esprit du projet. On pourrait dire que nous avons parl&#233; de tout sauf de l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henri Lefebvre, &lt;i&gt;La production de l'espace &lt;/i&gt; (Paris, France : &#201;ditions Anthropos, 1974), p.388.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les organisations de quartier, de la lutte &#224; l'int&#233;gration</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/les-organisations-de-quartier-de-la-lutte-a-l-integration</link>
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		<dc:date>2025-04-03T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>1970-1979</dc:subject>
		<dc:subject>1980-1989</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les organisations de quartier sont tr&#232;s vite confront&#233; &#224; une question cruciale : faut-il s'inscrire dans la vie politique locale ou au contraire tenter de forger des alliances dans les luttes pour porter un autre projet de soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/archeologie-du-projet-metropolitain" rel="directory"&gt;Arch&#233;ologie du projet m&#233;tropolitain&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/luttes-sociales" rel="tag"&gt;Luttes sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/1970-1979" rel="tag"&gt;1970-1979&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/1980-1990" rel="tag"&gt;1980-1989&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH130/logo2-07a73.jpg?1771458041' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La multiplication des constructions, l'implantation de nouvelles activit&#233;s, la r&#233;organisation des circulations, les destructions&#8230; Les motifs de mobilisation ne manquent pas dans la ville boulevers&#233;e par l'am&#233;nagement. Des regroupements locaux prennent forme d&#232;s les ann&#233;es 50. Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, une Union des Comit&#233;s de Quartier (UCQ) s'organise et se trouve d&#232;s sa cr&#233;ation en prise &#224; une discussion sur le rapport avec les pouvoirs publics en particulier locaux. Faut-il s'inscrire dans la vie politique locale ou au contraire tenter de forger des alliances dans les luttes pour porter un autre projet de soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le CRU a d&#233;j&#224; livr&#233; une premi&#232;re &#233;bauche de l'histoire de l'UCQ dans le documentaire sonore &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/lutte-des-berges-de-la-garonne-et-union-des-comites-de-quartier' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La forme d'une ville h&#233;las #2 Luttes urbaines &#224; Toulouse&lt;/a&gt;. On peut y entendre une histoire chorale racont&#233;e par des acteurs et actrice de cette union d'hier et d'aujourd'hui. Ces r&#233;cits montrent que les comit&#233;s &#233;taient alors fond&#233;s &#224; partir de luttes sp&#233;cifiques (contre des am&#233;nagements, des implantations industrielles, etc.) et qu'ils avaient particip&#233; &#224; politiser les questions d'am&#233;nagement et d'urbanisme. On y entend la mani&#232;re dont ces mobilisations qui, si elles n'ont pas chang&#233; le cours profond de la production de l'espace m&#233;tropolitain, ont emp&#234;ch&#233; quelques horreurs urbaines. On y per&#231;oit aussi comment la technicit&#233; et la complexit&#233; de ces questions conduit &#224; une sp&#233;cialisation des militant&#183;es et &#224; une approche de plus en plus cogestionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux articles que nous avons publi&#233;s pr&#233;c&#233;demment montrent comment au d&#233;but des ann&#233;es 80 une forme de conflictualit&#233; avec le pouvoir est assum&#233;e. &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/pour-un-autre-urbanisme-a-toulouse-positions-de-l-union-des-comites-de-quartier' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'Union des Comit&#233;s de Quartier y envisage&lt;/a&gt; la participation organis&#233;e par la mairie comme de la &#171; d&#233;magogie &#187;, les enqu&#234;tes publiques comme des &#171; simulacres &#187;. L'urbanisme y est consid&#233;r&#233; comme relevant du &#171; profit &#187;, du &#171; m&#233;pris &#187;, du &#171; contr&#244;le social &#187; et du &#171; prestige &#187;. On voit aussi tr&#232;s nettement la mani&#232;re dont la contestation est amen&#233;e sur un terrain technique. En particulier, le &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/la-zup-de-rangueil-histoire-d-un-devoiement-et-d-une-revolte-1983' class=&#034;spip_in&#034;&gt;texte sur la ZUP de Rangueil&lt;/a&gt; enchaine un nombre de sigles digne d'un document d'urbanisme. On peut lire l&#224; les pr&#233;misses d'une sp&#233;cialisation et d'un tournant gestionnaire qui marque profond&#233;ment les discours et les actions des comit&#233;s de quartier de nos jours. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, &lt;a href=&#034;https://ucq-toulouse.fr/?p=287&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les propositions faites par l'UCQ aux candidats aux &#233;lections municipales de 2020&lt;/a&gt; o&#249; la question principale est celle de la participation et de la concertation dans les d&#233;cisions prises par la municipalit&#233;. Quand les comit&#233;s ne sont pas impliqu&#233;s dans des &lt;a href=&#034;https://www.comite-de-quartier-minimes-barriere-de-paris.org/prostitution-barriere-de-paris-excedes-des-riverains-lancent-une-petition/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mobilisations r&#233;actionnaires contre les travailleuses et travailleurs du sexe&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;https://www.comite-de-quartier-minimes-barriere-de-paris.org/petition-contre-le-projet-de-residence-sociale-adoma-adonis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les r&#233;sidences sociales&lt;/a&gt;. Dans tous les cas nous sommes bien loin de la volont&#233; de rupture avec un urbanisme du &#171; profit et de l'in&#233;galit&#233; sociale &#187; et de la recherche d'une &#171; ville autrement construite afin de r&#233;pondre aux aspirations de la grande majorit&#233; des citadins &#224; une vie meilleure. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conclusion de Pour un autre urbanisme &#224; Toulouse : positions de l'Union des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voudrions ici remonter le temps pour tenter de d&#233;plier les discours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous savons que les &#233;crits, et d'autant plus quand nous n'en avons que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la rationalit&#233; qui sous-tendait la critique d'alors, pour pouvoir comprendre son &#233;clipse actuelle. Pour ce faire, nous allons &#233;tudier les documents produits par l'UCQ lors de s&#233;minaires d'&#233;tude o&#249; &#233;taient abord&#233;es les questions de fond et la strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale, en particulier envers les pouvoirs publics. Nous nous int&#233;resserons ensuite &#224; l'analyse qui est faite &#224; ce moment-l&#224; de la strat&#233;gie du pouvoir et du r&#244;le sp&#233;cifique de l'&#233;chelon municipal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/ucq-luttesurbains_a_toulouse-1977.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH712/ucq-luttesurbains_a_toulouse-1977-bb19a.jpg?1771455671' width='500' height='712' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Liste de luttes urbaines &#224; Toulouse &#233;tablit par l'UCQ en 1977
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Ne pas participer au renouveau de la vie municipale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des Toulousains, plus nombreux qu'on ne le croit, s'int&#233;ressent au d&#233;veloppement de leur ville et veulent contribuer au mieux-vivre de l'ensemble des citadins. Ils se sentent en permanence responsables du devenir de leur quartier. Des associations d'&#233;tude et de d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral des quartiers existent &#224; Toulouse depuis plusieurs ann&#233;es. Un certain nombre d'entre elles se sont group&#233;es &#8212; depuis le 8 mai 1970 &#8212; dans une &#8220;Union des Comit&#233;s de quartier de Toulouse&#8221;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait du compte rendus du &#171; s&#233;minaire d'&#233;tude de l'UCQ des 12 et 13 juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes alors trois ans apr&#232;s l'&#233;bullition de 1968 et Toulouse est alors secou&#233;e par des mouvements sociaux tr&#232;s forts. Le compte rendu de ce s&#233;minaire relatif &#224; la premi&#232;re fondation de l'union, qui en comptera deux en 1970 et 1976, rapporte la pr&#233;sence de plus de 40 personnes venues tr&#232;s nombreux quartiers. Tous sont soumis &#224; des transformations profondes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On retrouve en signature des comit&#233;s membre de l'UCQ depuis sa formation en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et marqu&#233;s par des luttes sur des questions d'am&#233;nagement : la construction d'un fondoir de graisse dans les quartiers nord, l'implantation d'une gravi&#232;re d&#233;charge aux Sept deniers ; mais aussi des luttes sociales ou politiques : les licenciements &#224; l'ONIA (AZF) pour le comit&#233; pointe rocades, un bateau pour le Vietnam pour le comit&#233; Amidonnier. Le quartier Marengo est confront&#233; &#224; une op&#233;ration de r&#233;novation : un comit&#233; y existait depuis 1958, mais il &#233;tait compos&#233; de gros propri&#233;taires terriens et, en 1962 un autre est cr&#233;&#233;, le &#171; syndicats de propri&#233;taires et occupants, ex-cheminots disposant de petits lots b&#226;tis &#187;. L'un des comit&#233;s s'interroge sur l'opportunit&#233; d'afficher ou non son caract&#232;re anticapitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous int&#233;ressons ici plus particuli&#232;rement au compte rendu de la commission r&#233;pondant &#224; la question : &#171; Quelle attitude les comit&#233;s de quartier doivent-ils adopter &#224; l'&#233;gard des pouvoirs &#8220;publics&#8221; ? &#187; La commission dit pr&#233;f&#233;rer l'expression de &#171; pouvoirs constitu&#233;s &#187;, car &#171; ils n'ont souvent de public que le nom, tant leur fonctionnement et les d&#233;cisions prises semblent &#233;loign&#233;s des pr&#233;occupations de l'ensemble de la population. &#187; D&#233;montrant par l&#224; d'une d&#233;fiance assum&#233;e qui se lit encore plus clairement dans la description qu'elle en fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#171; pouvoirs constitu&#233;s &#187; sont ainsi caract&#233;ris&#233;s par :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La hi&#233;rarchie bureaucratique cloisonn&#233;e qui emp&#234;che d'identifier qui d&#233;cide. &#171; Ces structures entra&#238;nent le d&#233;veloppement de relations personnelles qui fonctionnent toujours dans le m&#234;me sens au profit de quelques-uns les mieux inform&#233;s et au d&#233;triment de l'ensemble du public. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La confusion des comp&#233;tences entre municipalit&#233;, pr&#233;fecture, &#233;quipement&#8230; &#192; qui s'adresser pour &#233;viter d'&#234;tre &#171; renvoy&#233; &#187; d'un endroit &#224; l'autre.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La confiscation du pouvoir municipal et le d&#233;voiement de la d&#233;mocratique en d&#233;l&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission remarque que lors de la campagne pour les municipales de 1971, les candidats se sont adress&#233;s aux comit&#233;s de quartier et &#171; se sont engag&#233;s &#224; d&#233;multiplier les rouages municipaux et &#224; cr&#233;er des commissions extra ou para municipales. Ils ont compris qu'il fallait avoir l'oreille &#224; la population. &#187; Elle insiste (en soulignant) que &#171; les comit&#233;s repr&#233;sentent &lt;strong&gt;une force&lt;/strong&gt; en mobilisant sur des &lt;strong&gt;probl&#232;mes concrets&lt;/strong&gt;. Qu'ils doivent garder une forme d'organisation souple et &lt;strong&gt;n'avoir de contacts que lorsqu'ils sont n&#233;cessaires&lt;/strong&gt; avec la municipalit&#233;. &#187; Et de pr&#233;ciser que &#171; les comit&#233;s de quartier n'ont pas &#224; suppl&#233;er une administration d&#233;pass&#233;e par la croissance urbaine. &#187; Plus loin, il est explicitement pr&#233;cis&#233; que les comit&#233;s ne doivent pas &#171; r&#233;nover la vie municipale &#187;, mais qu'il faut &#171; cr&#233;er des structures nouvelles de vie locales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;181&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/001_cabu-toulouse-environsanne_e1990.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH377/001_cabu-toulouse-environsanne_e1990-051c5.jpg?1771458042' width='500' height='377' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dessin r&#233;alis&#233; par Cabu
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Archives municipales, non dat&#233;, la r&#233;f&#233;rence au travaux du m&#233;tro permet de situer la date entre 1989 le d&#233;but des travaux du m&#233;tro et 1993 leur ach&#232;vement.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des structures nouvelles de la vie locale ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces structures &#171; nouvelles &#187; sont analys&#233;es dans une autre commission lors du m&#234;me s&#233;minaire. L&#224; encore, il est important d'en reproduire de larges extraits pour bien saisir les questions qui agitent les comit&#233;s : celles du rapport &#224; la politique et de l'articulation entre la r&#233;action imm&#233;diate et localis&#233;e face &#224; une question pr&#233;cise, et la strat&#233;gie &#224; plus long terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est g&#233;n&#233;ralement un besoin mat&#233;riel imm&#233;diat qui, au d&#233;part, mobilise les habitants. Au-del&#224; de revendications et de succ&#232;s de petite envergure, comment trouver un second souffle, accrocher la grande masse ? Comment parvenir &#224; la prise de conscience d'une solidarit&#233; locale ? C'est le r&#244;le du Comit&#233; de quartier. Proposant des actions et des r&#233;flexions en commun, il permet une meilleure connaissance entre tous. Il a un souci d'information et d'&#233;ducation politique (au sens large du mot). Mais le but d'un Comit&#233; est-il de r&#233;former la soci&#233;t&#233; ou de s'occuper des questions propres au quartier, mineures par rapport aux probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux d'ensemble ? Dire qu'un Comit&#233; est &#8220;apolitique&#8221; signifie qu'il n'est &#224; la remorque d'aucun parti politique. Lors de la mise en commun, une pr&#233;cision est apport&#233;e : tout probl&#232;me local n'est pas uniquement technique. Il a des incidences financi&#232;res, ce qui entra&#238;ne des choix, des orientations fondamentales, c'est-&#224;-dire &lt;strong&gt;une&lt;/strong&gt; politique. (Soulign&#233; dans l'original)&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, exiger la priorit&#233; pour les transports en commun, c'est une option politique : on choisit un service public pour tous, et non la rentabilit&#233; d'une affaire priv&#233;e ou l'int&#233;r&#234;t des seuls possesseurs de v&#233;hicules individuels. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre question qui remonte de la commission est la relation aux autres associations. On peut voir encore une fois une r&#233;flexion sur la forme et le fond de la politique et qui se situe clairement, &#224; notre jug&#233;e, dans l'espace et les termes de l'intervention politique et syndicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; [Le comit&#233;] n'a pas &#224; se substituer &#224; elles ou &#224; les coiffer. Il joue un r&#244;le de catalyseur et de coordinateur : il provoque et stimule le regroupement des associations pour une action commune pr&#233;cise. Au-del&#224; du spontan&#233;isme et d'action de masse momentan&#233;e, il assure la continuit&#233; : il garde le souci permanent de faire aboutir ou de relancer les actions en cours, il garde le contact avec les associations et l'ensemble de la population. La minorit&#233; agissante de ses animateurs n'a pas &#224; s'imposer ni &#224; &#8220;agir pour&#8221; ou &#224; &#8220;la place de&#8221;. Il veut contribuer &#224; animer la vie locale, par la pratique d'une d&#233;mocratie de participation de tous les habitants qui ont &#224; prendre en charge eux-m&#234;mes la vie de leur quartier. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le r&#244;le des comit&#233;s, trois tendances sont identifi&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La neutralit&#233; politique pour donner la place &#224; tous et toutes, quelles que soient leurs opinions, dans la r&#233;solution de probl&#232;me concret ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La priorit&#233; &#224; l'information, il faut identifier les carences, d&#233;signer les responsables pour conduire &#224; une prise de conscience de la n&#233;cessit&#233; de l'engagement individuel dans les organisations constitu&#233;es (autres que le comit&#233;). Il n'y a pas de prise de position en tant que groupe.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La prise de partie assum&#233;e, le comit&#233; ne peut pas d&#233;fendre tous les int&#233;r&#234;ts sans distinction. Il doit avoir une orientation sans ambigu&#239;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trois tendances vont amener &#224; des r&#233;flexions diff&#233;rentes quant aux rapports aux efforts de l'institution municipale pour int&#233;grer dans son giron ces contradictions. Trois orientations sont &#233;nonc&#233;es :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il faut y participer de peur que d'autres y participent et soient &#171; facilement manipul&#233;es &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il faut y aller pour s'informer et les quitter si &#171; le conseil municipal refuse de dialoguer ou d'agir &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il ne faut pas renoncer &#224; toute relation. &#171; Il n'est pas n&#233;cessaire de faire partie de commissions institutionnalis&#233;es pour exposer les besoins collectifs des quartiers. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, d'une commission &#224; l'autre s'expriment des divergences quant &#224; l'attitude &#224; avoir vis-&#224;-vis des &#171; pouvoirs constitu&#233;s &#187;, une ambigu&#239;t&#233; qui va perdurer lors de la seconde fondation de l'Union.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;div class='spip_document_1263 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;93&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/002_parles_luttes-vivreluttertoulouse1980.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH687/002_parles_luttes-vivreluttertoulouse1980-c1580.jpg?1771458042' width='500' height='687' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extrait d'un article &#034;vivre et lutter &#224; Toulouse&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Journal non identifi&#233;, date d&#233;duite 1980.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ambigu&#239;t&#233;s du &#171; dialogue &#187; municipal&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors des journ&#233;es d'&#233;tude inter-comit&#233;s de quartier du 7 novembre 1976, apr&#232;s la reformation de l'UCQ donc, une commission rel&#232;ve deux tendances :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La premi&#232;re estime pouvoir acc&#233;der &#224; l'information et infl&#233;chir certains projets. Ne remettant pas en cause ces projets, elle essaie de faire accepter certaines modifications et y parvient quelquefois. La 2&#232;me tendance ayant conscience que ce contre quoi on lutte fait partie d'une politique globale avec laquelle on n'est pas d'accord, s'oppose &#224; la r&#233;alisation de certains projets (circulation, transports...) et fait des propositions faisant apparaitre une politique globale toute diff&#233;rente. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Compte rendu dactylographi&#233; &#171; Journ&#233;e d'&#233;tude inter-comit&#233; de quartier du 7 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On retrouve un condens&#233; de ces options dans les orientations de l'UCQ &#233;labor&#233;es entre novembre et d&#233;cembre 1976, sous la forme d'une plateforme qui pose d'abord la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;ponse globale &#171; face &#224; une agression g&#233;n&#233;rale contre les conditions de vie des toulousains &#187; dues &#224; &#171; un urbanisme bas&#233; sur la s&#233;gr&#233;gation sociale par l'argent &#187;. Mais elle avance aussi des solutions fond&#233;es sur la cogestion : &#171; contr&#244;le du prix des terrains et de leurs affectations &#187; par la collectivit&#233; pour &#233;viter la sp&#233;culation, la s&#233;gr&#233;gation sociale, les longs d&#233;placements domicile-travail. &#171; Droit aux infrastructures de bases et priorit&#233; aux transports en commun &#8220;fr&#233;quents rapides, non polluants, &#224; plus long terme gratuits, et assurant de bonnes liaisons inter-quartiers.&#8221; Droit au logement d&#233;cent &#224; des &#8220;prix en rapport avec les revenus des habitants&#8221;. &#187; L'UCQ r&#233;sume cela comme &#171; la mise en place de v&#233;ritables pouvoirs de d&#233;cision et de contr&#244;le attribu&#233;s aux habitants et associations tout au long des &#233;tapes de r&#233;alisation des projets retenus. &#187; Et elle termine en affirmant sa volont&#233; d'autonomie vis-&#224;-vis de l'&#201;tat et &#171; de ses administrations &#187;, mais en revendiquant des moyens de fonctionnement. &#171; Ils [les comit&#233;s de quartier] veilleront &#224; &#233;viter toute int&#233;gration politique ou pratique et toute &#8220;r&#233;cup&#233;ration&#8221; de leurs initiatives. Ceci tout en recherchant un dialogue permanent d&#232;s lors que le droit de proposition, de d&#233;cision et de contr&#244;le leur est reconnu. Avec le m&#234;me souci d'autonomie, l'union s'efforcera d'&#233;tablir des liaisons avec les syndicats ouvriers et les organisations paysannes dans la mesure o&#249; la d&#233;fense du cadre de vie et des conditions de travail sont n&#233;cessairement li&#233;es et compl&#233;mentaires. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette ambigu&#239;t&#233; entre volont&#233;s d'institutionnalisation dans le cadre du dialogue social et volont&#233; d'autonomie se lit encore dans un appel de l'UCQ autour des &#233;lections municipales de 1977 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quel que soit le r&#233;sultat des &#233;lections municipales de mars il est d'ores et d&#233;j&#224; acquis que l'&#233;quipe aux leviers de commande du Capitole trouvera en face d'elle des interlocuteurs organis&#233;s et combatifs, d&#233;cid&#233;s &#224; repr&#233;senter &#8212; loyalement, mais sans complaisance &#8212; les aspirations, les int&#233;r&#234;ts des habitants group&#233;s au sein des associations. &#187; Et de se peindre en acteur s&#233;rieux et inform&#233; loin des anciens comit&#233;s de quartier &#171; du style &#8220;bal &#224; papa, vestiaire des bonnes &#339;uvres et go&#251;ter du troisi&#232;me &#226;ge&#8221; &#187; qui sont &#171; de l'histoire ancienne... hormis, naturellement, ces comit&#233;s de fa&#231;ade mont&#233;s en guise de faire-valoir de gens en place. (&#8230;) Ayant su d&#233;passer leurs objectifs individuels pour aborder, dossiers en main, le stade des int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la population toulousaine, les groupements d'habitants se sentent et se veulent davantage responsables, se veulent et se sentent davantage pris au s&#233;rieux. &#187; Cette option &lt;i&gt;citoyenniste&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la posture citoyenniste, ce sont les citoyennes et citoyens &#8212; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui implique une pratique de rencontre r&#233;guli&#232;re avec la municipalit&#233; en particulier, cohabite avec une critique assez virulente des efforts du pouvoir pour contr&#244;ler par le biais de la participation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;180&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/png/003_rene_lenoir-ta_p_1977-_31_.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH252/003_rene_lenoir-ta_p_1977-_31_-c0965.png?1771458042' width='500' height='252' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extrait publi&#233; dans Territoire &#224; Prendre n&#176;1 page 31.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Rene&#769; Lenoir a &#233;t&#233; Secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'Action Sociale de Val&#233;rie Giscard d'Estaing (Gouvernement Chirac) 1974 &#8211; 1978.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Une critique forte de l'instrumentalisation des associations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1977 la revue Territoire &#224; Prendre (TAP) publi&#233; par le Groupe d'Information Am&#233;nagement (GIAM)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le GIAM &#8212; Toulouse est une &#233;quipe locale et r&#233;gionale n&#233;e en 1976 associ&#233;e &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, alors membre de l'UCQ, fait para&#238;tre un num&#233;ro sp&#233;cial intitul&#233; &#171; L'enjeu municipal &#187;. Ce num&#233;ro critique la construction d'un pouvoir municipal qui serait une recomposition de la bourgeoisie locale pour s'emparer du pouvoir communal.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le POS, avec tous les autres &#233;l&#233;ments d'une politique d'urbanisme et d'am&#233;nagement (SDAU, PAR&#8230;), r&#233;pond &#224; une finalit&#233; : r&#233;tablir le consensus, un large accord au sein de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Pour cela, il met en avant deux axes :&lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176; &#233;laborer l'image d'une ville ou d'une commune bien organis&#233;e, bien faite, o&#249; tout le monde trouvera sa juste place, o&#249; toutes les difficult&#233;s seront progressivement r&#233;solues ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176; int&#233;grer les revendications, les aspirations diffuses des habitants pour le contr&#244;le de leur cadre de vie, en les canalisant par la participation. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Territoire &#224; Prendre n&#176;1, L'enjeu municipal, F&#233;vrier 1977, p. 2&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et plus loin de mani&#232;re plus explicite : &#171; L'institution municipale tend &#224; la dilution de la lutte des classes, pis encore &#224; sa n&#233;gation. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem. p. 22&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les auteurs soulignent qu'il ne s'agit pas d'une simple recomposition locale que l'on pourrait mettre sur le compte d'une recomposition du pouvoir des notables. Pour cela ils font appel &#224; la lecture de deux rapports gouvernementaux : le rapport Guichard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport de la commission de d&#233;veloppement des responsabilit&#233;s locales (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et le rapport Delmon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;vrier 1976, Pierre Delmon, pr&#233;sident des Houill&#232;res du Nord et du Pas de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le premier, part de l'affirmation que la d&#233;concentration n'est plus suffisante, quant au second, il vise &#224; intensifier une &#171; vie associative de qualit&#233; &#187;, garante d'un v&#233;ritable dialogue avec les &#171; pouvoirs publics &#187;. Le r&#233;sultat, c'est l'int&#233;gration du monde associatif des &#171; usagers &#187; dans le &#171; jeu des partenaires de l'am&#233;nagement. (&#8230;) Que la contestation se transforme, par la n&#233;gociation, en concertation ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Territoire &#224; Prendre n&#176;1, L'enjeu municipal, F&#233;vrier 1977, p. 29&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus encore, l'organisation associative doit devenir un suppl&#233;tif du pouvoir municipal : &#171; Les associations, miracle ! contribuent &#224; la vie sociale qui s'&#233;tait tant appauvrie ! Instrument de d&#233;fense. Mieux, elle est l'opposition de sa Majest&#233;, le contre-pouvoir indispensable sans lequel ni le maire, ni le conseil municipal n'auraient d'instrument de d&#233;tection et de mesure de l'opinion. Combler les lacunes d'organisation sociale, l'association va plus loin : elle constate la carence, suppl&#233;e, puis devient un ferment, sensibilise l'opinion, bouscule les structures et les am&#232;ne &#224; secr&#233;ter plus de vie et &#224; prendre en charge l'&#233;quipement qui manquait. &#187; La mesure 25 du rapport Delmon encourage le b&#233;n&#233;volat qui a l'int&#233;r&#234;t de &#171; mobiliser l'&#233;nergie et la g&#233;n&#233;rosit&#233; de ceux qui ne demandent qu'&#224; se d&#233;vouer &#187; et le GIAM d'ajouter qu'en plus d'&#234;tre &#233;conomique, le b&#233;n&#233;volat &#171; est efficace politiquement, car il ent&#233;rine la division sociale entre ceux qui aident et ceux qui sont secourus. Il est r&#233;serv&#233; &#224; ceux qui ont le temps et les moyens. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va aussi stigmatiser les volont&#233;s de collaboration qui naissent depuis les comit&#233;s et les associations qui se f&#233;d&#232;rent pour r&#233;pondre &#224; la demande et &#171; regrouper tous les partenaires s&#233;rieux dans le jeu de la concertation. &#187; C'est &#171; d&#233;velopper des contre-pouvoirs bourgeois visant &#224; transformer les antagonismes de la vie sociale en rapport de participation. (&#8230;) Autog&#233;rer le contr&#244;le social par l'encadrement de la vie ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem p. 31&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette analyse semble trouver &#233;cho dans l'activit&#233; de l'UCQ quand, en 1979, l'union d&#233;nonce l'implantation de centres d'animation de quartier promue et financ&#233;e par la municipalit&#233;. Dans un texte dactylographi&#233; on peut lire que le projet municipal &#171; a pour objectif : &lt;strong&gt;normaliser l'animation, contr&#244;le culturel et quadrillage de la Ville&lt;/strong&gt;. Cet objectif (inscrit dans le P.O.S. : &#233;quipements de quartier) correspond &#224; une tutelle plus pesante, &#224; un contr&#244;le de plus en plus strict des habitants du quartier. C'est l&#224; que le fichage des adh&#233;rents prend tout son sens. L'informatisation du secteur culturel (centres d'animation, th&#233;&#226;tres, biblioth&#232;ques&#8230;) au niveau de la gestion et des adh&#233;rents, vise &#224; subordonner toutes les d&#233;cisions (gestion, programmes d'activit&#233;) au contr&#244;le de la Mairie : Mairies annexes de quartier, Biblioth&#232;ques Municipales annexes, Centres Sociaux (o&#249; elle est quasiment majoritaire) bient&#244;t des Centres d'animation partout. L'objectif est clair : &lt;strong&gt;Contr&#244;ler la vie des habitants dans leur quartier&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut noter que cette th&#233;matique du contr&#244;le par l'informatique est aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (soulign&#233; dans l'original)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'analyse du GIAM vise &#224; d&#233;montrer que la commune est &#171; un instrument de m&#233;diation sociale. Son r&#244;le est d'&#233;vacuer la lutte des classes du niveau de la vie quotidienne (Nous sommes tous des habitants ! tous des consommateurs !) et de cacher les contradictions entre les couches bourgeoises. Cela au nom d'un int&#233;r&#234;t affirm&#233; commun &#224; tous ceux qui habitent dans un rayon donn&#233;. &#187; Le pouvoir communal vise et repose sur le consensus et l'article semble augurer de ce que deviendront bient&#244;t les intercommunalit&#233;s et plus encore les m&#233;tropoles : &#171; Quant &#224; la commune, on lui enl&#232;ve ouvertement les 9/10&#176; de ses pr&#233;rogatives, pour les confier &#224; une communaut&#233; beaucoup plus rationnelle. &#192; la communaut&#233; de r&#233;soudre les probl&#232;mes d'urbanisme, de localisation des &#233;quipements et des logements. Enjeu br&#251;lant, car il touche aux probl&#232;mes fonciers et du cadre de vie, enjeu sur lequel les maires perdent leur pouvoir individuel. La majorit&#233; des maires de la communaut&#233; d&#233;cidera ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem p. 37&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et de pointer ici le r&#244;le sp&#233;cifique des agences d'urbanisme (comme l'aua/t). Pour le GIAM, rester dans le cadre des &#171; luttes urbaines &#187; sans &#233;voquer &#171; l'origine de l'exploitation &#187; ne sert qu'&#224; &#171; mieux faire oublier aux travailleurs leur condition d'exploit&#233;s, on ne parle plus que d'habitants, d'usagers, de consommateurs, de citadins : l'heure de la citoyennet&#233; (ou &#8220;citadinit&#233;&#8221;) active a sonn&#233; &#224; l'horloge de l'h&#244;tel de ville de la local-d&#233;mocratie. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem p. 52&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Force est de constater que cette critique est rest&#233;e lettre morte. D'une part parce que l'alliance avec les luttes dans le cadre du travail n'ont pas eu lieu et, d'autre part, parce qu'une pratique du dialogue dans le cadre municipal a progressivement rendue caduque l'id&#233;e m&#234;me du conflit sur la question sociale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1266 spip_document spip_documents spip_document_file spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/pdf/004_ucq_quadrillerlaville-nov79.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 3.5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH712/ucq_quadrillerlaville-nov79_1-5d92f.jpg?1771458042' width='500' height='712' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;UCQ, &#034;Quadriller la ville&#034;, tract novembre 1979
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les voies de l'int&#233;gration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1970, la municipalit&#233; &#233;voque une possible institutionnalisation du dialogue, en particulier &#224; travers des commissions extra ou para municipales. Pierre Baudis, maire de Toulouse, les &#233;voque dans une rencontre avec l'UCQ en juillet 1971&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Compte rendu dactylographi&#233; &#171; Entrevue entre le maire de Toulouse, M. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en prenant garde de tenir &#224; bonne distance ces &#171; structure d'accueil, non fig&#233;e. Terrain neuf o&#249; il faut agir avec prudence pour &#234;tre efficace. En attendant, nous faisons fonctionner les institutions municipales pr&#233;vues par la loi. &#187; L'&#233;dile est prudent sur la question de la repr&#233;sentation : &#171; Il est difficile d'admettre que telle ou telle organisation est le repr&#233;sentant d'un quartier. Il faut s'entourer de conseils. Mais on ne conna&#238;t pas de meilleur moyen que le suffrage universel. &#187; Le maire est cit&#233; &#171; Aucune association ne peut d&#233;clarer qu'elle a le monopole de la repr&#233;sentation et il faudra associer toutes les bonnes volont&#233;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son travail sur le mouvement &#233;cologiste toulousain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Hazard, Le vert dans la ville. Histoire des mouvements &#233;cologistes &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Martin Hazard, place la question de l'am&#233;nagement au centre d'une n&#233;buleuse d'associations et d'activistes qui vont progressivement se structurer en contre-pouvoir institutionnalis&#233; et alimenter la formation de grandes associations et du parti politique &#171; les verts &#187;. &#171; L'histoire des mouvements &#233;cologistes se construit &#224; travers l'&#233;tude d'un rapport de force entretenu entre les militants et les pouvoirs publics dans lequel la question de la l&#233;gitimit&#233; est primordiale. Dans notre cas d'&#233;tude il s'agissait de comprendre qui des associations ou de la mairie pouvaient se porter garant de la volont&#233; citoyenne. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem. p. 214&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On peut l'observer dans la commission extra-municipale de l'environnement qui jouera un r&#244;le d'int&#233;gration de la contestation, notamment en pla&#231;ant &#224; sa t&#234;te le Dr Dufetelle qui avait &#233;t&#233; un fer-de-lance dans la d&#233;fense des Berges du Canal &#224; la fin des ann&#233;es 1970.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre parce que la destruction de l'environnement est une contradiction majeure du d&#233;veloppement, elle est le lieu d'une transformation des politiques d'am&#233;nagement. Ainsi, affubl&#233; de l'adjectif &#171; durable &#187; il devient la r&#233;ponse magique pour r&#233;pondre aux contradictions en les ing&#233;rant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir M. Adam Contre la ville durable. Une &#233;cologie sans transition. &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut alors replacer cette int&#233;gration des mouvements de contestation dans le mouvement de r&#233;organisation de la domination capitaliste par le n&#233;olib&#233;ralisme qui met au centre l'id&#233;al d'un espace public &#171; cadre d'une chim&#232;re : le r&#234;ve impossible d'une classe moyenne universelle et s&#251;re d'elle-m&#234;me, aspirant &#224; vivre dans un monde fait de consensus n&#233;goci&#233;s et d'&#233;changes communicationnels purs entre des &#234;tres &#233;clair&#233;s, en accord et responsables, un monde sans convulsions ni incidents, dans lequel on pourrait faire comme si l'injustice et l'in&#233;galit&#233;, devenues d'un coup invisibles n'existaient pas. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Delgado, L'espace public comme id&#233;ologie, CMDE, Toulouse, 2016. p. 12&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, ce que nous voudrions signaler ici est comment ce recul, s'il peut &#234;tre expliqu&#233; par des tendances internes aux comit&#233;s de quartier, doit &#234;tre reli&#233; &#224; une tendance g&#233;n&#233;rale de la r&#233;organisation du contr&#244;le li&#233; &#224; l'&#233;mergence du n&#233;olib&#233;ralisme. En particulier &#224; l'usage du dialogue comme strat&#233;gie du pouvoir pour rep&#233;rer les diff&#233;rentes tendances de la contestation, et ainsi isoler les tendances radicales et coopter ceux qui peuvent l'&#234;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir pour cela G. Chamayou, La soci&#233;t&#233; ingouvernable. Une g&#233;n&#233;alogie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette transformation peut &#234;tre illustr&#233;e par une anecdote observ&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 2010. Le comit&#233; de d&#233;fense et d'&#233;tude des quartiers nord change son nom pour devenir le &#171; comit&#233; de quartier Minimes-Barri&#232;re de Paris &#187;. Ce changement est annonc&#233; dans une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale et est alors justifi&#233; par une mise en conformit&#233; avec les p&#233;rim&#232;tres d&#233;finis par la mairie dans le cadre de la &#171; d&#233;mocratie locale &#187;, permettant ainsi &#171; un meilleur rapport avec la mairie &#187;. Les arguments d'anciens membres favorables aux maintiens de la d&#233;nomination d'origine sont renvoy&#233;s &#224; une nostalgie inappropri&#233;e ou, pire, &#224; un conservatisme. Ce qui semblait &#234;tre un d&#233;tail pour l'observateur n&#233;ophyte, c'est r&#233;v&#233;l&#233; par la suite une illustration de l'&#233;volution de ce comit&#233; qui avait &#233;t&#233; l'un des premiers &#224; initier la dynamique de l'Union des Comit&#233;s de Quartier dans les ann&#233;es 1970. L'abandon des termes &#171; &#233;tude &#187; et &#171; d&#233;fense &#187; marque un changement d'&#233;tat d'esprit, d'autant plus que s'affirme la n&#233;cessit&#233; de simplification des rapports avec la municipalit&#233;. Une transformation que la r&#233;alisation du quartier d'affaires de gare Toulouse Euro Sud Ouest va consacrer, mais nous verrons cela en d&#233;tail dans notre prochaine publication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conclusion de &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/pour-un-autre-urbanisme-a-toulouse-positions-de-l-union-des-comites-de-quartier' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pour un autre urbanisme &#224; Toulouse : positions de l'Union des Comit&#233;s de quartier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous savons que les &#233;crits, et d'autant plus quand nous n'en avons que quelques archives loin d'&#234;tre exhaustives, ne sont pas l'expression fid&#232;le de ce que pensent l'ensemble des personnes qui composent des mouvements sociaux. En nous penchant sur ces documents, nous tentons simplement de montrer les id&#233;es qui circulaient &#224; l'&#233;poque et qui nous montrent aussi la mani&#232;re dont &#233;taient per&#231;ues des &#233;volutions qui nous semblent aujourd'hui naturelles. Il y a d'une part un travail &#224; faire sur les comit&#233;s sp&#233;cifiques qui se forment sur des luttes ponctuelles et qui durent parfois le temps que dure ces combats, ou parfois continues, en se transformant. D'autre part il y a une histoire plus large des mouvements sociaux urbains &#224; Toulouse. Par exemple le r&#244;le du PSU dont beaucoup de membres &#233;taient issues serait &#224; documenter. L'Union des Comit&#233;s de Quartier connait deux formations, l'une en 1970 et l'autre en 1976. Pourquoi une interruption ? Nous ne savons l'expliquer ici. J.-J. Fournier raconte dans le documentaire r&#233;alis&#233; par le CRU que l'activit&#233; de l'UCQ a toujours &#233;t&#233; fluctuante, li&#233;e d'une part aux diff&#233;rentes luttes en cours et &#224; l'int&#233;r&#234;t des personnes pr&#233;sentes dans des comit&#233;s qui s'occupent parfois de bien d'autres choses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait du compte rendus du &#171; s&#233;minaire d'&#233;tude de l'UCQ des 12 et 13 juin 1971 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On retrouve en signature des comit&#233;s membre de l'UCQ depuis sa formation en mai 1970 : Amidonniers &#8212;Empalot &#8212;Fontaine-Lestang &#8212;La Faourette &#8212;Nord et Sept Deniers &#8212;Pointe-Rocade. Puis d'autres comit&#233; venant des quartiers : Chaussas &#8212;Boulevard de Suisse &#8212;Dix-Avril &#8212;Marengo &#8212;La Fourguette. Enfin, des comit&#233;s en formation au Pont des Demoiselles &#8212;Mirail-Bellefontaine et des personnes souhaitant monter un comit&#233; venant de C&#244;te-Pav&#233;e &#8212;Sauzelong &#8212;Rangueil &#8212; Blagnac.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Compte rendu dactylographi&#233; &#171; Journ&#233;e d'&#233;tude inter-comit&#233; de quartier du 7 novembre 1976.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon la posture &lt;i&gt;citoyenniste&lt;/i&gt;, ce sont les citoyennes et citoyens &#8212; consid&#233;r&#233;s comme un groupe uni sans prise en compte de quelconques antagonismes de classe, de genre, etc. &#8212; qui seraient le c&#339;ur d'un renouvellement politique, et permettraient &#224; travers leur participation active d'appuyer ou d'invalider les d&#233;cisions des institutions. S'inscrivant dans le cadre de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, le &lt;i&gt;citoyennisme&lt;/i&gt; n'entend pas remettre fondamentalement en cause le syst&#232;me politique, mais entend le renouveler en y impliquant davantage les populations. De nombreuses critiques (notamment libertaires) remettent en cause cette croyance dans les possibilit&#233;s r&#233;elles d'&#233;mancipation des diverses proc&#233;dures d&#233;mocratiques fond&#233;es sur la figure abstraite du &#171; citoyen &#187;. Ces critiques consid&#232;rent le &lt;i&gt;citoyennisme&lt;/i&gt; comme une forme de r&#233;g&#233;n&#233;ration de la social-d&#233;mocratie et de la gauche lib&#233;rale entendant &#171; canaliser &#187; et pacifier les revendications sociales &#224; travers la participation citoyenne, menant &#224; une rel&#233;gitimation des administrations publiques classiques (&#201;tats, mairies, etc.), tout en fuyant les &#171; vieilles id&#233;ologies &#187; traditionnellement ancr&#233;es dans le champ de l'anticapitalisme (anarchisme, communisme, etc.). voir &lt;a href=&#034;https://samuelhayat. wordpress.com/2018/12/24/les-gilets-jaunes-et-la-question-democratique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Gilets jaunes et la question de&#769;mocratique&lt;/i&gt;, billet de blog, 24 d&#233;cembre 2018&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://infokiosques.net/spip.php?article443&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'impasse citoyenniste. Contribution &#224; une critique du citoyennisme.&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Note augment&#233;e &#224; partir d'une note de Diego Mirales Buil &#171; Du municipalisme au communalisme, des villes rebelles d'Espagne &#187; dans Tenir la ville. Luttes et r&#233;sistances contre le capitalisme urbain. Collectif Asphalte. Les &#201;taques, 2023. Page 201&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le GIAM &#8212; Toulouse est une &#233;quipe locale et r&#233;gionale n&#233;e en 1976 associ&#233;e &#224; d'autres &#233;quipes du Groupe d'Intervention Am&#233;nagement (Paris, Nantes, Lyon, Nord, Nancy). &#192; Toulouse, il regroupe 10 ou 12 personnes en permanence C. B&#233;ringuier le pr&#233;side. On y trouve des universitaires (g&#233;ographes), des professionnels des administrations de l'&#201;tat (DDE, Drac, aua/T), des architectes et urbanistes, des militants individuels. Le GIAM &#8211; Toulouse adh&#232;re &#224; l'UCQ d&#232;s 1976, et publie entre 1977 et 1984 Territoire &#224; Prendre au rythme de 3 num&#233;ros par an pour un tirage d'environs 800 exemplaires. La revue compte 300 abonn&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une note manuscrite de C. B&#233;ringuier du 12 novembre 1976 intitul&#233;e : &#171; Int&#233;gration du Giam aux structures communes des Comit&#233;s de D&#233;fense et Comit&#233; de Quartier de Toulouse &#187;, il est pr&#233;cis&#233; que le &#171; but principal &#187; est de &#171; mettre en contact techniciens de l'am&#233;nagement de tendance progressiste et des comit&#233;s de lutte &#224; la base, sur des probl&#232;mes d'am&#233;nagement &#224; des fins d'information, et de formation et d'&#233;ventuellement d'appui technique. &#187; Il est &#233;galement pr&#233;cis&#233; que &#171; le GIAM pratique une politique de front. Il se situe simplement dans le courant anti-capitaliste. &#187; Le GIAM, avec cette lettre, demande &#224; int&#233;grer l'UCQ sans prendre de responsabilit&#233;s dans &#171; les orientations et d&#233;cisions politiques communes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Territoire &#224; Prendre n&#176;1, &lt;i&gt;L'enjeu municipal&lt;/i&gt;, F&#233;vrier 1977, p. 2&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem. p. 22&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport de la commission de d&#233;veloppement des responsabilit&#233;s locales intitul&#233; &#171; Vivre ensemble &#187; remis le 22 octobre 1976 au pr&#233;sident Val&#233;ry Giscard d'Estaing.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;vrier 1976, Pierre Delmon, pr&#233;sident des Houill&#232;res du Nord et du Pas de Calais, remet &#224; Giscard d'Estaing, son rapport sur &#171; la participation des Fran&#231;ais &#224; l'am&#233;lioration de leur cadre de vie. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Territoire &#224; Prendre n&#176;1, &lt;i&gt;L'enjeu municipal&lt;/i&gt;, F&#233;vrier 1977, p. 29&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem p. 31&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut noter que cette th&#233;matique du contr&#244;le par l'informatique est aussi tr&#232;s marqu&#233; dans l'affiche ci dessus o&#249; une personne s'extrait d'une cage d'acier marqu&#233; de num&#233;ro. Cette critique fait &#233;cho &#224; celle formul&#233; par le CLODO, le Comit&#233; pour la Liquidation Ou la Destruction des Ordinateurs, groupe d'action direct actif sur Toulouse dans ces m&#234;mes ann&#233;es. Voir l'article de Arthur Fontenay &lt;a href=&#034;https://infokiosques.net/spip.php?page=lire&amp;id_article=1939&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La ballade incendiaire du CLODO&lt;/a&gt;. Il serait int&#233;ressant de voir &#224; quel point les nombreuses actions directs ayant eu lieu dans la r&#233;gion sont li&#233;es aux luttes urbaines.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem p. 37&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem p. 52&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Compte rendu dactylographi&#233; &#171; Entrevue entre le maire de Toulouse, M. BAUDIS, et les repr&#233;sentants de l'Union des Comit&#233;s de quartier. &#187; 3.VII. 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. Hazard, Le vert dans la ville. Histoire des mouvements &#233;cologistes &#224; Toulouse (1974-1992). M&#233;moire de Master II sous la direction de L. Teuli&#232;res. Universit&#233; Toulouse 2 &#8212; Le Mirail 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem. p. 214&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir M. Adam Contre la ville durable. Une &#233;cologie sans transition. &#201;ditions Grevis, Caen, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Delgado, &lt;i&gt;L'espace public comme id&#233;ologie&lt;/i&gt;, CMDE, Toulouse, 2016. p. 12&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir pour cela G. Chamayou, &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; ingouvernable. Une g&#233;n&#233;alogie du lib&#233;ralisme autoritaire&lt;/i&gt;. La fabrique, Paris, 2018. En particulier le chapitre 15 qui d&#233;crit la mani&#232;re dont le dialogue est utilis&#233; comme une strat&#233;gie de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour un autre urbanisme &#224; Toulouse : positions de l'Union des Comit&#233;s de quartier [1983]</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/pour-un-autre-urbanisme-a-toulouse-positions-de-l-union-des-comites-de-quartier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://toulouse.espacesensible.net/pour-un-autre-urbanisme-a-toulouse-positions-de-l-union-des-comites-de-quartier</guid>
		<dc:date>2025-03-27T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>1980-1989</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Une</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Texte issue de l'Union des Comit&#233;s de Quartier de Toulouse &#233;crit par Christian B&#233;ringuier en 1983 pour une revue universitaire. Il donne &#224; voir les actions et les buts de l'UCQ.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/archeologie-du-projet-metropolitain" rel="directory"&gt;Arch&#233;ologie du projet m&#233;tropolitain&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/luttes-sociales" rel="tag"&gt;Luttes sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/1980-1990" rel="tag"&gt;1980-1989&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/temoignage" rel="tag"&gt;T&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH98/pos-giam-e170c.jpg?1771458042' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La multiplication des constructions, l'implantation de nouvelles activit&#233;s, la r&#233;organisation des circulations, les destructions&#8230; Les motifs de mobilisation ne manquent pas dans la ville boulevers&#233;e par l'am&#233;nagement. Pourtant, il faut attendre le d&#233;but des ann&#233;es 1970 pour assister &#224; une organisation de la contestation. Des groupes, associations, comit&#233;s form&#233;s &#224; la faveur de question ponctuelle et localis&#233; tentent de se coordonner pour gagner en force. Le propos est marqu&#233; par une volont&#233; de conflictualit&#233; parfois teint&#233; d'une analyse marxiste. Nous reproduisons ici un texte &#233;crit par un membre de l'UCQ.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article &#233;crit par C. B&#233;ringuier pour la Revue g&#233;ographique des Pyr&#233;n&#233;es et du Sud-Ouest en 1983. G&#233;ographe, enseignant chercheur, Christian B&#233;ringuier &#224; participer &#224; de nombreuses luttes urbaines en mettant son expertise au service des luttes. Vous pouvez l'entendre racontez un peu de cette histoire dans le documentaire &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/lutte-des-berges-de-la-garonne-et-union-des-comites-de-quartier&#034;&gt;La forme d'une ville, h&#233;las&lt;/a&gt;&#8230; Ici il explicite les actions et les but de l'Union des Comit&#233;s de Quartier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ch B&#233;ringuier et al., &#171; Toulouse, une ville, un d&#233;bat &#187;, Revue g&#233;ographique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il fait partie d'&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rgpso_0035-3221_1983_num_54_1_3924&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une s&#233;rie de texte rassembl&#233;e en une Chronique&lt;/a&gt;qui, selon ses auteurs &#171; rassemble des documents : t&#233;moignages, positions, extrapolations, relatifs &#224; des faits ou &#224; des projets dont il peut arriver que les g&#233;ographes aient &#224; tenir compte quand ils abordent l'&#233;tude d'une grande ville en cherchant &#224; saisir la signification de ses transformations. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous le republions ici pour donner, &#224; nos lecteurs et lectrices, directement acc&#232;s &#224; la parole et aux analyses des personnes qui ont anim&#233; ces luttes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des illustrations et des notes explicatives not&#233; NdE ont &#233;t&#233; ajout&#233; pour cette &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;gradation de l'environnement urbain et luttes urbaines &#224; Toulouse.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a.	A l'agression g&#233;n&#233;rale contre les conditions de vie des Toulousains opposons une d&#233;fense globale&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute menace, toute agression locale font partie d'un plan d'attaque g&#233;n&#233;rale. Quelques exemples suffisent &#224; le montrer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce document a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par Christian B&#233;ringuier &#224; partir de dossiers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les autoroutes urbaines, rocades et p&#233;n&#233;trantes, nuisibles par le bruit, la pollution, les embouteillages, les dangers pour les pi&#233;tons et les cyclistes, entrent dans une politique de la circulation urbaine donnant la priorit&#233; au transport individuel qui d&#233;favorise la plupart des Toulousains.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;novation des quartiers centraux, l'expulsion des couches populaires vers les banlieues sous-&#233;quip&#233;es et les communes dortoirs, la concentration dans le centre des activit&#233;s culturelles sont dues &#224; un urbanisme fond&#233; sur la s&#233;gr&#233;gation sociale par l'argent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont donc des d&#233;fenses globales et coordonn&#233;es qu'il faut d&#233;velopper. Aussi les associations de la r&#233;gion toulousaine agissant pour la d&#233;fense et la transformation du cadre de vie, sur l'acquis des exp&#233;riences lanc&#233;es depuis 1970, jugeant qu'elles devaient d&#233;passer leurs objectifs particuliers, ont-elles d&#233;cid&#233; de coordonner leurs actions en cr&#233;ant en 1976 l'Union des comit&#233;s de quartier et des associations de d&#233;fense et d'action pour le cadre de vie &#224; Toulouse (UCQ). Ses 25 associations ont &#233;t&#233; depuis plus de 10 ans pour des milliers de Toulousains des lieux de d&#233;bat, de lutte, de propositions permettant de formuler des r&#233;ponses d'ensemble aux probl&#232;mes des conditions de vie des Toulousains. L'UCQ a port&#233; sa r&#233;flexion sur la vie des quartiers, l'habitat, les transports en commun, la sp&#233;culation fonci&#232;re, la s&#233;gr&#233;gation sociale, la pollution ambiante, l'environnement urbain, l'urbanisme. Les actions men&#233;es par l'UCQ vont dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.	Les luttes de l'UCQ.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; avec les habitants de la ZUP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zone &#224; Urbaniser en Priorit&#233; : proc&#233;dure administrative op&#233;rante entre 1959 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] de Rangueil contre le manque d'&#233;quipements et la densification de la ZUP au profit des promoteurs d&#233;tournant l'application des lois d'urbanisme &#224; leur avantage. Les r&#233;sultats obtenus prouvent que l'action commune a &#233;t&#233; payante.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; avec les habitants du R&#233;c&#233;b&#233;dou qui refusaient une r&#233;novation de leur cit&#233; multipliant par dix le prix des loyers, alors qu'ils ont montr&#233; qu'il &#233;tait possible de r&#233;aliser une vraie r&#233;habilitation de leurs logements &#224; peu de frais et en prenant en compte leurs besoins.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; contre le massacre des quartiers p&#233;riph&#233;riques par les rocades et les autoroutes urbaines &#224; c&#244;t&#233; des habitants d'Empalot, de Jules-Julien, de Rangueil, de Lalande.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; avec les habitants du quartier Saules - Viadieu - B&#251;chers contre la privatisation des espaces verts par les promoteurs en faveur desquels la mairie, modifiant les r&#232;glements d'urbanisme, leur accordait ce qu'elle refusait aux habitants du quartier depuis dix ans : l'usage des jardins.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; avec le Comit&#233; des Berges de la Garonne et avec celui des Berges du Canal contre l'envahissement de l'usage de l'automobile priv&#233;e en ville, contre les voies sur berges qui auraient massacr&#233; les sites du Canal et de la Garonne.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; pour qu'une v&#233;ritable politique des transports assure un r&#233;el service social aupr&#232;s des habitants en permettant en particulier des liaisons inter-quartiers directes inexistantes aujourd'hui.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; avec les MJC et les associations des diff&#233;rents quartiers contre le contr&#244;le culturel impos&#233; par la municipalit&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; avec les MJC et les associations des diff&#233;rents quartiers &#224; l'initiative des habitants : Rangueil, Saouze-Long (Serres de la ville), quartier Nord (Ateliers du temps libre), Fontaine- Lestang, R&#233;c&#233;b&#233;dou (espaces verts et sportifs).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a soutenu des associations de quartier pour l'&#233;laboration de divers projets d'am&#233;nagement local.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ et ses associations ont lutt&#233; lors de l'&#233;laboration du POS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plan d'Occupation des Sols. Document d'urbanisme cr&#233;&#233; par la loi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] &#187; de Toulouse. Apr&#232;s &#233;tude des projets concernant leur quartier, les comit&#233;s ont tenu des r&#233;unions publiques, anim&#233; des d&#233;bats sur le centre-ville ; ils ont affirm&#233; des oppositions argument&#233;es, des revendications pr&#233;cises, les d&#233;sirs des habitants. L'UCQ a r&#233;alis&#233; une exposition itin&#233;rante et a pris publiquement position.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UCQ a lutt&#233; contre le projet d'hypercentre que veut imposer la municipalit&#233; &#224; Compans-Caffarelli. Elle a &#233;labor&#233; un contre-programme.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; ces luttes et &#224; bien d'autres plus quotidiennes, moins spectaculaires, l'UCQ, forte d'une longue exp&#233;rience collective, a une position tr&#232;s claire sur l'urbanisme toulousain. Son niveau de r&#233;flexion l'autorise &#224; intervenir dans toutes les op&#233;rations d'urbanisme relatives &#224; l'agglom&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/gueuleouverte-58-juin75.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH288/gueuleouverte-58-juin75-38de0.jpg?1771458043' width='500' height='288' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bande dessin&#233;e paru dans la gueule ouverte n&#176;58 juin 1975
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2.	Non &#224; un urbanisme du profit, du m&#233;pris, de contr&#244;le social et de prestige.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a.	Un urbanisme de profit.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urbanisme offre la meilleure part aux promoteurs. Le Refuge, Jean&#173;Jaur&#232;s, Marengo, Le Raisin ne sont que les cas les plus scandaleux. Car la logique g&#233;n&#233;rale du POS est, d'une part, de planifier le march&#233; foncier pour le b&#233;n&#233;fice des groupes immobiliers, d'autre part, de leur rendre de v&#233;ritables services gratuits en leur permettant de construire sur des terrains rendus constructibles par les ouvrages de voirie et de r&#233;seaux (eau, tout-&#224;-l'&#233;gout) r&#233;alis&#233;s dans le cadre du POS financ&#233;s par la municipalit&#233; et donc par les Toulousains. Donc, trois phases : d'abord, telle zone est d&#233;clar&#233;e inconstructible par le POS ; ensuite, les promoteurs ach&#232;tent &#224; bas prix ces terrains et la mairie les viabilise afin de les rendre constructibles ; enfin, les promoteurs construisent et s'enrichissent : b&#233;n&#233;fices maximum. C'est l'urbanisme lib&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'urbanisme &#224; Toulouse satisfait les grosses entreprises industrielles et commerciales. Le sch&#233;ma de circulation leur apporte gratuitement et devant leur porte tous les avantages des liaisons rapides. Ainsi, au nord de Toulouse, la &#171; p&#233;n&#233;trante nord &#187; sera quasiment au service des entreprises. L&#224; encore, des d&#233;penses publiques aliment&#233;es par tous pour augmenter les profits du patronat.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'urbanisme toulousain sacrifie les transports en commun. Le choix de l'automobile comme moyen prioritaire de d&#233;placement garantit aux trusts du p&#233;trole, de l'automobile, des assurances, l'accroissement de la demande et de leurs profits. Radiales, rocades, p&#233;n&#233;trantes et autres autoroutes urbaines ont cass&#233; et casseront les quartiers de Toulouse, en particulier les cit&#233;s HLM (Empalot, Bagatelle, Rangueil), Lalande et les berges du Canal et de la Garonne. Au centre-ville, les parkings en projet (Daurade, Jean-Jaur&#232;s, Compans, Jules-Guesde, Saint-Cyprien), s'ajoutant aux parkings r&#233;cents, aggraveront les difficult&#233;s de la circulation urbaine. L'urbanisme toulousain ne pr&#233;voit rien de s&#233;rieux pour l'am&#233;lioration et le d&#233;veloppement des transports en commun en leur refusant la priorit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous pr&#233;texte de bon fonctionnement et d'utilit&#233; publique, l'urbanisme toulousain l&#233;gitime r&#233;novations et d&#233;molitions. Et toujours au d&#233;triment des classes populaires. La transformation du centre de Toulouse en un &#171; centre ville de qualit&#233; &#187; le destine aux cat&#233;gories sociales les plus riches, vu le prix de l'habitat dans les immeubles r&#233;nov&#233;s. Habitat de luxe, &#233;quipements culturels de haut standing, commerces luxueux, cadre de vie prot&#233;g&#233;&#8230; l'utilit&#233; publique est bien souvent l'utilit&#233; des gros int&#233;r&#234;ts particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.	Un urbanisme du m&#233;pris.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;pris des Toulousains est un autre fondement politique de l'actuel urbanisme. La municipalit&#233; et l'administration (Equipement) poursuivent des travaux malgr&#233; l'opposition de nombreux habitants, qui, de plus, provoqueront de multiples d&#233;g&#226;ts : rocade sud &#224; Rangueil et Saint-Agne, autoroute &#224; Lalande. Demain, les berges de la Garonne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'urbanisme toulousain, rejette les familles des travailleurs, les immigr&#233;s, les jeunes et vieux travailleurs de plus en loin en p&#233;riph&#233;rie. Hier, chass&#233;s de Saint-Georges ou du Busca, aujourd'hui de Saint-Aubin, des quartiers entre le Capitole et la Garonne, demain d'Arnaud-Bernard et de Saint-Cyprien, ils sont expuls&#233;s, dispers&#233;s, regroup&#233;s en banlieue dans les cit&#233;s, isol&#233;s dans le pavillonnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mise en place du POS &#224; Toulouse t&#233;moigne de la constance de ce m&#233;pris envers les habitants. C'est dans les commissions feutr&#233;es du SDAU&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sch&#233;ma Directeur d'Am&#233;nagement et d'Urbanisme NdE&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que les choix essentiels ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;s, les seuls &#171; usagers &#187; repr&#233;sent&#233;s &#233;tant le patronat (les &#171; int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques &#187;). C'est dans les ateliers d'urbanisme que les responsables techniques ont en secret concr&#233;tis&#233; ces choix. Quand tout est d&#233;cid&#233;, la municipalit&#233; commence son op&#233;ration d&#233;magogique : faire participer les Toulousains sans leur donner les moyens de d&#233;battre et en leur cachant que les d&#233;cisions principales sont d&#233;finitives. (Voir Capitole &#8211; Informations : &#171; Toulousains, aidez-nous &#224; faire le POS &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enqu&#234;te publique est donc un simulacre de consultation car elle intervient quand tout est fait. C'est plus, une enqu&#234;te bureaucratique : elle a dur&#233; deux mois, ouverte seulement les jours ouvrables de 8 h 30 &#224; 17 h. Excellents horaires pour ceux qui travaillent ! De plus la commission d'enqu&#234;te est uniquement form&#233;e de fonctionnaires de l'&#201;quipement &#224; la retraite : curieuse fa&#231;on d'associer les habitants &#224; l'urbanisme de leur ville ! En outre, la pr&#233;sentation des documents du POS ne r&#233;pond qu'&#224; la seule obligation l&#233;gale : les cartes et autres plans, difficiles &#224; d&#233;coder, sont faits pour ne pas &#234;tre facilement compris par la plupart des gens. Pendant leur permanence, les commissaires-enqu&#234;teurs, &#224; d&#233;faut d'expliquer le contenu r&#233;el du POS, se contentent de consigner les r&#233;clamations individuelles des visiteurs. En effet l'enqu&#234;te ne re&#231;oit pas juridiquement les critiques de fond car elles sont consid&#233;r&#233;es comme relevant de la philosophie ou, pire encore, de la politique. L'enqu&#234;te publique s'adresse prioritairement aux individus et donc &#224; leurs int&#233;r&#234;ts particuliers ; elle d&#233;favorise la participation collective o&#249; se fait une r&#233;flexion en commun. O&#249; est l'utilit&#233; publique d'une telle parodie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut ajouter que les promesses faites par la municipalit&#233; au cours des r&#233;unions d'information sur le POS ont, la plupart du temps, disparu du POS d&#233;finitif. Ainsi les documents provisoires indiquaient-ils pour les berges de la Garonne : &#171; les bords de la Garonne dont les traitements peuvent &#234;tre divers : jardin public ou quais bord&#233;s d'immeubles &#187;&#8230; Ce qui garantissait quelque peu le devenir des berges a disparu du POS d&#233;finitif. Le pouvoir abuse les habitants en indiquant les projets sans aucune garantie de r&#233;alisation : 90 km de pistes cyclables, sans moyen financier pour les r&#233;aliser ; 300 espaces r&#233;serv&#233;s, avec peu de moyens pour que la municipalit&#233; puisse les acheter. L&#224; aussi, v&#233;ritable abus !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les silences du POS r&#233;v&#232;lent la nature politique de l'urbanisme toulousain : rien sur le logement ; peu de s&#233;rieux sur les transports en commun ; rien sur les &#233;quipements de quartier. Ainsi le POS est-il l'inverse d'un projet concret pour am&#233;liorer les conditions de vie en ville pour les classes populaires de Toulouse. Oppos&#233;e sur le fond au POS de Toulouse, l'UCQ a donc refus&#233; de prendre part &#224; l'enqu&#234;te publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
c.	Un urbanisme de contr&#244;le social.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs faits relatifs aux activit&#233;s culturelles &#224; Toulouse ont attir&#233; l'attention de l'UCQ. D'abord, la mise en place de premiers centres d'animation dans les quartiers : celui de Reynerie le plus ancien, celui de Bagatelle, &#224; la place d'une MJC supprim&#233;e, ceux de la Terrasse, de la place Pinel, de la Daurade ; ensuite, de nombreux projets dans les quartiers d'Ancely, de Saint-Cyprien, des Minimes annoncent la volont&#233; de la municipalit&#233; de couvrir Toulouse de centres d'animation de quartier. Enfin, d'autres faits, la disparition de six MJC &#224; Toulouse, la volont&#233; de supprimer celles d'Empalot, de Roguet, le fichage des adh&#233;rents des centres culturels municipaux, la difficult&#233; pour les associations &#224; obtenir des locaux &#8211; l'UCQ est bien plac&#233;e pour le savoir, devant le refus permanent de la Mairie &#224; lui en accorder &#8211; ont amen&#233; l'UCQ &#224; r&#233;fl&#233;chir collectivement avec les MJC de Toulouse sur le projet municipal des Centres d'animation de quartier.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif de la municipalit&#233; est de normaliser l'animation, de contr&#244;ler la vie culturelle : en quadrillant la ville, contr&#244;ler les habitants. Pour commencer, concurrencer les lieux d'animation existants, plus ou moins autonomes vis-&#224;-vis de la Municipalit&#233;, par des centres d'animation dot&#233;s de gros moyens. Ensuite, supprimer les premiers. Et donc exercer une tutelle plus pesante, d'autant que l'information du secteur culturel au niveau de la gestion et des adh&#233;rents vise &#224; subordonner toutes les d&#233;cisions au contr&#244;le de la Mairie. Avec ses antennes, mairies annexes de quartier, biblioth&#232;ques municipales annexes, centres sociaux, elle compl&#232;tera son quadrillage de la ville par les centres d'animation afin de contr&#244;ler la vie des habitants dans leur quartier. Or, ce projet est susceptible d'une r&#233;alisation rapide car la mairie dispose de tr&#232;s nombreux locaux, partout, dans toute la ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'UCQ a donc observ&#233; de plus pr&#232;s le projet des centres d'animation de quartier. Ceux-ci sont dirig&#233;s par un comit&#233; technique qui d&#233;finit et guide l'animation ; ce comit&#233; est pr&#233;sid&#233; par le Maire. Par contre, la commission d'animation, o&#249; les associations et les adh&#233;rents sont pr&#233;sents, n'est que consultative. Toujours pareil, on fait participer les habitants et leurs associations &#224; la consultation tandis que la d&#233;cision est prise ailleurs : les habitants sont toujours exclus.&lt;br class='autobr' /&gt;
En plus de cette tentative de contr&#244;le social, l'uniformisation des centres d'animation s'ins&#232;re dans une politique culturelle hi&#233;rarchis&#233;e visant &#224; mieux distribuer la consommation culturelle. A Toulouse, quelques gros centres culturels municipaux (Croix-Baragnon, Compans-Caffarelli, Belle&#173; fontaine), sont des lieux de consommation de prestige et lieux de distribution de la commission culturelle tandis que les petits centres de quartier seraient les lieux d'une consommation planifi&#233;e, de simples succursales. Ceci est en contradiction avec les positions de l'UCQ qui revendique l'autonomie des associations vis-&#224;-vis de l'Etat et des municipalit&#233;s et le fonctionnement des &#233;quipements de quartier par les habitants eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/reconquetecentre-ucq-avril78.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH716/reconquetecentre-ucq-avril78-08de7.jpg?1771458043' width='500' height='716' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bande dessin&#233;e d&#233;non&#231;ant la politique du POS et appel une r&#233;union publique - Avril 1978
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d.	Un urbanisme de prestige pour imposer des projets de classes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ses 17 hectares au centre-ville, la lib&#233;ration des casernes Compans&#173; Caffarelli offre la plus grande possibilit&#233; d'urbanisme que Toulouse ait connue depuis longtemps. Aussi le projet d'am&#233;nagement municipal de cet espace exprime des choix politiques et sociaux auxquels s'oppose l'UCQ. L'am&#233;nagement de Compans-Caffarelli concerne directement des quartiers du centre-ville et donc des milliers d'habitants dont la vie quotidienne sera modifi&#233;e. Mais il concerne aussi l'ensemble des Toulousains qui, de la p&#233;riph&#233;rie, assisteront &#224; la mise en place d'un am&#233;nagement qui se fait sans leur avis. C'est pourquoi l'UCQ d&#233;nonce le type de proc&#233;dure suivie. Il n'y a eu aucune consultation populaire. Cette fois-ci, la population toulousaine n'a m&#234;me pas eu droit au simulacre de consultation du POS. M&#234;me les &#233;lus de l'opposition PS-PC au Conseil municipal ont &#233;t&#233; tenus &#224; l'&#233;cart de l'&#233;laboration du concours dont l'enjeu est tel que le Maire a craint d'ouvrir un d&#233;bat au sein des instances communales &#233;lues. Sans discussion, sans d&#233;bat public, le concours d'am&#233;nagement o&#249; le programme de l'op&#233;ration a &#233;t&#233; impos&#233; d'embl&#233;e, concr&#233;tise une proc&#233;dure du secret. En outre, le projet de la Mairie a un contenu inacceptable. L'UCQ est oppos&#233;e &#224; un projet qui n'est que la poursuite de l'am&#233;nagement capitaliste de Toulouse. La &#171; r&#233;novation &#187; du quartier Saint-Georges a sanctionn&#233; le zonage de la ville, opposant un centre de gestion, d'habitat de luxe &#224; une p&#233;riph&#233;rie de grands ensembles et de banlieues &#233;loign&#233;es, sous &#233;quip&#233;es, mal reli&#233;s entre eux et au centre-ville. Cet am&#233;nagement se poursuit par une r&#233;habilitation au coup par coup des vieux immeubles au centre-ville qui acc&#233;l&#232;re cette s&#233;gr&#233;gation sociale. Compans-Caffarelli s'inscrit dans cette politique de classe, par la mise en place d'un &#171; hypercentre &#187; de gestion, de commandement et de prestige (cit&#233; administrative, Palais des congr&#232;s, Op&#233;ra) et de contr&#244;le social (police, centre culturel municipal). Cet hypercentre renforcera la congestion des quartiers du centre, cr&#233;era un ph&#233;no&#173;m&#232;ne de &#171; city &#187; d&#233;serte la nuit. Il accentuera l'organisation de la ville au profit de l'usage de l'automobile par la construction d'un vaste parking drainant vers le centre de Toulouse des milliers de voitures suppl&#233;mentaires. En plus, la cr&#233;ation d'un jardin de 10 hectares valorisera la position des quartiers environnants o&#249; la r&#233;habilitation des immeubles sera une nouvelle source de profits et de s&#233;gr&#233;gation sociale. Quant aux locaux lib&#233;r&#233;s en plein centre par les administrations qui iront &#224; Compans&#173;Caffarelli, leurs futures affectations s&#233;lectives et de prestige renforceront la politique de centralit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc plus la logique d'ensemble du projet municipal que l'UCQ condamne que le contenu des d&#233;tails du programme. Ce n'est pas tel ou tel &#233;quipement en soi, pris &#224; part, qui est &#224; refuser ou &#224; accepter &#8211; un th&#233;&#226;tre &#171; &#224; usage de tous &#187; est souhaitable de m&#234;me qu'une grande salle de r&#233;union et non pas de conf&#233;rences &#8211; mais c'est l'accumulation, la concentration de toute une s&#233;rie d'&#233;quipements con&#231;us dans une orientation d'un centre de prestige et de commandement qui donnent au projet un contenu et une signification sociale diff&#233;rents de ce que souhaitent la majorit&#233; des Toulousains. Et les incidences de ces choix sont elles aussi critiquables. Des ph&#233;nom&#232;nes similaires &#224; ceux observ&#233;s autour du quartier Saint-Georges, le long des all&#233;es Jean-Jaur&#232;s, dans le quartier de la Bourse et des quais de la Garonne vont se produire autour de Compans-Caffarelli et certainement d'une mani&#232;re amplifi&#233;e : valorisation d'un site par l'entr&#233;e en jeu de la promotion immobili&#232;re, par la mont&#233;e vertigineuse des prix qui sont, entre autres, les &#233;l&#233;ments constitutifs d'un urbanisme de classe expulsant du centre les habitants aux faibles revenus et leur interdisant ensuite l'acc&#232;s au centre r&#233;nov&#233; parce que les loyers tr&#232;s &#233;lev&#233;s et la nature des &#233;quipements mis en place ne correspondent pas &#224; la r&#233;alit&#233; de leurs besoins.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/p1001370.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH745/p1001370-dca16.jpg?1771458043' width='500' height='745' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tract &#034;pour une autre politique&#034; &#233;dit&#233; par l'UCQ certainement pour les &#233;lections municpales de 1977
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3.	Pour une politique urbaine contr&#244;l&#233;e par les habitants.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a.	De nouveaux droits pour les habitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rompre avec cet urbanisme qui organise la ville pour les industriels, les grosses entreprises commerciales, les groupes immobiliers et fait bien peu pour am&#233;liorer les conditions du logement, du travail, des transports, de la vie sociale de la grande majorit&#233; des Toulousains, l'UCQ revendique une politique urbaine au service des habitants et contr&#244;l&#233;e par eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au service des habitants. Ils veulent que leurs v&#233;ritables besoins et leurs aspirations &#224; une vie meilleure soient satisfaits, qu'un cadre de vie plus humain favorise les &#233;changes sociaux. Cela suppose que les d&#233;cisions de politique urbaine, soustraites aux imp&#233;ratifs du profit, donnent la priorit&#233; &#224; l'utilit&#233; sociale et non &#224; des r&#233;alisations de prestige &#224; l'usage de minorit&#233;s privil&#233;gi&#233;es. Cela implique une planification urbaine contr&#244;lant par la collectivit&#233; le prix des terrains, leur affectation, la localisation des emplois et des logements de fa&#231;on &#224; &#233;viter la sp&#233;culation fonci&#232;re, les co&#251;ts &#233;lev&#233;s de construction, la s&#233;gr&#233;gation sociale, les longs d&#233;placements domicile-travail. Cela comporte un droit aux infrastructures urbaines de base, aux &#233;quipements sociaux et culturels de qualit&#233; pour tous les quartiers, un droit au logement d&#233;cent &#224; des prix en rapport avec les revenus des habitants, un droit de contr&#244;le sur la qualit&#233; et le prix des produits. Cela n&#233;cessite la priorit&#233; &#224; des transports en commun fr&#233;quents, rapides, non-polluants, &#224; plus long terme gratuits et assurant de bonnes liaisons inter-quartiers. Cette priorit&#233; est li&#233;e au refus des voies autorouti&#232;res en plein tissu urbain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contr&#244;l&#233;e par les habitants, gr&#226;ce &#224; la r&#233;alisation simultan&#233;e de quatre conditions : l'information syst&#233;matique organis&#233;e par les administrations et la municipalit&#233;, sous une forme accessible &#224; tous, des habitants et de leurs associations ; la consultation des habitants et des associations d&#232;s le stade de l'avant-projet pour tous les projets d'urbanisme et la prise en compte des r&#233;sultats de ces consultations ; la reconnaissance de la capacit&#233; du droit de proposition des habitants. Ces propositions seront &#233;labor&#233;es par ces derniers dans le cadre des ateliers populaires d'urbanisme, en liaison avec des techniciens de l'urbanisme et de l'architecture ; la mise en place de v&#233;ritables pouvoirs de d&#233;cision et de contr&#244;le attribu&#233;s aux habitants et associations tout au long de la r&#233;alisation des projets retenus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Droit &#224; l'information, droit de proposition, droit de d&#233;cision, droit de contr&#244;le, ce sont de &#171; nouveaux droits &#187; que les habitants doivent acqu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b.	Des projets &#233;labor&#233;s par les habitants.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comit&#233;s de quartier ont contribu&#233; &#224; dessiner une ville qui d&#233;veloppe une r&#233;elle vie de quartier, non pas &#233;clat&#233;e, confin&#233;e &#224; la p&#233;riph&#233;rie mais int&#233;gr&#233;e &#224; l'ensemble de la ville et permettant l'&#233;panouissement et la satisfaction des besoins sociaux de tous. D'o&#249; les propositions concr&#232;tes des associations de l'UCQ s'appuyant sur les revendications et aspirations des habitants : projets d'&#233;quipements de quartier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Minimes : utiliser les Ateliers municipaux, que le POS pr&#233;voyait de transformer en jardin d'hiver, comme &#233;quipement du quartier, g&#233;r&#233;, anim&#233; par les habitants eux-m&#234;mes (Ateliers du Temps Libre par le Comit&#233; du quartier Nord).&lt;br class='autobr' /&gt;
Saouzelong : le comit&#233; du quartier projette un &#233;quipement de quartier sur le terrain des Serres de la Ville, transf&#233;r&#233;es ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Saules : projet d'une maison de quartier et jardin public par le Comit&#233; B&#251;chers - Saules - Viadieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fontaine &#8211; Lestang : un espace vert et sportif utilisant un vaste terrain inoccup&#233; &#224; c&#244;t&#233; des usines Par&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Berges de la Garonne : projet de leur am&#233;nagement r&#233;alis&#233; en collaboration par des architectes et des habitants du quartier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rangueil : cr&#233;ation d'un &#233;quipement de quartier g&#233;r&#233; par les habitants de la ZUP.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant d'actions pr&#233;cises qui vont dans le m&#234;me sens : permettre aux Toulousains de se r&#233;approprier leurs conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c.	L'atelier populaire d'urbanisme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UCQ s'est donn&#233; les moyens de conduire une analyse d'ensemble sur l'urbanisme (APU). Articuler les luttes &#224; la r&#233;flexion collective pour un autre urbanisme, tel est le r&#244;le de l'APU. En 1978-1979, l'APU a rassembl&#233;, collect&#233; les observations concernant le POS de Toulouse faites par chacune des associations de l'UCQ. Cela lui a permis de faire la critique globale du POS. Depuis des ann&#233;es, l'UCQ et ses comit&#233;s ont analys&#233; la question des d&#233;placements urbains et des transports en commun r&#233;pondant aux besoins des Toulousains.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pour marquer la volont&#233; de l'UCQ d'affirmer le droit de proposition des habitants que l'APU a, en f&#233;vrier 1981, officiellement d&#233;pos&#233; un contre-programme au concours municipal pour l'am&#233;nagement du site des casernes Compans-Caffarelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'&#233;volution actuelle, l'UCQ rappelle que les quartiers centraux ne sont pas dans le domaine r&#233;serv&#233; de la bourgeoisie et des autres classes privil&#233;gi&#233;es. La majorit&#233; des habitants de Toulouse, donc les classes populaires, affirment leur droit d'y r&#233;sider et, pour les habitants des quartiers p&#233;riph&#233;riques et des banlieues, d'y acc&#233;der facilement et pas seulement pour y travailler et y consommer mais aussi pour y utiliser les &#233;quipements collectifs. Le &#171; contre-programme Compans-Caffarelli &#187; de l'UCQ concr&#233;tise ces objectifs : celui de bien marquer la volont&#233; des classes populaires de ne pas abandonner le centre ; celui d'enrayer au centre-ville la logique de la valorisation fonci&#232;re et donc du changement social par l'argent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Six axes du contre-programme en d&#233;coulent :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1.	priorit&#233; &#224; l'implantation de l'habitat social dans l'espace lib&#233;r&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2.	ma&#238;triser la transformation des quartiers voisins tant sur le plan foncier que sur celui de l'immobilier afin que les habitants actuels puissent y rester et que des familles de m&#234;me statut social puissent y venir habiter.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3.	r&#233;aliser des &#233;quipements de quartier pour le d&#233;veloppement de la vie sociale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 4.	si un jardin public est indiscutablement n&#233;cessaire pour les habitants de cette partie de Toulouse, celui-ci ne doit pas &#234;tre un espace vert d&#233;coratif mais un lieu de loisirs divers et d'&#233;changes sociaux.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 5.	consid&#233;rant la localisation du site des casernes &#224; proximit&#233; imm&#233;diate du centre-ville, utiliser les terrains lib&#233;r&#233;s pour r&#233;aliser des &#233;quipements centraux collectifs &#224; l'usage de tous les Toulousains.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 6.	priorit&#233; aux transports en commun : leur r&#233;seau et leur fonctionnement, totalement r&#233;organis&#233;s, permettront aux Toulousains d'acc&#233;der au centre&#173; ville facilement, rapidement, le soir comme dans la journ&#233;e et gratuitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;pondre au choix d'un quartier urbain, l'int&#233;gration du futur espace, actuellement d&#233;nomm&#233; Compans-Caffarelli, doit se faire selon trois directions : avec les quartiers voisins (Arnaud-Bernard, Honor&#233; de Cerres - Ch&#226;lets, Lascroses -Amidonniers), avec le centre de Toulouse, avec l'ensemble de l'agglom&#233;ration. Ce souci r&#233;pond &#224; la volont&#233; de rompre avec le zonage urbain qui cr&#233;e des espaces sp&#233;cialis&#233;s tels que les cit&#233;s-dortoirs ou les cit&#233;s administratives ou encore les zones industrielles. Morcellement des fonctions, autant de zones difficiles &#224; vivre. Le choix de l'APU est donc de r&#233;aliser sur le site des casernes un quartier urbain : un v&#233;ritable morceau de ville et non pas un centre administratif &#224; l'aspect de ville morte une fois les bureaux ferm&#233;s. D'o&#249; l'importance d'y construire de nombreux logements sociaux : un millier, soit 4 &#224; 5 000 personnes (familles de travailleurs, personnes &#226;g&#233;es, jeunes, immigr&#233;s). Pour ces milliers de personnes, mais aussi pour les habitants des quartiers alentour, des &#233;quipements collectifs, le jardin de 3 &#224; 4 hectares contribueront &#224; d&#233;velopper la vie sociale. Et, pour l'ensemble des Toulousains, implanter sur deux &#224; trois hectares un &#233;quipement collectif central accueillant r&#233;unions, manifestations, activit&#233;s de cr&#233;ation. Enfin, envisager sur le site des activit&#233;s &#233;conomiques : artisanat, commerces, ateliers industriels non polluants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouveau quartier urbain central, populaire, doit &#234;tre un lieu d'innovation technique et d'exp&#233;rimentation sociale. En incitant aux recherches techniques afin de construire un habitat social de qualit&#233;, en mat&#233;rialisant les acquis et les revendications des mouvements sociaux (travailleurs, habitants, femmes, &#233;cologistes, consommateurs, usagers...) sur le plan de la vie collective et sur celui de la vie priv&#233;e, ce nouveau quartier devrait concr&#233;tiser la volont&#233; d'un autre urbanisme &#224; Toulouse, rompant avec celui du profit et de l'in&#233;galit&#233; sociale, recherchant un ville autrement construite afin de r&#233;pondre aux aspirations de la grande majorit&#233; des citadins &#224; une vie meilleure.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Christian B&#201;RINGUIER&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ch B&#233;ringuier et al., &#171; Toulouse, une ville, un d&#233;bat &#187;, Revue g&#233;ographique des Pyr&#233;n&#233;es et du Sud-Ouest. Sud-Ouest Europ&#233;en 54, no 1 (1983) : 145&#8209;68, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3406/rgpso.1983.3924&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3406/rgpso.1983.3924&lt;/a&gt;. NdE&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce document a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par Christian B&#233;ringuier &#224; partir de dossiers &#233;labor&#233;s par l'UCQ (41, avenue de Fronton, 31200 Toulouse) et l'APU [Agence Populaire d'Urbanisme NdE] (7, Descente de la Halle aux Poissons, 31000 Toulouse).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zone &#224; Urbaniser en Priorit&#233; : proc&#233;dure administrative op&#233;rante entre 1959 et 1967 pour permettre de cr&#233;er des quartiers &#224; partir de rien avec logements, commerces et &#233;quipements. Cr&#233;&#233;es par le d&#233;cret N&#176;58-1464 du 31 d&#233;cembre 1958 en 12 ans 197 ZUP sont am&#233;nag&#233;es cr&#233;ant 2,2 millions de logements. &#192; Toulouse il y aura 3 ZUP Bagatelle, le Mirail et donc Rangueil. La loi d'action fonci&#232;re de 1967 cr&#233;era des Zones d'Am&#233;nagement Concert&#233;s (ZAC), les derni&#232;res ZUP seront cr&#233;&#233;es en 1969. La ZAC offre une part plus importante aux promoteurs. [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plan d'Occupation des Sols. Document d'urbanisme cr&#233;&#233; par la loi d'orientation fonci&#232;re de 1967 il est remplac&#233; par les Plan Locaux d'Urbanisme par la loi ALUR du 24 mars 2014. &#171; [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sch&#233;ma Directeur d'Am&#233;nagement et d'Urbanisme NdE&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La ZUP de Rangueil : Histoire d'un d&#233;voiement et d'une r&#233;volte [1983]</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/la-zup-de-rangueil-histoire-d-un-devoiement-et-d-une-revolte-1983</link>
		<guid isPermaLink="true">https://toulouse.espacesensible.net/la-zup-de-rangueil-histoire-d-un-devoiement-et-d-une-revolte-1983</guid>
		<dc:date>2025-03-27T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>1980-1989</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit au d&#233;but des ann&#233;es 1980 par Michel Marti animateur de la lutte contre la &#171; rocade Sud &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/archeologie-du-projet-metropolitain" rel="directory"&gt;Arch&#233;ologie du projet m&#233;tropolitain&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/luttes-sociales" rel="tag"&gt;Luttes sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/1980-1990" rel="tag"&gt;1980-1989&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/temoignage" rel="tag"&gt;T&#233;moignage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH101/rocade_sude-rangueil-logo-00d28.jpg?1771458043' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; &#233;crit au d&#233;but des ann&#233;es 1980 par Michel Marti animateur de la lutte contre la &#171; rocade Sud &#187;. Pr&#233;sident du conseil syndical et de l'Association des r&#233;sidents de Rangueil. Coiffeur de son &#233;tat, r&#233;fugi&#233; espagnol, il avait &#233;t&#233; avec Julia Marti, sa compagne, militant au POUM lors de la r&#233;volution en Espagne. Publi&#233; dans une revue scientifique en 1983 il est marqu&#233; par le vocabulaire urbanistique avec de nombreux sigles, en cela aussi il t&#233;moigne des luttes urbaines et de leurs difficult&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; en 1983 dans le num&#233;ro 54 de la Revue g&#233;ographique des Pyr&#233;n&#233;es et du Sud-Ouest aux pages 145-151 &lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rgpso_0035-3221_1983_num_54_1_3924&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible en ligne sur le site Pers&#233;e&lt;/a&gt;. Pour cette publication des notes ont &#233;t&#233; ajout&#233; elles sont not&#233;es note de l'&#233;diteur [NdE]. Il fait partie d'une s&#233;rie de texte rassembl&#233;e en une Chronique qui, selon ses auteurs &#171; rassemble des documents : t&#233;moignages, positions, extrapolations, relatifs &#224; des faits ou &#224; des projets dont il peut arriver que les g&#233;ographes aient &#224; tenir compte quand ils abordent l'&#233;tude d'une grande ville en cherchant &#224; saisir la signification de ses transformations. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous le republions ici pour donner, &#224; nos lecteurs et lectrices, directement acc&#232;s &#224; la parole et aux analyses des personnes qui ont anim&#233; ces luttes. Les images sont ajout&#233;es pour cette &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi les ZUP ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de la ZUP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zone &#224; Urbaniser en Priorit&#233; : proc&#233;dure administrative op&#233;rante entre 1959 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] de Rangueil remonte au d&#233;but des ann&#233;es 1960, p&#233;riode cruciale marqu&#233;e par l'arriv&#233;e &#224; l'&#226;ge de travailler des g&#233;n&#233;rations nombreuses d'apr&#232;s 1945 (867 600 naissances en 1947, 867 500 en 1948, ann&#233;es records de la natalit&#233; fran&#231;aise), par un exode rural consid&#233;rable (de 1914 &#224; 1962, la population urbaine s'&#233;tait accrue de 5 millions d'habitants, alors que la population rurale avait enregistr&#233; une perte de 1200000 personnes), par une importante immigration de travailleurs &#233;trangers, aspir&#233;s par une &#233;conomie en surchauffe, par la fin de l'aventure alg&#233;rienne et son corollaire, le rapatriement massif des Europ&#233;ens et l'arriv&#233;e de nombreux musulmans (710 000 dans la seule ann&#233;e 1962) et par la mise en place du Trait&#233; de Rome cr&#233;ant le March&#233; commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
La conjonction de ces facteurs donna un coup de fouet aux processus de concentration urbaine, aggravant la crise du logement que la France &#233;prouvait depuis de longues ann&#233;es. Le parc immobilier s'av&#233;rait insuffisant, surpeupl&#233;, inconfortable, v&#233;tuste, mal entretenu et d&#233;pourvu de tout environnement social et on estimait &#224; 20 ou 25 millions le nombre d'habitants qu'il faudrait accueillir, en 30 ans, dans les villes fran&#231;aises : il fallait construire pendant ce temps ce que d'autres pays avaient b&#226;ti en un si&#232;cle. Le retard pris depuis la Premi&#232;re guerre mondiale &#233;tait estim&#233; &#224; 3900 000 logements. En 1958, 36,8 % des Fran&#231;ais vivaient dans des logements surpeupl&#233;s. En 1962, 22,6 % des logements n'avaient pas l'eau courante ; 59,6 % manquaient de WC int&#233;rieurs ; 72 % ne disposaient ni de baignoire ni de douche ; 32 % des r&#233;sidences principales dataient d'avant 1871 ; 29,5 % avaient &#233;t&#233; construites en 1871 et 1914, et 21,5 % entre 1915 et 1948. Pendant ce temps, l'Allemagne avait construit quatre fois plus de logements et l'Angleterre plus du double et la France semblait incapable d'assurer &#224; chacun le droit de se loger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux obstacles freinaient l'essor de la construction : la faiblesse de l'industrie du b&#226;timent et la hausse galopante du prix des terrains. Pour l'ensemble du territoire, la valeur moyenne des terrains avait tripl&#233; entre 1950 et 1958 et tripl&#233; encore entre 1958 et 1960. Entre 1939 et 1960, l'indice des prix de la construction &#233;tait pass&#233; de 1 &#224; 30, et celui des terrains de 1 &#224; 300.&lt;br class='autobr' /&gt;
La flamb&#233;e des prix fonciers a eu les plus graves r&#233;percussions dans le secteur social de la construction : limitation de la taille, du nombre et de la qualit&#233; des logements ; r&#233;servation des centres urbains aux logements de luxe, aux bureaux ; &#233;loignement des logements sociaux vers des banlieues de plus en plus lointaines. Le logement social &#233;tait ainsi &#233;cras&#233; par la pression fonci&#232;re : l'argent pomp&#233; chaque ann&#233;e par la sp&#233;culation sur les terrains &#233;quivalait &#224; peu pr&#232;s au total des cr&#233;dits consacr&#233;s par l'&#201;tat &#224; l'aide au logement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Compte tenu de l'incapacit&#233; du secteur priv&#233; &#224; apporter une solution &#224; la crise du logement et des ravages provoqu&#233;s par la sp&#233;culation fonci&#232;re, l'&#201;tat s'est vu contraint de proc&#233;der &#224; un changement radical en substituant une politique op&#233;rationnelle &#224; celle de simple sauvegarde. Plus que dirigiste, l'&#201;tat est devenu acteur, en se dotant des organes indispensables pour ex&#233;cuter, plus ou moins directement, une grande partie de ses objectifs. Cette &#233;volution s'est traduite, dans le domaine de l'urbanisme, par la cr&#233;ation des Zones &#224; urbaniser en priorit&#233; (ZUP) dans lesquelles la puissance publique assumerait, outre la responsabilit&#233; de la pr&#233;vision, dont elle avait d&#233;j&#224; la charge, celle de la ma&#238;trise d'ouvrage. Les ZUP se situaient en mati&#232;re d'am&#233;nagement foncier et d'urbanisme &#224; l'oppos&#233; du lib&#233;ralisme int&#233;gral. Cette nouvelle formule pr&#233;tendait casser la sp&#233;culation fonci&#232;re et lib&#233;rer de vastes zones en vue de la cr&#233;ation de grands ensembles, dot&#233;s de tous les &#233;quipements n&#233;cessaires &#224; la vie urbaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
La ZUP, institution hautement centralis&#233;e, comportait une structure compos&#233;e d'une soci&#233;t&#233; d'&#233;quipement, &#233;manation de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations, charg&#233;e d'acqu&#233;rir les terrains, de les &#233;quiper et de les c&#233;der aux constructeurs publics ou priv&#233;s, d'un architecte en chef agr&#233;&#233; par le Ministre de la Construction et d&#233;sign&#233; par la commune, et d'un CAU&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseil d'Architecture et d'Urbanisme (aujourd'hui CAUE : Conseil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] qui approuvait les plans masse &#224; l'&#233;chelon central. La ZUP disposait dans le m&#234;me temps d'un financement propre, assur&#233; par le FNAFU&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fonds National d'Am&#233;nagement Foncier et d'Urbanisme [nde&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;], qui accordait les avances en vue de l'acquisition des terrains, et par le FDES&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fonds de D&#233;veloppement &#201;conomique et Social [nde&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;], qui approuvait le bilan de l'op&#233;ration, et elle devait suivre une proc&#233;dure rigoureuse, dont les principales phases &#233;taient : le pr&#233;financement par le FNAFU, qui permettait les achats fonciers, et l'approbation du plan masse par le Ministre de la Construction apr&#232;s consultation du CAU, et l'approbation du bilan financier par le FDES.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/20220907_124537.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH701/20220907_124537-4f34d.jpg?1771458043' width='500' height='701' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Couverture du Livre noir de l'am&#233;nagement - PSU mai 1975
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rangueil : une ZUP pas comme les autres.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;nurie de logement &#233;tait &#224; Toulouse sup&#233;rieure &#224; la moyenne nationale. En 1950, 17 % seulement des logements avaient un cabinet de toilette et 7 % &#233;taient desservis par le tout-&#224;-l'&#233;gout ; on d&#233;nombrait 6 000 logements insalubres et 12 000 insolides. La situation &#233;tait d'autant plus grave, en particulier dans le secteur social, que les salaires &#233;taient plus faibles et les loyers plus &#233;lev&#233;s que dans la plupart des grandes agglom&#233;rations. En 1963, 20 000 demandeurs &#233;taient inscrits &#224; l'Office des HLM pour 88 logements disponibles ; environ 84 % de ces familles avaient un revenu mensuel de 300 &#224; 800 francs et, pour 3,35 % d'entre elles, de moins de 300 francs, alors que le plafond de ressources fix&#233; trois ans auparavant &#233;tait de 1813 francs pour une famille de trois personnes d&#233;sirant un logement type 3 HLM ordinaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette situation dramatique, la ville adoptait le 5 juin 1956, un projet d'acquisition de terrains en vue de la construction de logements dans le quartier de Rangueil, d&#233;cision qui aurait pu passer inaper&#231;ue si elle n'avait &#233;t&#233; suivie, quelques mois plus tard, d'une autre d&#233;lib&#233;ration d'une port&#233;e consid&#233;rable : en effet, le 16 octobre, le Conseil municipal votait un rapport relatif &#224; l'am&#233;nagement dans le m&#234;me secteur d'un tr&#232;s important centre universitaire. En juin 1957, le Maire &#233;tait autoris&#233; &#224; signer les conventions suivant lesquelles la Soci&#233;t&#233; d'&#233;quipement de la Haute-Garonne proc&#233;dait aux &#233;tudes et &#224; la r&#233;alisation des travaux d'infrastructure et des &#233;quipements g&#233;n&#233;raux n&#233;cessaires au grand ensemble d'habitations du quartier de Rangueil.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le projet du tr&#232;s important centre d'activit&#233;s que repr&#233;senterait le complexe scientifique &#8211;140 hectares &#8211; qui avait rendu n&#233;cessaire la nouvelle composition urbaine, et c'est en fonction de ce vaste complexe qu'allaient &#234;tre con&#231;us le plan d'urbanisme et le plan de masse. Ces deux p&#244;les, &#8211;l'un, fournisseur d'habitations, l'autre, g&#233;n&#233;rateur d'emplois &#8211; &#233;taient &#233;troitement li&#233;s, et ce dans la plus parfaite compl&#233;mentarit&#233;. Ces grands &#233;tablissements assureraient aux habitants des activit&#233;s &#171; propres &#187;, de courts trajets logement-travail et un environnement riche en espaces verts. Le quartier de Rangueil, concluait alors le Maire en juillet 1959, serait destin&#233; &#224; prendre dans l'avenir une tr&#232;s grande importance refl&#233;t&#233;e par la place &#233;minente qui lui serait reconnue dans le sch&#233;ma des transports en site propre de la ville : terminus d'une ligne principale et liaison directe avec le Mirail et la zone industrielle de l'ouest de Toulouse. Le m&#234;me mois, le Conseil municipal d&#233;clarait ZUP la zone de Rangueil, sa fiche d'identit&#233;, dress&#233;e par son plan d'urbanisme, &#233;tait excellente : site privil&#233;gi&#233;, situation centrale dans un quartier urbanis&#233;, d&#233;bouch&#233;s nombreux et s&#251;rs, &#233;quipements sociaux satisfaisants (un centre social culturel et administratif, une salle des f&#234;tes, une maison des jeunes et une biblioth&#232;que). La ZUP de Rangueil serait l'antith&#232;se du mod&#232;le courant des autres ZUP, mal situ&#233;es, excentr&#233;es, difficilement accessibles, trop co&#251;teuses, d&#233;pourvues de tout service d'entra&#238;nement et de tout p&#244;le d'emploi. Mais rapidement s'affirma un ph&#233;nom&#232;ne d'une gravit&#233; indiscutable : la promotion priv&#233;e bouda massivement ces zones op&#233;rationnelles, faisant ainsi retomber la charge de l'urbanisation des ZUP sur les seuls constructeurs sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Priv&#233; du brassage social sur lequel se fondait la modulation des charges fonci&#232;res, on aboutit aux ZUP-HLM, c'est-&#224;-dire aux ZUP-s&#233;gr&#233;gation. La promotion priv&#233;e pr&#233;f&#233;rait boucher les derniers trous de la ville ancienne, d&#233;j&#224; &#233;quip&#233;e. Le remplissage des ZUP fut &#224; la charge exclusive des organismes HLM. Les constructeurs sociaux furent accul&#233;s, en vue d'&#233;quilibrer le co&#251;t des op&#233;rations, soit &#224; sur densifier, soit &#224; grignoter sur la qualit&#233; de la construction, et la d&#233;faillance de la promotion priv&#233;e dans les ZUP accentua la politique de partage dans le domaine de l'habitat : les gens modestes hors de la ville, les centres urbains, r&#233;serv&#233;s aux classes ais&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
L'&#233;closion manqu&#233;e de la ZUP de Rangueil : la cause et les effets.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ses conditions privil&#233;gi&#233;es, la ZUP de Rangueil devait faire exception &#224; la r&#232;gle. Elle se trouvait depuis longtemps dans le collimateur de la promotion priv&#233;e. Et, pourtant, &#224; ses d&#233;buts, elle &#233;tait bien engag&#233;e sur la voie r&#233;glementaire d'une ZUP authentique. En effet, le projet d'acqu&#233;rir le sol avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; en mai 1956 par la ville ; la convention avec la SEHG&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soci&#233;t&#233; aujourd'hui disparue qui sera celle charg&#233; par l'&#233;tat de la mise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vot&#233;e le 11 juillet 1957, le PUD avait re&#231;u, par deux fois, l'avis favorable du Conseil municipal (6 juillet 1959, 7 juillet 1961) et l'&#233;tude d'am&#233;nagement avait &#233;t&#233; adopt&#233; le 7 septembre 1961 ainsi que le bilan de l'op&#233;ration. On &#233;tait, par cons&#233;quent, en droit d'attendre la r&#233;alisation de la phase capitale : l'acquisition du sol en vue du remembrement de la zone, ce qui devait assurer la ma&#238;trise fonci&#232;re, donc celle de l'op&#233;ration &#224; la ville ou &#224; son concessionnaire, la SEHG. La d&#233;cision appartenait au Conseil municipal r&#233;uni &#224; cet effet le 13 avril 1962. Donnerait-il le coup d'envoi ? Ce fut, h&#233;las, le coup de gr&#226;ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
A son ordre du jour, figurait une d&#233;lib&#233;ration incroyable : la renonciation par la ville &#224; l'exercice de son droit de pr&#233;emption au profit d'un promoteur priv&#233; ; le maire proposait, de fait, l'abandon de la ZUP, car il ne saurait y avoir de ZUP sans ma&#238;trise fonci&#232;re&#8230; L'affaire sentait la combine. Le Conseil municipal avait &#233;t&#233; convoqu&#233; &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt;, trois jours avant l'expiration du d&#233;lai de pr&#233;emption. Aucune des commissions (finances, urbanisme, travaux) n'avait &#233;t&#233; saisie, et la d&#233;lib&#233;ration astucieusement gliss&#233;e dans le jet acc&#233;l&#233;r&#233; des dossiers de &#171; routine &#187;, vou&#233;s g&#233;n&#233;ralement &#224; l'approbation automatique. Le but &#233;tait clair : placer l'opposition devant le fait accompli, escamoter le d&#233;bat et arracher la d&#233;cision au galop.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, l'opposition se d&#233;cha&#238;na, estimant, &#224; juste titre que, s'agissant d'un sol urbain et dans un site privil&#233;gi&#233;, le prix de 20 francs le m&#232;tre carr&#233; fix&#233; par les Domaines et accept&#233; par les propri&#233;taires s'av&#233;rait franchement d&#233;risoire, des terrains ayant &#233;t&#233; vendus dans le m&#234;me secteur, deux ans auparavant, &#224; 40 francs. Mais les conseillers municipaux ignoraient qu'ils se trouvaient, sans le savoir, face &#224; une situation irr&#233;versible : deux mois auparavant, le 23 f&#233;vrier 1962, le Maire, en sa qualit&#233; de Pr&#233;sident de la SEHG, avait d&#233;j&#224; sign&#233; la renonciation &#224; l'achat au b&#233;n&#233;fice de la promotion priv&#233;e ; plus grave encore : six jours avant la cr&#233;ation de la ZUP et un an avant l'approbation du PUD&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plan d'Urbanisme Directeur. Document d'urbanisme fixant les grandes lignes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] par la ville, le Maire avait donn&#233; son accord &#224; une demande d'autorisation pr&#233;alable pour 625 logements formul&#233;e par le m&#234;me promoteur alors que celui-ci n'&#233;tait m&#234;me pas propri&#233;taire du sol. Ces terrains faisaient m&#234;me partie d'une zone r&#233;serv&#233;e pr&#233;cis&#233;ment par la ville, depuis 1956, et dont l'acquisition avait &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; son concessionnaire, la SEHG. Le promoteur devait, par la suite, &#233;clairer les dessous de l'affaire : un accord, dit-il, avait &#233;t&#233; mis sur pied avec les repr&#233;sentants de diverses administrations selon lequel il proc&#233;derait &#224; l'achat des terrains compris dans la ZUP, la ville s'&#233;tant engag&#233;e, selon lui, &#224; avaliser ces achats en levant, &#224; son profit, le droit de pr&#233;emption. Voil&#224; comment tomba dans l'escarcelle de la promotion priv&#233;e cet &#233;norme cadeau : une dizaine d'hectares &#224; 20 francs le m&#232;tre carr&#233;. C'&#233;tait la collusion entre le Pouvoir et l'Argent. L'op&#233;ration devait &#234;tre, pour la promotion priv&#233;e, d'autant plus profitable que, de par sa situation optimale au centre d'un quartier d&#233;j&#224; urbanis&#233;, les frais d'infrastructure n'atteindraient m&#234;me pas le quart du co&#251;t moyen constat&#233; dans les ZUP et zones d'habitations de province.&lt;br class='autobr' /&gt;
La renonciation par la commune &#224; la ma&#238;trise fonci&#232;re a entra&#238;n&#233; l'abandon de l'urbanisme op&#233;rationnel, dans lequel l'auteur et le moteur &#233;taient la puissance publique, seule capable de r&#233;aliser des compositions vastes et rapides &#224; but essentiellement social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le refus de pr&#233;empter a eu pour effet la dislocation structurelle de la ZUP : aucun dossier n'a &#233;t&#233; transmis au FDES ; aucun plan de structure n'a &#233;t&#233; soumis au CAU ; aucun &#233;quipement de superstructure, sinon scolaire, n'a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; ; aucun logement HLM n'y a &#233;t&#233; implant&#233; ; la soci&#233;t&#233; concessionnaire SEHG a &#233;t&#233; ramen&#233;e au r&#244;le de simple prestataire de services aux ordres du promoteur ; la Direction d&#233;partementale de l'&#201;quipement est devenue un fournisseur complaisant de permis de construire, conformes, certes, aux plans de masse priv&#233;s, mais contraires au PUD, pourtant seul document public imp&#233;rativement opposable ; ma&#238;tre du sol, le promoteur est devenu ma&#238;tre de l'op&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
La capitulation de la municipalit&#233; sur le plan de la ma&#238;trise fonci&#232;re n'&#233;tait que le pr&#233;lude de plus graves abdications. Le 11 d&#233;cembre 1962, un premier permis de construire (n&#176; 573) autorisait un programme de 494 logements dans la premi&#232;re tranche (Rangueil A) : 4,5 hectares. Or, le plan masse annex&#233; &#224; l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral (n&#176; 1271.78), n'&#233;tait conforme ni au PUD, ni au plan masse g&#233;n&#233;ral approuv&#233;s par la ville : ces trois b&#226;timents atteignaient cinq niveaux au lieu de trois et un b&#226;timent &#233;tait partiellement implant&#233; sur la zone r&#233;serv&#233;e aux &#233;coles : 20 logements y seraient construits. Le 29 juin 1963, un deuxi&#232;me permis (n&#176; 573 bis) accordait une substantielle rallonge : un lot suppl&#233;mentaire de 32 logements, dont 30 allaient composer un nouveau b&#226;timent enti&#232;rement situ&#233; dans la zone r&#233;serv&#233;e par le PUD au groupe scolaire. Les r&#233;percussions sur le cadre de vie seraient graves : l'ensemble int&#233;rieur devenait, avec ce quatri&#232;me barreau, une redoutable cour de caserne, compte tenu du bruit d&#233;coulant de sa r&#233;sonance ; la voirie initiale devenait un r&#233;seau &#233;troit et sinueux, donc, tr&#232;s dangereux ; une grande partie des r&#233;seaux vanne et pluvial se trouverait sous les b&#226;tisses ; l'espace r&#233;serv&#233; aux &#233;coles serait s&#233;rieusement amput&#233;, son emprise passant de 11 000 &#224; 5 700 m2. L'escalade de la surdensification &#233;tait lanc&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 21 novembre 1963, le Conseil municipal adoptait un nouveau plan masse : un lot suppl&#233;mentaire de 268 logements serait inject&#233; dans l'ensemble de la ZUP ; le programme de la seconde tranche (Rangueil B) passait de 450 &#224; 600 logements, tandis que la &#171; grande salle des F&#234;tes &#187;, le centre culturel et l'&#233;glise, pr&#233;vus dans le PUD, &#233;taient supprim&#233;s. De nouvelles violations y &#233;taient annonc&#233;es : six b&#226;timents en zone F (&#224; 5 niveaux) au lieu de 3 ; trois b&#226;timents en zone D (&#224; 5 niveaux) au lieu de 3. Le Conseil municipal avait adopt&#233;, sans r&#233;ticence, le nouveau plan masse qui &#233;tait en contradiction flagrante avec le PUD, auquel il venait d'accorder son avis favorable et qui restait le seul document public applicable. En juillet 1965, l'architecte du promoteur dressait un nouveau plan (n&#176; 1505-1) qui &#233;tranglait encore davantage l'assise destin&#233;e au groupe scolaire : un autre b&#226;timent de 50 logements r&#233;duirait la zone r&#233;serv&#233;e &#224; une enclave infime de 2 850 m2, la rendant, par cons&#233;quent, impropre &#224; sa destination r&#233;glementaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un fait nouveau allait aggraver la situation : le projet de rocade sud de l'autoroute qui comportait la suppression de deux zones vertes destin&#233;es par le PUD &#224; compenser la surdensit&#233; de la ZUP. Alors qu'ou aurait pu s'attendre &#224; un all&#232;gement des programmes d'habitation en vue de lib&#233;rer des terrains pour assurer un minimum d'espace social &#224; la ZUP, c'est sur une voie diam&#233;tralement oppos&#233;e que les d&#233;cideurs s'&#233;taient engag&#233;s : 205 logements suppl&#233;mentaires seraient autoris&#233;s dans le cadre d'un nouveau plan masse, dans la seconde tranche (Rangueil B) o&#249; 805 logements seraient entass&#233;s sur un peu plus de 5 hectares, ainsi que le groupe scolaire et un centre commercial ; la maison des jeunes y c&#232;derait sa place &#224; une station-service. Pour les 1200 jeunes et enfants de la cit&#233;, un tout autre univers serait r&#233;serv&#233; : celui des sous-sols et des couloirs de caves.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouveau plan de masse ne fut jamais soumis en Conseil municipal ni &#224; aucune proc&#233;dure officielle et, par cons&#233;quent, ne fut jamais publi&#233;, ce qui ne l'emp&#234;cha pas de s'ins&#233;rer dans une convention priv&#233;e conclue entre le promoteur et la SEHG devenue SETOMIP, deux partenaires li&#233;s par une conjonction d'int&#233;r&#234;ts : la surdensification concentrationnaire, les surprofits du premier et la r&#233;mun&#233;ration de la seconde &#233;tant fonction du nombre de logements construits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une supr&#234;me illicit&#233; a rendu possible la perversion urbanistique de la ZUP de Rangueil : 88 infractions au seul PUD, dont 65 au r&#232;glement d'urbanisme, 17 au plan de zonage, et 6 au r&#232;glement de construction. Sur 30 immeubles pr&#233;vus dans le dernier plan de masse, aucun n'&#233;tait exempt d'illicit&#233;. Une violation &#233;tait particuli&#232;rement ressentie par les habitants : celle de l'article 8 du r&#232;glement de construction prescrivant &#171; des espaces de jeux pour les enfants dans chaque groupe de logements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/toulousemisea_jour-rocadesud-1977.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH459/toulousemisea_jour-rocadesud-1977-5e465.jpg?1771455773' width='500' height='459' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;R&#233;alisation de la rocade sud - 1977
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rangueil, la violation a &#233;t&#233; la r&#232;gle. Une ville a, par son refus de pr&#233;empter, livr&#233; l'op&#233;ration &#224; la sp&#233;culation priv&#233;e ; un promoteur a fait &#171; suer le b&#233;ton &#187; ; une soci&#233;t&#233; d'&#233;quipement l'a, sans cesse, encourag&#233; ; une administration complaisante a autoris&#233; toutes les infractions au plan d'urbanisme qu'elle devait pr&#233;cis&#233;ment faire appliquer, d'autant qu'elle l'avait instruit, approuv&#233; et publi&#233;&#8230; Voil&#224; pourquoi, une d&#233;cennie durant, le site &#233;tant optimum et le march&#233; solidement assur&#233;, on a assist&#233; au d&#233;ferlement du b&#233;ton. Par vagues successives il engloutissait tout sur son passage : voirie, espaces verts, terrains de jeux, parkings, &#233;quipements sociaux, zones r&#233;serv&#233;es aux services publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce dans l'indiff&#233;rence, jusqu'&#224; ce jour de 1972 o&#249; un panneau a annonc&#233; la premi&#232;re tranche d'un programme de 364 logements sur la derni&#232;re parcelle disponible (1,8 hectare). Un taux de densit&#233; de 200 logements par hectare ! Ce fut alors, dans la cit&#233;, le d&#233;but d'une lutte g&#233;n&#233;rale contre le promoteur et contre les pouvoirs publics avec, comme ligne de force, la reconqu&#234;te de l'espace social et, comme fer de lance, l'Association des r&#233;sidents de la ZUP. C'&#233;tait l'aboutissement d'un r&#233;veil lent et d'une prise de conscience d'abord diffuse, cheminant, par paliers successifs, de la notion, restrictive, du droit au logement &#224; celle, plus large, du droit &#224; l'habitat, qui apporte, au noyau privatif du logis, cet &#233;l&#233;ment compl&#233;mentaire qu'est l'espace social, g&#233;n&#233;rateur d'une communaut&#233; de vie. La bataille a &#233;t&#233; longue et dure : dix ans ont &#233;t&#233; n&#233;cessaires pour arracher la &#171; densit&#233; z&#233;ro &#187; dans la parcelle litigieuse, dont la vague contestataire devait, par ailleurs, largement d&#233;border l'enjeu en vue de reconqu&#233;rir la totalit&#233; de l'espace social initialement pr&#233;vu par le PUD. &#192; d&#233;faut de n'avoir pu supprimer la rocade sud, on a tout de m&#234;me r&#233;ussi &#224; en desserrer l'&#233;treinte et &#224; en r&#233;duire l'emprise et les nuisances gr&#226;ce &#224; l'&#233;loignement de son trac&#233;, &#224; l'abandon de ses &#233;changeurs, &#224; sa construction en tranch&#233;e et surtout &#224; son passage sous le Canal du Midi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allusion au trac&#233; de l'autoroute &#171; des deux mers &#187; &#224; travers cette partie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et un grand complexe sportif de loisirs et de verdure est en cours d'am&#233;nagement sur le pourtour m&#233;ridional de la ZUP, reconquis apr&#232;s une d&#233;cennie de combat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le POS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plan d'Occupation des Sols. Document d'urbanisme cr&#233;&#233; par la loi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] de Toulouse a enregistr&#233; la victoire de la ZUP en classant un ensemble parcellaire de 8 hectares dans la liste des emplacements r&#233;serv&#233;s aux espaces verts et aux &#233;quipements de quartier, soit dans la zone ND&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces initiales font r&#233;f&#233;rences aux documents d'urbanisme qui attribuent, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;], destin&#233;e aux &#233;quipements sportifs et de loisirs. C'est la plus longue bataille, mais aussi la plus grande victoire enregistr&#233;e dans les annales des luttes urbaines toulousaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel MARTI.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/20220907_124612.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH667/20220907_124612-98144.jpg?1771458044' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tract d'appel &#224; un rassemblement contre la ZUP de Rangueil
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zone &#224; Urbaniser en Priorit&#233; : proc&#233;dure administrative op&#233;rante entre 1959 et 1967 pour permettre de cr&#233;er des quartiers &#224; partir de rien avec logements, commerces et &#233;quipements. Cr&#233;&#233;es par le d&#233;cret N&#176;58-1464 du 31 d&#233;cembre 1958 en 12 ans 197 ZUP sont am&#233;nag&#233;es cr&#233;ant 2,2 millions de logements. &#192; Toulouse il y aura 3 ZUP Bagatelle, le Mirail et donc Rangueil. La loi d'action fonci&#232;re de 1967 cr&#233;era des Zones d'Am&#233;nagement Concert&#233;s (ZAC), les derni&#232;res ZUP seront cr&#233;&#233;es en 1969. La ZAC offre une part plus importante aux promoteurs. [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conseil d'Architecture et d'Urbanisme (aujourd'hui CAUE : Conseil d'Architecture et d'Urbanisme et d'Environnement) institu&#233; par la loi sur l'architecture du 3 janvier 1977 ce sont des associations loi 1901 qui sont financ&#233; par l'imp&#244;ts, des subventions et des contrats avec les collectivit&#233;s. Les CAU ont un r&#244;le consultatif aupr&#232;s des op&#233;rateurs publics et priv&#233;s et une mission d'information et de sensibilisation aux questions d'am&#233;nagements et d'architectures. Ils comptent 23 membres 6 &#233;lus par le conseil g&#233;n&#233;ral parmi les &#233;lus locaux, 4 repr&#233;sentants de l'&#201;tat (architectes des b&#226;timents de France, le directeur d&#233;partement de l'&#233;quipement, le directeur d&#233;partemental de l'Agriculture, l'inspecteur d'acad&#233;mie), 6 personnes &#171; qualifi&#233;es &#187; nomm&#233;s par le pr&#233;fet, 6 repr&#233;sentants des collectivit&#233;s locales nomm&#233;s par le conseil g&#233;n&#233;ral, 1 repr&#233;sentant &#233;lu du personnel de l'association. Le pr&#233;sident du CAUE est un &#233;lu local. Voir pour la r&#233;gion Occitanie : &lt;a href=&#034;https://www.les-caue-occitanie.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.les-caue-occitanie.fr/&lt;/a&gt; [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fonds National d'Am&#233;nagement Foncier et d'Urbanisme [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fonds de D&#233;veloppement &#201;conomique et Social [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soci&#233;t&#233; aujourd'hui disparue qui sera celle charg&#233; par l'&#233;tat de la mise en &#339;uvre du plan d'am&#233;nagement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plan d'Urbanisme Directeur. Document d'urbanisme fixant les grandes lignes de l'am&#233;nagement il est aujourd'hui remplac&#233; par le Plan Local d'Urbanisme (entre autres). [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Allusion au trac&#233; de l'autoroute &#171; des deux mers &#187; &#224; travers cette partie de Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plan d'Occupation des Sols. Document d'urbanisme cr&#233;&#233; par la loi d'orientation fonci&#232;re de 1967 il est remplac&#233; par les Plan Locaux d'Urbanisme par la loi ALUR du 24 mars 2014. [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces initiales font r&#233;f&#233;rences aux documents d'urbanisme qui attribuent, restreignent et cadre, les droits &#224; construire. Cette d&#233;nomination ND fait aujourd'hui r&#233;f&#233;rence &#224; une zone naturelle, ce qui n'est clairement pas le cas ici. [nde&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reynerie, La r&#233;novation urbaine au 21&#232;me si&#232;cle</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/reynerie-la-renovation-urbaine-au-21eme-siecle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://toulouse.espacesensible.net/reynerie-la-renovation-urbaine-au-21eme-siecle</guid>
		<dc:date>2025-01-30T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>2000-2009</dc:subject>
		<dc:subject>2010-2019</dc:subject>
		<dc:subject>2020-2029</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Transformations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un quartier populaire qui fait face, depuis plus d'une vingtaine d'ann&#233;es, &#224; une transformation agressive. Retour historique et promenade avec Karine, une habitante qui r&#233;siste &#224; son expropriation.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/archeologie-du-projet-metropolitain" rel="directory"&gt;Arch&#233;ologie du projet m&#233;tropolitain&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2000-2010" rel="tag"&gt;2000-2009&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2010-2019" rel="tag"&gt;2010-2019&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2020-2029" rel="tag"&gt;2020-2029&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/temoignage" rel="tag"&gt;T&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/transformations" rel="tag"&gt;Transformations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH107/logo-4-953ad.jpg?1771458044' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En se promenant &#224; Reynerie, un des quartiers du grand Mirail &#224; Toulouse, on vous parle du grand d'Indy et du Petit Var&#232;se, de Messager et d'Oriacombe, de Gluck, Poulenc et Cambert. On se rappelle le grand Var&#232;se qui est tomb&#233; et on vous montre Jean-Gilles qui a &#233;t&#233; refait&#8230; On pourrait se croire dans un film des ann&#233;es 50 avec Pr&#233;vert ou Audiard aux dialogues. Mais c'est d'immeubles dont il est question ici, et d'un quartier populaire qui fait face, depuis plus d'une vingtaine d'ann&#233;es, &#224; une transformation agressive. Retour historique et promenade avec Karine, une habitante qui r&#233;siste &#224; son expropriation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Y'avait 270 foyers ici, y'en a que 16 qui s'opposent, ce ne sont pas les 16 qui vont faire la loi. (&#8230;) Je suis mandat&#233; pour que les institutions m&#232;nent &#224; bien leur projet parce que c'est le mandat populaire que nous avons re&#231;u par le vote. Tant que nous sommes en d&#233;mocratie ce sera comme &#231;a. J-L Moudenc, 23 mars 2022&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;p&#234;che 23 mars 2022 : &#171; Toulouse : Fran&#231;ois Ruffin, Jean-Luc Moudenc, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le quartier monte au ciel, massif, tout en b&#233;ton&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; dans une premi&#232;re version plus courte dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ses plaies sont visibles : des chantiers ouverts, des appartements ferm&#233;s, et ses habitant&#183;es progressivement pouss&#233;&#183;es dehors. &#171; Dans 20 ans ce sera la Reyne-elle-pleure, on sera plus l&#224;, ce ne sera plus le m&#234;me d&#233;cor &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sonia Abdallah dans les Splendides, court m&#233;trage de Meryem-Bahia Arfaoui.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui dans les ann&#233;es 2020, il faut remettre le quartier dans sa courte histoire et remonter aux ann&#233;es 60. La municipalit&#233; est alors engag&#233;e dans un projet de d&#233;veloppement caract&#233;ris&#233; par la politique dite des &#171; m&#233;tropoles d'&#233;quilibre &#187;. Une politique d'am&#233;nagement du territoire qui est cens&#233;e pallier &#224; la disproportion entre Paris et le reste de la France. Il faut capter des entreprises et des habitant&#183;es pour se hisser au niveau d'une capitale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir publi&#233; pr&#233;c&#233;demment Toulouse, une m&#233;tropole en projet.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reynerie est l'un des trois quartiers historiques du &#171; projet Mirail &#187;, avec Bellefontaine et Mirail-Universit&#233;. Au d&#233;part, il y a un maire &#171; b&#226;tisseur &#187;, qui veut doubler, au propre comme au figur&#233;e, la vieille ville d'une autre, moderne et rayonnante. Louis Bazerque, le maire de service, l'appelle &#171; Ville Miroir &#187;, le Mirail en occitan. La modernit&#233; d'alors est synonyme de b&#233;ton et il faut loger les masses. Entre autres projets, l'id&#233;e d'une &#171; ville nouvelle &#187; de 25 000 logements et 100 000 habitant&#183;es est dans les cartons. Elle doit s'&#233;tendre sur plus de 200 hectares. Et en proportion c'est effectivement presque l'&#233;quivalent de la ville historique, mais avec une r&#233;flexion d'ensemble qui est cens&#233;e produire l'harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/img20241121113557.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH375/img20241121113557-53f7c.jpg?1771458044' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Reynerie - Vue sur les pyr&#233;nn&#233;es - 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Laure
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Mirail : b&#226;tir la vie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des architectes audacieux et utopiques remportent le concours : Candilis, Josic et Woods. &#171; Nous avons essay&#233; de faire un quartier de Toulouse, ni grand ensemble, ni ville nouvelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vingt-quatre heures sur la deux, 19 mars 1970 : &#171; George Candilis, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; affirme le premier en 1970. Le Mirail ne doit pas &#234;tre une banlieue, mais un vrai centre. Les concepteurs affichent une pr&#233;occupation humaniste : la dalle et les coursives en sont l'expression architecturale. La dalle permet en effet une circulation pi&#233;tonne dans l'ensemble du quartier et les coursives installent des rues aux 5&#232;me et 9&#232;me &#233;tages. Il s'agit, pour les concepteurs, rien de moins que de &#171; r&#233;inventer la rue &#187; en la d&#233;livrant de l'emprise de l'automobile, afin de lui redonner sa fonction de lien et d'espace de rencontre. Les appartements ne sont pas en reste, traversants, ils sont spacieux, lumineux et a&#233;r&#233;s. La qualit&#233; de l'habitat doit mettre le logement social &#224; la hauteur d'un logement de standing.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, les quartiers peuvent b&#233;n&#233;ficier de nombreux espaces verts, d'un parc avec un lac (&#224; Reynerie justement), des &#233;quipements culturels et de nombreux commerces. On y construit aussi des &#233;coles primaires, des coll&#232;ges, une universit&#233;, une &#233;cole d'architecture. Des zones d'activit&#233;s alentours doivent garantir la possibilit&#233; de l'emploi. Lire le discours tenu &#224; l'&#233;poque par ses promoteurs est &#233;clairant sur l'ambition qui s'y logeait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On s'est attach&#233; ici &#224; recr&#233;er &#224; l'&#233;chelle contemporaine le tissu urbain de la vieille ville. Puisque l'homme, aujourd'hui, c'est aussi une voiture, on cr&#233;e des autoroutes urbaines, des parkings, une partie en sous-sol, sous une dalle de b&#233;ton. En surface, au soleil, cette dalle constitue une vaste voie pi&#233;tonni&#232;re qui se d&#233;veloppe sur 5 km et qui restitue &#224; la rue sa fonction originelle oubli&#233;e depuis le Moyen-&#194;ge. C'est &#224; partir de ce lieu privil&#233;gi&#233; d'&#233;changes et de rencontres que naissent toutes les activit&#233;s urbaines : habitations (immeubles collectifs et pavillons individuels, au total 23 000 logements), commerces, centres administratifs et sociaux, &#233;coles et facult&#233;s, sports et loisirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puisque le pi&#233;ton c'est la vie, on lui m&#233;nage des promenades ombrag&#233;es (95% des arbres ont &#233;t&#233; conserv&#233;s), on met en eau de v&#233;ritables lacs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi le Mirail, &#233;chappant &#8220;aux sucres de b&#233;ton, aux dominos&#8221; d'un urbanisme d&#233;pass&#233;, est-il en train de gagner ce pari : offrir &#224; 100 000 habitants de vivre en libert&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brochure publi&#233;e en mars 1971 par la Soci&#233;t&#233; d'&#201;quipement de Toulouse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1269 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/toulousemisea_jour-temax-mirail-avril1971.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH318/toulousemisea_jour-temax-mirail-avril1971-4afc4.jpg?1771458044' width='500' height='318' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Team X posant devant le Mirail, Candilis au centre Avril 1971
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le chantier commenc&#233; en 1964 n'arrivera pas au bout de l'ambition planifi&#233;e. Il devient casus belli de la campagne municipale de 1971 : &#171; Le Mirail est un satellite sans &#226;me impos&#233; d'autorit&#233; aux portes d'une cit&#233; souriante. Il est urgent de rentabiliser le Mirail... &#187; proclame Andr&#233; Turcat, le futur adjoint de Pierre Baudis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Turcat, pilote d'essai du Concorde futur adjoint au logement de Pierre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, le projet attaque directement la rente fonci&#232;re en limitant administrativement les constructions hors du Mirail. D&#232;s 1974, la dalle subit de premi&#232;res d&#233;molitions et le projet d'ensemble est abandonn&#233; pour des projets partiels confi&#233;s &#224; de la promotion priv&#233;e, ce qui correspond aussi au souhait de l'&#201;tat de privil&#233;gier le pavillonnaire et l'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233;. Fin d'une &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un quartier sous pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Mirail va conna&#238;tre des crises multiples. D'abord, il y a les m&#233;canismes du march&#233; et du logement social qui concentrent les richesses comme la pauvret&#233;. Mais &#224; cela il faut ajouter le racisme qui traverse la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et la gestion polici&#232;re de la question sociale. La dalle et les coursives ne sont pas pratiques pour les patrouilles des forces de l'ordre. Le quartier est un labyrinthe et les jeunes stagnent dans les coins, le quartier commence &#224; se faire une r&#233;putation. Alors, les coursives sont mur&#233;es, la dalle est d&#233;mantel&#233;e par morceaux. Les commerces de proximit&#233;s sont nombreux &#224; fermer victimes &#224; la fois des faibles revenus de la population et de la concurrence des hypermarch&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eut pourtant dans les ann&#233;es 80 le festival Racines qui avait une notori&#233;t&#233; importante et drainait des gens de partout autour du lac de la Reynerie. Mais le festival n'arrive pas &#224; se maintenir au-del&#224; de 1994 et c'est peut-&#234;tre un moment de bascule. Le m&#233;tro arrive au c&#339;ur du quartier en 1993, mais rien n'y fait : ch&#244;mage, discriminations, manque de perspective, bref &#171; la gal&#232;re &#187; s'installe et le m&#233;pris s'accumule. Peut-&#234;tre que l'un des points marquants de cette &#233;poque c'est la mort de Habib Ould Mohammed, dit &#171; Pipo &#187;, touch&#233; par le tir du brigadier Henri Blois. Il sera abandonn&#233; par la patrouille et mourra de ses blessures, le 13 d&#233;cembre 1998. Il avait 17 ans. Le quartier s'enflamme pour quatre jours d'&#233;meutes m&#233;morables. Et pour ceux qui y ont particip&#233; ce n'&#233;tait pas qu'une r&#233;action, c'&#233;tait vital : &#171; Le seul moyen pour ces gens-l&#224; de penser et de comprendre notre souffrance, qu'ils n'avaient pas tu&#233; un chat ou un chien, c'&#233;tait de r&#233;agir. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chouf tolosa 10 juin 2019 : &#171; Habib &#171; Pipo &#187;, 20 apr&#232;s.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ans plus tard, en septembre 2001, c'est l'explosion d'AZF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 21 septembre 2021 &#224; 10h17 300 &#224; 400 tonnes de nitrate d'ammonium explose (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les quartiers prennent de plein fouet le souffle de l'explosion qui fait de nombreux bless&#233;&#183;es. La gestion de la catastrophe sera marqu&#233;e par le m&#233;pris, on se souvient encore de l'arriv&#233;e des CRS avant les &#233;quipes de nettoyage. &#192; certains endroits, c'est du plastique noir qui fera office de fen&#234;tre en attendant que le probl&#232;me soit r&#233;gl&#233;. Deux ans apr&#232;s, en 2003, on en voyait encore sur certaines barres.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2002, le coup est plus discret mais il aura des cons&#233;quences &#224; long terme. L'&#201;tat, la mairie, la r&#233;gion, le d&#233;partement et les bailleurs signent la premi&#232;re convention dans le cadre du Grand Projet de Ville (GPV). C'est le d&#233;but d'un projet de &#171; renouvellement urbain &#187; qui, sous diverses formes, s'&#233;tend jusqu'&#224; aujourd'hui et bouleverse en profondeur la vie du quartier, en chantier depuis vingt ans. Si, dans un premier temps, les d&#233;m&#233;nagements se sont fait plus ou moins &#224; l'amiable, la situation se durcit de plus en plus et la violence sociale induite par la r&#233;novation augmente. Le traitement dont ont fait l'objet les coll&#233;gien.nes du quartier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Fermeture de deux coll&#232;ges &#224; Toulouse : Vous avez dit mixit&#233; sociale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; lors de la fermeture de leurs coll&#232;ges montre la violence r&#233;elle et symbolique de cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1270 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/img20241121114359.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH375/img20241121114359-d3a8f.jpg?1771458044' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Reynerie - Vue des coursives - 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Laure
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'organisation de l'abandon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2018, lors d'une session de porte-&#224;-porte avec &lt;a href=&#034;https://www.ouvriersgensdici.net/spip.php?article252&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un collectif de voisins&lt;/a&gt;, dans l'objectif, sensibiliser les personnes &#224; la d&#233;molition prochaine des immeubles et tenter de fomenter une mobilisation. Nous rencontrons une personne &#224; d'Indy. Elle raconte son attachement au quartier, mais aussi les nombreuses difficult&#233;s v&#233;cues. Elle esp&#232;re que les d&#233;molitions vont lui permettre d'avoir un appartement plus adapt&#233; &#224; ses besoins et en meilleur &#233;tat. Elle se dit fatigu&#233;e, d&#233;prim&#233;e et pourtant elle l'aime son quartier.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est vrai que j'&#233;tais contre qu'ils d&#233;truisent le b&#226;timent, parce que moi, c'est vrai, je suis n&#233;e ici j'ai grandi ici, j'ai d&#233;m&#233;nag&#233;, je me suis mari&#233;e, j'ai eu des enfants, j'ai d&#233;m&#233;nag&#233;, j'ai re-d&#233;m&#233;nag&#233;, je suis revenue dans mon quartier, donc bon c'est vrai que c'est un quartier, c'est comme si que, je me sens chez moi. Ensuite, c'est un quartier o&#249; tout le monde se conna&#238;t. On est comme une famille. Mon voisin pour moi c'est comme mon fr&#232;re. On est bien ensemble. Si quelqu'un a un probl&#232;me toute le monde se l&#232;ve avec lui. C'est chaleureux, convivial, on est bien dans notre quartier. &#187; Pourquoi alors accepter la destruction ? Parce que c'est une promesse d'am&#233;lioration et le signe que peut-&#234;tre, cette fois-ci, les bailleurs vont s'occuper de l'appartement qui se d&#233;grade.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Y'a un moment ils ont dit qu'ils allaient refaire des travaux, qu'ils allaient r&#233;nover, patati patata&#8230; mais il n'y a pas de changement ! Ils ont touch&#233; &#224; rien. Moi je, dans ma chambre les habits ils sont congel&#233;s, tous les jours quand je les mets on dirait qu'ils &#233;taient dehors. J'ai beaucoup de moisissure. Et ensuite, ils ne font qu'augmenter le loyer, augmenter les charges, moi j'arrive plus &#224; payer le loyer, je m'en sors plus&#8230; &#187; Le logement social est une mise sous tutelle o&#249; il est tr&#232;s difficile, si ce n'est par la lutte collective, d'obtenir des am&#233;liorations. Sinon c'est la d&#233;brouille individuelle qui, si elle am&#233;liore la situation, n'est pas simple.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ils s'en foutent, ils s'en foutent compl&#232;tement. Pour nous, on a un logement, on est oblig&#233;s de payer le loyer, et on se tait. Voil&#224;. Mais non. Je suis d&#233;sol&#233;. On a une &#226;me aussi, on a un c&#339;ur et on souffre de l'int&#233;rieur. Oui on souffre. Mais franchement un jour ou l'autre ils vont le d&#233;molir, quand, ils vont &#234;tre oblig&#233;s de le d&#233;molir. Le bloc o&#249; nous sommes, franchement il faut, il faut y vivre pour comprendre. Faut passer une nuit. Quand le vent s'infiltre. Il y'a des trucs qui ont boug&#233; et on les a un peu, rafistol&#233; mais il n'y a pas eu de vrai travail pour que &#231;a soit bien isol&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce t&#233;moignage en recoupe d'autres qui font r&#233;f&#233;rence &#224; la catastrophe d'AZF, qui a compromis s&#233;rieusement l'&#233;tanch&#233;it&#233; des fen&#234;tres et de certaines cloisons. Si certaines barres ont &#233;t&#233; r&#233;nov&#233;es d'autres ont &#233;t&#233; juste rafistol&#233;es, laissant les habitant&#183;es se d&#233;brouiller. Cette situation tape sur les nerfs, et constitue une pression silencieuse au d&#233;part, qui n'est pas sans rappeler celle qui s'exer&#231;ait sur les habitant&#183;es du quartier Saint Georges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les articles sur le quartier Saint-Georges et Chronique de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/img20241121114532.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH667/img20241121114532-bb81e.jpg?1771458044' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Reynerie - Caddie collectif - 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Laure
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partir c'est mourir un peu, rester c'est souffrir beaucoup&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mars 2022, nous visitons le quartier avec Karine. Elle le conna&#238;t bien, sa m&#232;re a achet&#233; en 1979 un appartement &#224; Messager, l'un des immeubles Candilis. D&#233;sormais c'est elle qui en est propri&#233;taire et elle est l'une des r&#233;sistantes &#224; l'expropriation. En venant du m&#233;tro Mirail-Universit&#233;, elle m'indique le jardin partag&#233; sur l'emplacement du grand Var&#232;se, la nouvelle m&#233;diath&#232;que et la nouvelle &#233;cole. Et puis c'est la litanie de la vacance qui commence. Pour Gluck c'est plus de 180 logements qui sont vides, &#224; Grand d'Indy on en compte 220 et Messager est lui aussi d&#233;sert&#233;. Et les vitres cass&#233;es des appartements donnent un air fantomatique et inqui&#233;tant. Il y a aussi Cambert, r&#233;cemment r&#233;nov&#233;, mais &#233;galement promis &#224; la d&#233;molition en 2024 ! &#199;a l'a bien fait rire, Karine, de voir ma mine d&#233;confite. Et elle ajoute que c'est pareil chez elle. Le bailleur, principal propri&#233;taire, a fait voter des travaux en juin 2010, pour une remise aux normes &#233;lectriques et l'isolation des pignons, et a annonc&#233; la d&#233;molition six mois plus tard. &#192; l'&#233;poque le &#171; plan de sauvegarde &#187; &#224; l'&#233;tude va conclure &#224; la n&#233;cessit&#233; de la d&#233;molition, la r&#233;novation &#233;tant trop ch&#232;re pour les habitant&#183;es. La barre va &#234;tre progressivement vid&#233;e, jusqu'&#224; aujourd'hui o&#249; seuls 16 appartements restent occup&#233;s par leurs propri&#233;taires qui r&#233;sistent encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Karine, les habitant&#183;es qui n'ont pas &#171; la chance &#187; d'&#234;tre relog&#233;&#183;es &#224; proximit&#233; sont : &#171; dispers&#233;&#183;es &#224; Colomier, Blagnac, Balma, Cugnaux, Tournefeuille, Plaisance, Portet, Muret, voire m&#234;me Caz&#232;res et Pamiers ! Des personnes qui au bout de deux ou trois mois, voyant qu'ils n'ont plus de transports, de commerces ou de relations de voisinage, demandent &#224; revenir &#187;. Une minorit&#233; d'entre eux a &#233;t&#233; relog&#233;e au domaine du Lac : &#171; c'est la nouvelle fa&#231;on de construire, maintenant, on fait des cubes &#187;. C'&#233;tait pr&#233;vu pour de l'accession &#224; la propri&#233;t&#233; mais personne n'a achet&#233;, alors c'est de la location. Les appartements sont plus petits et plus chers. L'un des leviers pour emp&#234;cher les gens de rester c'est en effet de ne plus produire de grands appartements. &#171; Il n'y a plus de T5 quasiment, enfin si, il y en a, mais dans les barres promises &#224; la d&#233;molition &#187;. Et Karine de rigoler devant l'absurdit&#233; de la situation. Ce n'est pourtant pas tr&#232;s dr&#244;le ce qu'il se passe, &#171; on est en travaux depuis 22 ans, avec les machines, les gravats, la poussi&#232;re&#8230; et quand le vent se l&#232;ve comme aujourd'hui c'est p&#233;nible. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il lui en faut du cran pour tenir t&#234;te. On lui a propos&#233; 1031 euros du m&#232;tre carr&#233; quand les appartements neufs (les fameux donc) se vendent &#224; 2300&#8364; du m2 dans la m&#234;me zone. Et encore l'offre a augment&#233; de 200 euros depuis 2017. Entre temps, la m&#233;thode est simple et a fait ses preuves : laisser pourrir et faire pression. Elle me montre les portes qui ne ferment pas, les traces d'incendies, la salet&#233; des parties communes, les bo&#238;tes aux lettres d&#233;fonc&#233;es par les descentes de flics. Pour elle, l'office HLM des chalets (propri&#233;taire principal) a sciemment laiss&#233; les appartements &#234;tre squatt&#233;s pour ensuite mener une grande op&#233;ration d'expulsion en demandant aux forces de l'ordre de casser les baies vitr&#233;es. Enfin, le b&#226;timent de quinze &#233;tages n'a plus qu'un seul ascenseur qui fonctionne, sur les trois existants, et il est fr&#233;quemment en panne, condamnant les habitant&#183;es les plus &#226;g&#233;&#183;es &#224; un confinement forc&#233;. Pour Karine, &#171; le mode op&#233;ratoire pour intimider et menacer les locataires a fonctionn&#233; jusqu'en 2017, les b&#226;timents ont pu &#234;tre d&#233;molis, sauf le petit Var&#232;se. Et ensuite ils ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; la r&#233;sistance de Messager &#187;. Qu'&#224; cela ne tienne, les pouvoirs publics font tra&#238;ner en longueur, soumettant le quartier &#224; un lent pourrissement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1273 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/img20241121101121.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH375/img20241121101121-3aba3.jpg?1771458044' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Reynerie - Reste de la dalle - 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Laure
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cit&#233;s et d&#233;mocratie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de 20 ans que le quartier est en chantier, Karine a vu beaucoup de PowerPoint et assist&#233; &#224; de nombreuses r&#233;unions de &#171; concertation &#187;. Elle &#233;voque le flou des d&#233;cisions qui changent, le m&#233;pris, les consultations qui n'en sont pas et les sujets impossibles &#224; mettre sur la table. La r&#233;novation des barres en particulier, aujourd'hui (en 2022) port&#233;e par un collectif d'architectes qui avancent des arguments patrimoniaux et &#233;cologiques : Candilis c'est tout une histoire et la r&#233;novation c'est moins cher au vu du co&#251;t final et &#233;cologique. Mais ce n'est pas l'avis de la mairie qui ne voit l&#224; qu'une op&#233;ration immobili&#232;re au m&#233;pris d'une prise en compte globale. Le terrain est devenu une v&#233;ritable mine d'or. Avec le m&#233;tro, nous sommes &#224; 20 minutes du centre-ville et l'acc&#232;s &#224; la route est lui aussi facilit&#233;, &#171; on ne peut pas faire mieux &#187; soupire Karine. Ce secteur peut devenir une premi&#232;re couronne tr&#232;s pris&#233;e dans une agglom&#233;ration qui s'&#233;tend toujours plus. Bien entendu, si on prend en compte la construction et l'empreinte &#233;cologique dans le calcul, c'est une toute autre histoire, d'autant que ces b&#226;timents sont plut&#244;t simples &#224; r&#233;nover. Mais c'est aller &#224; l'encontre d'un discours d&#233;pr&#233;ciatif construit depuis des d&#233;cennies : le probl&#232;me de ces quartiers, c'est le b&#233;ton. D&#233;j&#224; en 2014 l'universit&#233; du Mirail avait choisi de changer de nom pour ne pas &#234;tre &#171; associ&#233;e &#224; un &#233;chec &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;JM Minovez, alors pr&#233;sident de l'universit&#233; du Mirail s'adressant &#224; l'hiver (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela faisait notamment &#233;cho &#224; un article du Monde qui &#233;voquait la &#171; d&#233;sillusion &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde 13 f&#233;vrier 2014 : &#171; Le Mirail de l'utopie &#224; la d&#233;sillusion &#187;.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du Mirail. Et fid&#232;le &#224; la figure socialiste de la r&#233;gion qui disait &#171; Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots &#187;, l'universit&#233; s'est rebaptis&#233;e Jean Jaur&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a donc voulu imputer aux constructions les probl&#232;mes sociaux des habitant&#183;es, alors qu'il ne faut pas avoir fait un doctorat de sociologie pour comprendre qu'avec plus d'argent et moins de racisme ces quartiers auraient eu un autre destin. C'est d'ailleurs l'avis du commissaire enqu&#234;teur de l'enqu&#234;te publique portant sur le projet de renouvellement urbain du quartier Reynerie, en 2017 : &#171; Les &#233;tudes ont malheureusement n&#233;glig&#233; les aspects socio-&#233;conomiques de l'habitat pour privil&#233;gier l'urbanisme et l'environnement qui sembleraient les seules options pour une requalification du quartier &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'enqu&#234;te publique de 2017, &#171; projet de renouvellement urbain du quartier de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il avait donc donn&#233; un avis d&#233;favorable et demand&#233; que les d&#233;molitions soient stopp&#233;es, trouvant que la volont&#233; exprim&#233;e &#171; d'adoucir le paysage urbain &#187; ne valait pas les nuisances provoqu&#233;es sur le plan humain. Et d'ajouter que &#171; apr&#232;s dix ans d'am&#233;nagement, force est de constater que la diversification de l'habitat via l'accession sociale n'a pas fonctionn&#233; et ne fonctionne toujours pas. Les niveaux de revenus des habitants sont toujours aussi faibles et ces locataires auront toujours des difficult&#233;s &#224; se loger ailleurs que dans ces immeubles o&#249; les loyers sont les plus bas. &#187; Qu'&#224; cela ne tienne une nouvelle enqu&#234;te publique est command&#233;e en 2021, et elle donnera cette fois un avis favorable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ga&#235;tan Cognard, l'adjoint au maire en charge du quartier ne dissimile pas ses ambitions : &#171; On ne veut pas forc&#233;ment faire les m&#234;mes erreurs que dans les ann&#233;es 70 en ne misant que sur l'habitat. J'ai envie qu'&#224; l'avenir la Reynerie soit 'The Place to be' et que tous les Toulousains y viennent. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actu Toulouse du 13 janvier 2022 : &#171; Toulouse : D&#233;molitions, nouveaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et de promettre une maison pluridisciplinaire de sant&#233;, une cit&#233; de la danse et une base nautique sur le lac qui deviendrait baignable. Le &#171; renouvellement urbain &#187; est un renouvellement humain, un d&#233;placement de population pour aboutir co&#251;te que co&#251;te &#224; l'effacement de ce quartier populaire. Encore une fois, l'histoire se r&#233;p&#232;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et pour sortir d'un prisme local voir Tenir la Ville : luttes et r&#233;sistances (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#233;cid&#233;ment la modernit&#233; ne veut pas de nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la prochaine livraison nous changerons de format pour &#233;couter un documentaire sonore qui r&#233;sonne beaucoup avec cette situation et d'autres d&#233;j&#224; d&#233;crite. &#171; Personne ne souviendra de nous &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;p&#234;che 23 mars 2022 : &#171; Toulouse : Fran&#231;ois Ruffin, Jean-Luc Moudenc, le face &#224; face &#224; la Reynerie &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://lempaille.fr/reynerie-un-quartier-maltraite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; dans une premi&#232;re version plus courte dans l'empaill&#233;&lt;/a&gt; sous la signature JK, il a &#233;t&#233; repris et augment&#233; par le CRU pour cette publication.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sonia Abdallah dans les Splendides, court m&#233;trage de Meryem-Bahia Arfaoui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir publi&#233; pr&#233;c&#233;demment &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/une-metropole-en-projet' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Toulouse, une m&#233;tropole en projet&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vingt-quatre heures sur la deux, 19 mars 1970 : &#171; &lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/europe-des-cultures-fr/fiche-media/Europe00066/georges-candilis-architecte-du-mirail-a-toulouse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;George Candilis, architecte du Mirail&lt;/a&gt; &#187; (archives INA)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brochure publi&#233;e en mars 1971 par la Soci&#233;t&#233; d'&#201;quipement de Toulouse Midi-Pyr&#233;n&#233;es (SETOMIP) sous le titre &#171; Toulouse Accueille les industries nouvelles &#187;. Ce livret de moins d'une vingtaine de page &#233;tait destin&#233; &#224; promouvoir l'agglom&#233;ration aupr&#232;s d'industriel pouvant s'installer dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Turcat, pilote d'essai du Concorde futur adjoint au logement de Pierre Baudis, qui ravira &#224; Louis Bazerque la mairie de Toulouse. Voir M.C. Jaillet, Mohamed Zendjebil, &#171; Le Mirail : un projet de &#8220;quasi-ville nouvelle&#8221; au destin de grand ensemble &#187; Histoire urbaine n&#176;17, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chouf tolosa 10 juin 2019 : &lt;a href=&#034;https://chouftolosa.info/index.php/2022/12/13/habib-pipo-20-ans-apres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Habib &#171; Pipo &#187;, 20 apr&#232;s&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 21 septembre 2021 &#224; 10h17 300 &#224; 400 tonnes de nitrate d'ammonium explose sur le site de l'usine AZF, propri&#233;t&#233; de Total, au sud de Toulouse soit &#224; 2 km du quartier qui f&#251;t l'un des plus touch&#233;s. Voir les t&#233;moignages enregistr&#233;s 15 ans apr&#232;s l'explosion sur ce site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;https://lempaille.fr/fermeture-de-deux-colleges-a-toulouse-vous-avez-dit-mixite-sociale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fermeture de deux coll&#232;ges &#224; Toulouse : Vous avez dit mixit&#233; sociale ?&lt;/a&gt; &#187;, L'Empaill&#233; n&#176;5, ainsi que &lt;a href=&#034;https://assembleeparentsenseignantshabitants.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site de l'assembl&#233;e des parents et enseignants&lt;/a&gt; et les t&#233;moignages sur ce site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les articles sur le &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/le-vieux-quartier-saint-georges&#034;&gt;quartier Saint-Georges&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/archives-de-la-destruction-de-l-avenue-de-lyon&#034;&gt;Chronique de la disparition de l'avenue de Lyon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;JM Minovez, alors pr&#233;sident de l'universit&#233; du Mirail s'adressant &#224; l'hiver 2014 &#224; la communaut&#233; universitaire. Il faut noter que l'universit&#233;, construite &#233;galement par Candilis, sera aussi ras&#233;e et reconstruite sur du partenariat public-priv&#233; au grand b&#233;n&#233;fice de Vinci. Mais &#231;a c'est une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monde 13 f&#233;vrier 2014 : &#171; Le Mirail de l'utopie &#224; la d&#233;sillusion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'enqu&#234;te publique de 2017, &#171; projet de renouvellement urbain du quartier de Reynerie &#224; Toulouse &#187; &#8211; Dossier T.A. n&#176; E17000091&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Actu Toulouse du 13 janvier 2022 : &#171; Toulouse : D&#233;molitions, nouveaux immeubles, commerces : au Mirail, comment la Reynerie va se transformer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et pour sortir d'un prisme local voir Tenir la Ville : luttes et r&#233;sistances contre le capitalisme urbain. Par le Collectif Asphalte publi&#233; en 2023 par Les &#201;taques. En particulier l'article de C. Reveillere &#171; Dans les quartiers populaires, armer nos luttes face &#224; la r&#233;novation urbaine &#187; &lt;a href=&#034;https://www.lesetaques.org/post/tenir-la-ville&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible en ligne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Assembl&#233;e des habitant&#183;es de la Reynerie : retour sur une bataille</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/assemblee-des-habitant-es-de-la-reynerie-retour-sur-une-bataille</link>
		<guid isPermaLink="true">https://toulouse.espacesensible.net/assemblee-des-habitant-es-de-la-reynerie-retour-sur-une-bataille</guid>
		<dc:date>2025-01-30T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>2020-2029</dc:subject>
		<dc:subject>Tract</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;ELEMENTS DE BILAN de la bataille contre le de&#769;logement et pour le droit de chaque famille a&#768; de&#769;cider de quitter son logement ou d'y rester, et d'e&#770;tre traite&#769;e avec dignite&#769; et respect.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/archeologie-du-projet-metropolitain" rel="directory"&gt;Arch&#233;ologie du projet m&#233;tropolitain&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/luttes-sociales" rel="tag"&gt;Luttes sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2020-2029" rel="tag"&gt;2020-2029&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/tract" rel="tag"&gt;Tract&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH84/20170113_165048-7c752.jpg?1771458045' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce qu'ils nous semblent primordiale de donner acc&#232;s &#224; la voix des personnes impliqu&#233;es dans les luttes urbaines nous retranscrivons ici dans son int&#233;gralit&#233; le texte : &#171; ELEMENTS DE BILAN de la bataille contre le de&#769;logement et pour le droit de chaque famille a&#768; de&#769;cider de quitter son logement ou d'y rester, et d'e&#770;tre traite&#769;e avec dignite&#769; et respect. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; &#233;crit par l'Assembl&#233;e des habitant&#183;es de la Reynerie, il a &#233;t&#233; publi&#233; dans un premier temps par &lt;a href=&#034;https://lejournaldespossibles.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le journal des possibles&lt;/a&gt; en octobre 2024. Les illustrations ont &#233;t&#233; ajout&#233; par le CRU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bataille a commence&#769; il y a plusieurs anne&#769;es sur le quartier de la Reynerie a&#768; Toulouse. Les 3 dernie&#768;res anne&#769;es, elle s'est donne&#769;e contre le nouveau plan de renouvellement urbain qui visait a&#768; poursuivre la de&#769;molition de l'ensemble CANDILIS au Mirail dans un but annonce&#769; de densification du quartier et d'une plus grande mixite&#769; sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux habitants ont refuse&#769; ce plan impose&#769; autoritairement, et qui apparai&#770;t comme un e&#769;norme ga&#770;chis au regard des enjeux actuels de sobrie&#769;te&#769; energe&#769;tique et e&#769;cologique, de crise tre&#768;s importante du logement (et en particulier du logement social) et d'un point de vue humain, notamment dans le de&#769;logement/relogement des personnes a&#770;ge&#769;es du quartier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un groupe d'architectes, des e&#769;tudiants (en architecture, en audiovisuel, en design..) des habitants du quartier et de la ville non concerne&#769;s par la de&#769;molition, ont rejoint la bataille et s'y sont engage&#769;s, ponctuellement ou sur la dure&#769;e, chacun avec leur sensibilite&#769; et a&#768; leur fac&#807;on (par exemple un court-me&#769;trage sur le quartier). Ensemble, nous avons pris de nombreuses initiatives, comme : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la manifestation sur le quartier pour exiger, (et gagner temporairement) l'arre&#770;t des travaux de de&#769;molition de l'immeuble Gluck alors que plusieurs familles y habitaient encore ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la journe&#769;e en &#8220;de&#769;fense de l'architecure du Mirail&#8221; organise&#769;e a&#768; l'e&#769;cole d'Architecture en collaboration avec le collectif d'architectes ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	des rassemblements/de&#769;bats sur la place du quartier, ou&#768; sont venus d'autres habitants de Toulouse, des associations (notamment le DAL et la CNL qui ont aussi participe&#769; a&#768; des re&#769;unions e&#769;largies), etc.. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	des rassemblements devant la Mairie, le CD... pour demander un moratoire sur la de&#769;molition, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	une journe&#769;e &#8220;peinture des portes des logements condamne&#769;s&#8221; avec des e&#769;tudiants en art et design, etc.... &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela organise&#769; a&#768; chaque fois par les gens concerne&#769;s eux-me&#770;mes pour faire connai&#770;tre notre bataille, de&#769;battre, expliquer la re&#769;alite&#769; de la mise en &#339;uvre et les conse&#769;quences de ce type de projet sur la vie des habitants et les alternatives possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'axe mis en avant par l'Assemble&#769;e des Habitants e&#769;tait : &#8220;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;partir ou rester, c'est a&#768; nous de de&#769;cider&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&#8221;. C'est pourquoi tout au long de la bataille et encore plus a&#768; la fin, lorsqu'il est devenu e&#769;vident que nous ne gagnerions pas contre la de&#769;molition, et pour la re&#769;habilitation des ba&#770;timents, notre principale pre&#769;occupation a e&#769;te&#769; de permettre un &#8220;bon&#8221; relogement des familles, en conformite&#769; avec leurs v&#339;ux et avec un loyer supportable pour leur budget. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les points que nous pre&#769;sentons ici ont e&#769;te&#769; discute&#769;s et avance&#769;s par des habitants ayant participe&#769; a&#768; la bataille sur la dure&#769;e comme e&#769;le&#769;ments de bilan pouvant servir a&#768; toutes et tous, et afin que ce qui reste de cette grande bataille (qui se poursuit pour de nouveaux ba&#770;timents) ne soit pas oublie&#769; et transforme&#769;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque e&#769;le&#769;ment du bilan qui suit a e&#769;te&#769; mis en avant par une personne diffe&#769;rente, a&#768; partir de son expe&#769;rience propre et de&#769;veloppe&#769; ou non par d'autres. C'est pourquoi, pour chaque point, nous avons de&#769;cide&#769; de restituer a&#768; la premie&#768;re personne les re&#769;flexions des participant.e.s . Cela correspond a&#768; notre pratique, a&#768; la fac&#807;on de fonctionner constitutive de notre Assemble&#769;e, ou&#768; chacun.e parle en son nom, ou&#768; c'est a&#768; chacun.e de se pre&#769;senter, sans attendre qu'un,e autre parle a&#768; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1261 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/img20241121115724.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH667/img20241121115724-0b8f5.jpg?1771458045' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;M&#233;tro et march&#233; &#224; la Reynerie - jeudi 21 novembre 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Ele&#769;ments de bilan avance&#769;s par les habitant(e)s ayant participe&#769; a&#768; la bataille : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;L'Assemble&#769;e, c'est un rassemblement&lt;/strong&gt;, mais forme&#769; par des habitant(e)s du quartier, qui le connaissent, et qui se connaissent, me&#770;me si tous ne sont pas concerne&#769;s par les de&#769;molitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;On n'est pas seulement une association de locataires, on est autre chose : On incluait le quotidien dans l'ide&#769;e ge&#769;ne&#769;rale. Comme par exemple pour les ascenseurs a&#768; D'Indy : on a oblige&#769; le bailleur a&#768; les re&#769;parer et me&#770;me a&#768; en remplacer un hors d'usage par un ascenseur neuf, alors que l'immeuble e&#769;tait de&#769;ja&#768; aux 3/4 vide et doit e&#770;tre de&#769;truit. On est partis du principe que c'est un droit fondamental, que l'absence d'ascenseur mettait la vie de certains habitants restants en danger (impossibilite&#769; de sortir pour certains, d'aller chez le me&#769;decin, isolement et mise en danger de personnes a&#770;ge&#769;es et/ ou handicape&#769;es, etc..) et qu'on ne l'acceptait pas. On a oblige&#769; les bailleurs et le maire de quartier a&#768; nous recevoir on n'a pas ce&#769;de&#769; jusqu'a&#768; avoir gain de cause. On les a aussi oblige&#769;s a&#768; reprendre le dialogue, en mettant en place des permanences hebdomadaires ou&#768; les locataires pouvaient faire le point sur les difficulte&#769;s et comment y reme&#769;dier.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;Notre travail reste humain&lt;/strong&gt;, a&#768; la diffe&#769;rence des politiques, eux seul le pouvoir les inte&#769;resse. Eux et nous, on ne parle pas de la me&#770;me chose, nous on s'inte&#769;resse a&#768; ce qui arrive aux gens, sur la dure&#769;e, on n'utilise pas les gens, les batailles pour autre chose. On ne se remet pas a&#768; autrui, a&#768; un parti, a&#768; des gens de pouvoir pour faire vivre ce qu'on veut, on ne compte que sur nous-me&#770;mes. Comme on ne recherche pas les places, on est libres.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;On ne se battait pas d'abord contre les de&#769;molitions&lt;/strong&gt;, me&#770;me si ces de&#769;molitions sont une aberration, &lt;strong&gt;mais d'abord pour les gens, pour le respect de leur vie et de leurs droits&lt;/strong&gt;. On a repris l'affirmation qui e&#769;tait sortie a&#768; Messager (un des immeubles concerne&#769;s) au de&#769;but du projet : &#8220;&lt;strong&gt;on n'est pas de la poussie&#768;re qu'on de&#769;place&lt;/strong&gt;&#8221; et &#8220;&lt;strong&gt;partir ou rester, c'est a&#768; nous de de&#769;cider&lt;/strong&gt;&#8221;. C'est a&#768; dire que ceux qui voulaient partir, changer d'appartement, de quartier etc... devaient pouvoir le faire dans de bonnes conditions et que ceux qui voulaient rester chez eux, dans leur appartement, dans leur immeuble, devaient aussi pouvoir rester. C'est pour c&#807;a qu'avec les architectes, on a mis en avant la demande de re&#769;habilitation des immeubles, plus e&#769;cologique, moins cou&#770;teuse et respectueuse des habitants et porteuse d'un re&#769;el avenir pour le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;C'est un projet qui n'a pas e&#769;te&#769; fait pour les habitants parce qu'il n'a pas e&#769;te&#769; pense&#769; avec eux.&lt;/strong&gt; Chacun l'a ve&#769;cu diffe&#769;remment, il y a beaucoup de proble&#768;mes diffe&#769;rents. Les conse&#769;quences ne sont pas imme&#769;diates, mais se feront sentir a&#768; long terme (par exemple pour les personnes a&#770;ge&#769;es qui n'arrivent pas a&#768; se re&#769;adapter dans leur nouveau logement).&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;On a pris conscience qu'on ne trouverait jamais de logement aussi spacieux, et bien construit a&#768; ce prix-la&#768;. De ce point de vue-la&#768;, on a perdu, parce que les immeubles vont e&#770;tre de&#769;truits et qu'on a perdu nos beaux logements. C'est un terrible ga&#770;chis.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Ce projet a aussi montre&#769; la vraie politique des bailleurs : avant c'e&#769;tait des bailleurs sociaux, maintenant, c'est juste des bailleurs.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Le premier plan pour le quartier, le Grand Projet de Ville (anne&#769;es 80/90), se faisait en concertation re&#769;elle avec les habitants, qui participaient, validaient, sugge&#769;raient... C'e&#769;tait un projet global, ambitieux, qui traitait tous les grands points : l'e&#769;cole, les services publics, la voirie, l'emploi, la se&#769;curite&#769; (avec la police de proximite&#769;), etc... Mais avant d'arriver au bout, ils avaient de&#769;ja&#768; descendu les pre&#769;tentions, en disant &#8220;c&#807;a ne marche pas&#8221;, &#8220;c'est la faute des gens, ils sont ine&#769;ducables&#8221; et au bout du compte, on en arrive a&#768; ces projets qui e&#769;liminent carre&#769;ment les habitants pour les remplacer par d'autres, en leur disant que c'est pour leur bien et que &#8220;de toutes fac&#807;ons, c'est de&#769;cide&#769;, ce n'est pas ne&#769;gociable.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;L'Assemble&#769;e nous a permis de ne plus avoir peur&lt;/strong&gt;. &#199;a nous a permis d'e&#770;tre ensemble, de ne plus e&#770;tre seuls. Avant, il y avait une proximite&#769; entre nous, les habitants, mais on ne l'avait jamais utilise&#769;e pour de&#769;fendre nos inte&#769;re&#770;ts. La&#768;, pour la premie&#768;re fois, on a agi ensemble dans l'inte&#769;re&#770;t ge&#769;ne&#769;ral. Pour moi, c'est quelque chose de nouveau. L'Assemble&#769;e est l'outil qui a permis cela&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;L'Assemble&#769;e nous a permis de ne pas rester dans une situation victimaire, mais d'e&#770;tre acteurs&lt;/strong&gt;. On a e&#769;te&#769; confronte&#769;s a&#768; un projet d'une ampleur ine&#769;dite, qui nous excluait, fait contre nous. Le fait d'e&#770;tre ensemble nous a permis de dire &#8220;on est la&#768;, on existe&#8221;, c&#807;a nous a permis de faire entendre notre voix, de rappeler que ce projet, ce n'est pas d'abord des immeubles qu'on de&#769;molit, mais qu'il y a des humains, des vies, des habitants qui sont touche&#769;s gravement.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Ils ne s'attendaient pas a&#768; ce qu'on leur tienne te&#770;te ; on les a oblige&#769;s a&#768; nous compter.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;La bataille a aussi change&#769; le regard des habitants sur leur quartier&lt;/strong&gt;, leur a permis de retrouver une certaine dignite&#769;. Cela avait commence&#769; avec la bataille pour le maintien du colle&#768;ge. Avant, les habitants reprenaient le discours sur le Mirail &#8220;quartier pourri&#8221;. La&#768;, en discutant, et avec nos affirmations, les gens ont pu re&#769;fle&#769;chir et de&#769;velopper les points positifs du quartier, pourquoi ils voulaient y rester, pourquoi ils s'y sentent bien malgre&#769; les proble&#768;mes qui sont re&#769;els. On a pu dire &#8220;on aime notre quartier&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;On a re&#769;ussi a&#768; changer le regard de pas mal de gens, du quartier ou de la ville, sur la Reynerie.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Pour les &#8220;de&#769;cideurs&#8221; du projet, il e&#769;tait e&#769;vident au de&#769;part que les gens seraient contents d'aller habiter ailleurs, ils ont e&#769;te&#769; surpris de la re&#769;sistance et des demandes de relogement dans le quartier. Au de&#769;but, ils l'ont interpre&#769;te&#769; comme une volonte&#769; communautariste, de rester entre soi, ce qui n'est pas du tout le cas, car au contraire, comme on l'a montre&#769; a&#768; l'Assemble&#769;e, on est tre&#768;s ouverts et on aime les rencontres, les e&#769;changes. On a re&#769;ussi a&#768; travailler ensemble les habitants du quartier et des gens tre&#768;s diffe&#769;rents, des e&#769;tudiants, des architectes...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;On e&#769;tait a&#768; e&#769;galite&#769; et on travaillait ensemble, chacun(e) de son point de vue, autour des 2 points qu'on avait mis en avant.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;En fait on a de&#769;couvert qu'on est un des derniers quartiers de Toulouse. On pensait que c'e&#769;tait pareil ailleurs, les liens entre les habitants, l'entraide, etc... mais on a de&#769;couvert que ce n'est pas le cas, on a de&#769;couvert la spe&#769;cificite&#769; de notre quartier. Ici, ce n'est pas un lotissement ou&#768; chacun rentre chez soi le soir et ferme la porte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;On a pu re&#769;fle&#769;chir ensemble et de&#769;monter leur propagande sur le communautarisme et la mixite&#769; sociale&lt;/strong&gt; pour justifier notre de&#769;logement : Le communautarisme, on ne l'a pas construit. C'est les bailleurs qui ont concentre&#769; toutes les familles ouvrie&#768;res d'origine e&#769;trange&#768;re dans ces quartiers. Il faut se rappeler que en 1978, quand la Briquetterie est tombe&#769;e, parce que c'e&#769;tait une barre e&#769;norme de logement insalubres, habite&#769;e par des familles d'origine immigre&#769;e, ces familles ont massivement e&#769;te&#769; reloge&#769;es a&#768; la Reynerie. Et apre&#768;s, ils nous accusent de communautarisme, alors, qu'il y a je ne sais combien de nationalite&#769;s dans le quartier, et beaucoup de franc&#807;ais, anciens ou nouveaux.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Pour le quartier, la priorite&#769; ce n'est pas la mixite&#769;, mais la scolarite&#769; des enfants, leur re&#769;ussite, l'emploi (en particulier pour les jeunes), les services publics, les transports..&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Au lieu d'agir sur les points ne&#769;gatifs, notamment la question de la drogue, qui a migre&#769; du centre-ville dans les anne&#769;es 80 a&#768; nos quartiers, ils cassent tout et font partir les gens ! &#199;a ne re&#769;sout rien, c&#807;a ajoute juste des proble&#768;mes et du stress a&#768; beaucoup de gens. Mais c&#807;a permet aussi de nous de&#769;signer nous, les habitants des quartiers populaires, comme des gens louches, dangereux, des e&#769;trangers dont il faudrait se me&#769;fier.&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;On a gagne&#769; de la fierte&#769; et de la dignite&#769;&lt;/strong&gt; :Entendre des gens vous dire &#8220;on va vous de&#769;me&#769;nager parce que vous serez mieux ailleurs&#8221;, quand on n'a rien demande&#769; c'est tre&#768;s violent. C'est des gens qu'on ne connait pas, avec qui on n'a jamais discute&#769;, qui de&#769;cident de ce qui est bien pour nous ! J'ai aussi agi pour me de&#769;fendre contre cet affront, et pour de&#769;fendre mon quartier, ses habitants, mes voisins.&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;A travers cette bataille, on s'est e&#769;mancipe&#769;(e)s&lt;/strong&gt;, on a grandi, on a porte&#769; un regard plus mature sur la situation. Avant on trouvait tout normal, la&#768;, on a ouvert les yeux sur ce quartier, ses atouts, notre ro&#770;le. On a fait beaucoup. On ne s'est pas contente&#769;s de de&#769;fendre notre inte&#769;re&#770;t personnel, on a agi dans l'inte&#769;re&#770;t ge&#769;ne&#769;ral, pour tout le monde. On a mis des principes en place, on les a de&#769;fendus. Je ne me suis pas sentie comme une e&#769;trange&#768;re, mais comme une citoyenne, j'ai pris toute ma place dans la cite&#769;. On a inte&#769;gre&#769; la devise,&#8221;liberte&#769;, e&#769;galite&#769;, fraternite&#769;&#8221;, on l'a pratique&#769;e. Quand on allait voir les institutions, c'e&#769;tait toujours de ce point la&#768;. On a montre&#769; qu'on n'est pas des gens hors sol, hors re&#769;publique comme beaucoup le pre&#769;tendent.&#8221; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;On a appris qu'on peut e&#770;tre une force&lt;/strong&gt;. On a de&#769;couvert qu'on a des droits comme locataires. On a impose&#769; que ce projet qui a e&#769;te&#769; de&#769;cide&#769; contre nous soit au moins mene&#769; dans le respect de leur charte de relogement, que le relogement puisse se faire dans des bonnes conditions.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;On a tenu bon, point par point : par exemple, quand le maire de quartier a dit a&#768; une de&#769;le&#769;gation d'habitantes que ce projet c'est pour &#8220;changer les te&#770;tes&#8221; dans le quartier, on ne l'a pas accepte&#769;, on l'a fait savoir, et c&#807;a n'a plus e&#769;te&#769; dit.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;On a permis aux gens de re&#769;sister a&#768; toutes les intimidations, les pressions, les mensonges des bailleurs pour les obliger a&#768; accepter n'importe quoi, et on a oblige&#769; les bailleurs a&#768; respecter les gens et a&#768; cesser de les menacer. Peu a&#768; peu on a fait respecter les droits des gens, qui e&#769;taient bafoue&#769;s au de&#769;but de la proce&#769;dure de relogement.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Au de&#769;but, beaucoup de gens ont eu peur ; face aux pressions, ils ont ce&#769;de&#769; et sont partis vite vite, dans de mauvaises conditions. Il n'y a pas eu de suivi social, alors que c'est un e&#769;le&#769;ment de la charte. Les gens se sont retrouve&#769;s seuls apre&#768;s leur de&#769;me&#769;nagement, et certains n'ont pas pu assumer. Des familles ont subi des changements dans leur situation, et ont du&#770; rede&#769;me&#769;nager, en trouvant un logement tout seuls, souvent moins bien, parce qu'ils ne pouvaient plus payer le nouveau loyer par ex. Mais ceux qui sont reste&#769;s et se sont battus pour leurs droits ont obtenu des bons relogements, conformes a&#768; leurs voeux, et en particulier ceux qui se sont battus pour rester sur le quartier ont obtenu satisfaction, ils ont eu un bon logement ici ou tre&#768;s proche, avec des baisses de loyer.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;L'Assemble&#769;e c'est un lieu collectif de formation, d'apprentissage&lt;/strong&gt;. Avec l'Assemble&#769;e, j'ai appris a&#768; garder mon calme, a&#768; m'adresser aux institutions et a&#768; tenir en face d'eux, a&#768; de&#769;fendre mon dossier sans crier. C'est eux qui e&#769;taient e&#769;nerve&#769;s. Parce que je savais quoi faire, quoi dire, je connaissais mes droits et je n'e&#769;tais pas seule, du coup, je ne me sentais pas impuissante et humilie&#769;e et je pouvais rester calme.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Ils poussent a&#768; l'agressivite&#769;, mais en fait, on leur a rendu services, parce qu'on est reste&#769;s dans la mode&#769;ration, tout en e&#769;tant fermes sur nos principes. On l'a bien senti dans les re&#769;unions de &#8220;me&#769;diation&#8221; a&#768; la pre&#769;fecture, par exemple, ou quand on s'est battus pour les ascenseurs a&#768; d'Indy. Sans c&#807;a, des gens auraient pu aller jusqu'a&#768; l'agression a&#768; cause de la mauvaise foi et du me&#769;pris des bailleurs.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;J'ai appris a&#768; faire des courriers, l'importance de l'e&#769;crit. Avant, je communiquais juste par te&#769;le&#769;phone, je faisais confiance dans la parole donne&#769;e, et j'ai de&#769;couvert qu'ils mentaient et me trompaient.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8220;&lt;strong&gt;Gra&#770;ce &#224; cette bataille, dans l'Assemble&#769;e on a rede&#769;couvert la fraternite&#769;&lt;/strong&gt;. On a fait connaissance entre nous, cela a amorti notre tristesse. Ensemble on a fait le deuil de notre ba&#770;timent. Le fait d'e&#770;tre reste&#769;s jusqu'a&#768; la fin, c&#807;a nous a permis de voir le ba&#770;timent couler, et du coup on n'a pas eu trop de regret de notre ancien logement, on s'est vite fait au nouveau, surtout qu'on l'avait choisi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Au de&#769;but par exemple, ils ont donne&#769; des logements bien a&#768; certains, et ils leur ont dit &#8220;tu ne dis rien, c'est une faveur&#8221;. Heureusement, certains n'ont pas joue&#769; le jeu, ils l'ont fait connai&#770;tre, et du coup, on a pu discuter ensemble et justifier les demandes des autres locataires. C'est tre&#768;s important de partager.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Toute l'e&#769;quipe m'a aide&#769;e a&#768; grandir, on apprend les uns des autres. On connai&#770;t le proble&#768;me de l'autre, on re&#769;fle&#769;chit a&#768; la solution ensemble et apre&#768;s on peut appliquer ce qu'on a appris pour tout le monde. C&#807;a donne de la force et de la confiance. C'est tre&#768;s important que les gens se re&#769;unissent entre eux et de&#769;cident eux-me&#770;mes pour eux- me&#770;mes. On ne fait rien a&#768; la place des gens.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Il n'y avait pas de mots tabous, chacun a parle&#769; de ce qui l'a touche&#769;. On n'a pas suivi la ligne majoritaire, chacun a chemine&#769; et a donne&#769; sont ressenti selon comment il ou elle l'a ve&#769;cu&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;La particularite&#769; du groupe, c'e&#769;tait aussi qu'on modulait en fonction des proble&#769;matiques du moment de chacun. Les e&#769;changes e&#769;taient riches, on finissait par conclure et on de&#769;cidait ensemble a&#768; la fin. Me&#770;me un proble&#768;me particulier aboutissait a&#768; une solution positive pour tous.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Ce tre&#769;sor-la&#768;, cette fraternite&#769;, on l'avait banalise&#769;e et on l'a rede&#769;couverte. Ils ont voulu couper ce lien entre nous, mais en fait c&#807;a l'a renforce&#769;.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Conclusion : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre bataille a permis d'atte&#769;nuer les de&#769;ga&#770;ts et les pre&#769;judices pour les habitants mais si les politiques avaient inte&#769;gre&#769; re&#769;ellement le facteur humain, ce projet aurait pu e&#770;tre mene&#769; diffe&#769;remment, dans l'inte&#769;re&#770;t des habitants du quartier et de la ville et non contre eux, dans le seul inte&#769;re&#770;t des promoteurs et des politiciens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup de gens e&#769;taient pre&#770;ts a&#768; participer pour modifier le quartier, comme au de&#769;but du GPV (Grand Projet de ville). Mais on ne leur a jamais demande&#769; leur avis : lors des premie&#768;res re&#769;unions dites de &#8220;concertation&#8221;, les de&#769;cideurs ont projete&#769; des diapos du futur quartier &#8220;renouvele&#769;&#8221; pour une autre population, plus classe moyenne, en expliquant aux habitants que ce n'e&#769;tait pas pour eux, que eux seraient reloge&#769;s ailleurs, plus loin. Et en me&#770;me temps, ils les sommaient de participer a&#768; leur de&#769;logement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la proce&#769;dure de relogement, les responsables du projet ont utilise&#769; des me&#769;thodes de voyous pour forcer les gens a&#768; partir, en les intimidant (huissiers, convocations en pre&#769;fecture...) en les menac&#807;ant de ne rien avoir s'ils n'acceptaient pas l'offre de relogement, en n'entretenant plus les immeubles promis a&#768; la de&#769;molition et notamment les ascenseurs, en laissant les points de deal se d&#233;velopper en bas des immeubles, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les de&#769;cideurs a&#768; tous les niveaux (pre&#769;fecture, mairie, me&#769;tropole, de&#769;partement, bailleurs....) ont fait le choix d'une politique discriminatoire, de division et de me&#769;pris, enrobe&#769;e dans le sucre de la mixite&#769; sociale et du &#8220;ce sera mieux pour vous&#8221;. Au lieu de jouer leur ro&#770;le social pour ame&#769;liorer la vie des habitants, (par exemple en re&#769;habilitant les immeubles pour une meilleure protection e&#769;nerge&#769;tique et thermique,) ils ont complique&#769; la vie de personnes de&#769;ja&#768; vulne&#769;rables, comme les personnes a&#770;ge&#769;es mais aussi des familles pre&#769;caires, qui sont parties au de&#769;but sous la pression des bailleurs ; ces familles ont du&#770; quitter leur re&#769;seau de solidarite&#769; et se sont souvent retrouve&#769;es en difficulte&#769; pour payer le nouveau loyer, souvent plus e&#769;leve&#769;. Plusieurs ont de&#769;ja&#768; du&#770; quitter le nouvel appartement, trop cher pour eux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec ce projet, on a compris que les bailleurs ne sont plus &#8220;sociaux&#8221;, on a compris que les familles a&#768; faible revenu, et tous ceux qui sont conside&#769;re&#769;s comme inde&#769;sirables d'une fac&#807;on ou d'une autre ne sont plus pour eux des e&#770;tres humains, mais des objets qu'ils de&#769;placent ou effacent a&#768; leur gre&#769;. Normalement, l'Etat se doit de prote&#769;ger les plus faibles, les plus pre&#769;caires, d'apaiser les tensions, de compter tout le monde. C'est dans la devise : &#8220;liberte&#769;, e&#769;galite&#769;, fraternite&#769;.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais c'est nous qui avons pratique&#769; cela et qui l'avons sans cesse rappele&#769; a&#768; l'Etat, a&#768; la Mairie, au CD&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseil D&#233;partemental (NdE)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Liberte&#769; : pour les habitants de choisir entre quitter leur logement ou y rester ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	e&#769;galite&#769; : chacun, chacune compte. On re&#769;fle&#769;chit ensemble, on de&#769;cide ensemble. Chaque situation est a&#768; la fois unique et exemplaire ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	fraternite&#769; : on est ensemble, on n'est pas seul. Chacun(e) apporte sa pierre, son expe&#769;rience, et en fait be&#769;ne&#769;ficier les autres. Gra&#770;ce a&#768; c&#807;a, chacun(e) a pu tenir bon malgre&#769; les difficulte&#769;s et les pressions e&#769;normes, et gagner non seulement un bon relogement mais aussi la fierte&#769; de ne pas avoir abdique&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons mis en avant des principes forts : notre souci a toujours e&#769;te&#769; ce qui arrive aux gens, et comment obliger l'e&#769;tat sous ses diffe&#769;rents formes a&#768; compter chacune et chacun et a&#768; les respecter.&lt;br class='autobr' /&gt;
On n'a pas gagne&#769; contre la de&#769;molition et le de&#769;logement, mais on a obtenu des victoires sur ces points la&#768;, en imposant des relogements corrects. C'est pour cela qu'on ne l'a pas ve&#769;cu comme une de&#769;faite, une humiliation, et aussi parce qu'on a retrouve&#769; des principes, des valeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'est oblige&#769;s a&#768; re&#769;agir et notre manie&#768;re a e&#769;te&#769; la bonne : On a montre&#769; qu'on est implique&#769;s, qu'on est vraiment des habitants et habitantes de ce pays. Alors que les autorite&#769;s (Mairie, Conseil De&#769;partemental, Me&#769;tropole, Pre&#769;fecture, Etat, Anru...) e&#769;taient coalise&#769;es dans ce projet contre les gens du quartier et ne voulaient rien ce&#769;der (leur leitmotiv e&#769;tait : &#8220;ce n'est pas ne&#769;gociable&#8221;), &lt;strong&gt;la bataille telle que nous l'avons mene&#769;e montre que me&#770;me dans une situation tre&#768;s dure, apparemment bloque&#769;e, il y a des victoires possibles a&#768; condition de ne pas rester dans la confrontation ste&#769;rile mais de re&#769;fle&#769;chir le chemin a&#768; partir de la vie des gens, de ce qu'on veut et de ce qu'on de&#769;cide ensemble en tenant compte de chacun.e, pour tous.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Assembl&#233;e des habitant&#183;es de la Reynerie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
assemblee.habitants.reynerie [at] gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/img20241121104322.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH375/img20241121104322-82f13.jpg?1771455773' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Nouveau b&#226;timent apr&#232;s r&#233;novation - jeudi 21 novembre 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conseil D&#233;partemental (NdE)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Personne ne se souviendra de nous</title>
		<link>https://toulouse.espacesensible.net/personne-ne-se-souviendra-de-nous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://toulouse.espacesensible.net/personne-ne-se-souviendra-de-nous</guid>
		<dc:date>2025-01-23T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif de Radiographie Urbaine</dc:creator>


		<dc:subject>Logement</dc:subject>
		<dc:subject>2010-2019</dc:subject>
		<dc:subject>2020-2029</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Transformations</dc:subject>
		<dc:subject>Document Sonore</dc:subject>
		<dc:subject>Effacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un documentaire sonore sur la violence de la &#171; r&#233;novation urbaine &#187; qui racontent ce que la disparition de son logement et de son quartier co&#251;te &#224; l'existence.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/archeologie-du-projet-metropolitain" rel="directory"&gt;Arch&#233;ologie du projet m&#233;tropolitain&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/logement" rel="tag"&gt;Logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2010-2019" rel="tag"&gt;2010-2019&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/2020-2029" rel="tag"&gt;2020-2029&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/temoignage" rel="tag"&gt;T&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/transformations" rel="tag"&gt;Transformations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/son-70" rel="tag"&gt;Document Sonore&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://toulouse.espacesensible.net/effacement" rel="tag"&gt;Effacement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L150xH68/logo-5-6ac63.jpg?1771458045' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='68' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un documentaire sonore sur la violence de la &#171; r&#233;novation urbaine &#187;, dans lequel nous tendons l'oreille &#224; trois histoires qui racontent ce que la disparition de son logement et de son quartier co&#251;te &#224; l'existence. Ces r&#233;cits sont mis en perspective avec l'histoire de Toulouse et de son am&#233;nagement o&#249; la ruine, la destruction et la brutalit&#233;, loin d'&#234;tre marginales, sont des &#233;l&#233;ments structurants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'endroit o&#249; l'on vit est le fruit d'une organisation sociale, bien plus que de choix individuels. La qualit&#233; du logement, sa localisation, les endroits accessibles, les services qui sont disponibles sont conditionn&#233;s par notre situation sociale et par les d&#233;cisions politiques d'am&#233;nagement. Ainsi, habiter est au fondement de notre existence tant individuelle que collective. S'il est courant de consid&#233;rer un cambriolage comme une atteinte &#224; notre intimit&#233;, quand est-il alors quand on voit son foyer d&#233;truit, son environnement ras&#233; totalement ou en partie et reconstruit ? Comment faire avec &#231;a ? Quels en sont les effets, intimes, dans notre rapport au monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire se construit autour des r&#233;cits et des analyses de trois personnes qui ont eu affaire &#224; ces processus : Alice Gallois habitante de feu l'avenue de Lyon ; Jennifer Espagna habitante de feu la cit&#233; bleue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'archive de l'effacement de la cit&#233; bleue pour plus de d&#233;tail.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Meryem-Bahia Arfaoui habitante d'Empalot. Nous avons partag&#233; avec elles des archives de la destruction du quartier Saint-Georges &#224; Toulouse pour travailler la profondeur historique de la &#171; r&#233;novation urbaine &#187; tirant un fil fait de violence et de m&#233;pris, entre le mitan du si&#232;cle dernier et aujourd'hui. Enfin, un engin de d&#233;molition s'exprime sur son p&#233;nible travail d&#233;voilant l&#224; aussi des &#233;motions contrast&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne &#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_1300 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende&#034; data-legende-len=&#034;67&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-1300 &#034; data-id=&#034;5ea4ef3a360658c6d8d1639cb1bcd89e&#034; src=&#034;IMG/mp3/personne_ne_se_souviendra_de_nous_master_v3.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:3153}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Personne ne se souviendra de nous
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Ludo M&#233;pa &amp; Am&#233;rico Mariani
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript65331806569d54696259294.67284896&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1276 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/01_visuel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH500/01_visuel-441f9.jpg?1771458045' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce documentaire est une r&#233;alisation de Ludo Mepa et Am&#233;rico Mariani avec le CRU, la &lt;a href=&#034;https://cargocollective.com/ladisquette&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disquette&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://associationlortie.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'ortie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; Alice Gallois, Jennifer Espagna et Meryem-Bahia Arfaoui d'avoir bien voulu prendre le temps de partager avec nous leurs histoires, leurs r&#233;flexions et leurs sentiments.&lt;br class='autobr' /&gt;
Merci aussi &#224; Sigrid Bordier pour la voix de la machine et Ariela pour la chansonnette de Brigitte fontaine. Merci au studio Komako pour les prises de son compl&#233;mentaires. Et merci &#224; toute ceux et celles qui nous ont aid&#233;es &#224; cheminer dans cette r&#233;flexion, cette &#233;criture et cette r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1277 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;104&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/02_citebleue_20221222_114836.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH225/02_citebleue_20221222_114836-84d8c.jpg?1771455743' width='500' height='225' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Feu la cit&#233; bleue
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Les logements d&#233;truits laissent un vaste espace libre. Photo prise en d&#233;cembre 2022.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; propos de la d&#233;marche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous voudrions donner quelques &#233;l&#233;ments sur ce documentaire qui est un moment d'un travail de longue haleine, de cr&#233;ation et de recherche sur la transformation urbaine. C'est aussi notre exp&#233;rience personnelle de voir le quartier o&#249; nous travaillons se fermer, pourrir et dispara&#238;tre. Et au-del&#224; de ce quartier c'est la ville enti&#232;re o&#249; nous exp&#233;rimentons ce sentiment de famili&#232;re &#233;tranget&#233; o&#249; nous ne parvenons pas &#224; nous souvenir ce qui encore hier &#233;tait le d&#233;cor quotidien. Peut-&#234;tre que nous exp&#233;rimentons toutes et tous ce sentiment &#233;trange de ne pas r&#233;ussir &#224; se rappeler la forme pr&#233;c&#233;dente d'une rue, d'une place, d'un quartier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Faire attention aux voix sous les d&#233;combres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, nous avons voulu garder une trace de cette disparition et avons progressivement constitu&#233; &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/archives-de-la-destruction-de-l-avenue-de-lyon&#034;&gt;l'archive de la destruction de l'avenue de Lyon&lt;/a&gt;. C'est dans ce travail de collecte et de compilation sur plusieurs ann&#233;es que la question plus directement sensible s'est impos&#233;e. Il nous semblait alors que les personnes parlaient d'un ressenti de violence et d'humiliation, mais toujours dans une sorte d'&#233;vitement. Comme si la ville et les projets prenaient toute la place ? Peut-&#234;tre cette difficult&#233; est la cons&#233;quence d'un manque de l&#233;gitimit&#233; &#224; contester cette d&#233;possession ? Peut-&#234;tre aussi parce que la transformation urbaine est souvent naturalis&#233;e : les quartiers changent de visage, les agglom&#233;rations s'&#233;tendent, les villes se transforment&#8230; Il est difficile alors de mettre des mots sur les r&#233;alit&#233;s sensibles de ces processus. Il est m&#234;me pr&#233;f&#233;rable de s'y soumettre, de les accepter. Comme on accepte le passage des saisons et l'impermanence de toute vie. Comme si les expropriations, les expulsions et les destructions n'avaient rien &#224; voir avec des choix et des politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Personne ne se souviendra de nous&lt;/i&gt; r&#233;sulte de l'effort d'attention &#224; cette dimension, de la volont&#233; de faire de la place &#224; cette parole. Le terme m&#234;me de r&#233;novation urbaine sert de masque &#224; la r&#233;alit&#233; brutale de ces processus. La mise en sc&#232;ne de la destruction des barres &#224; l'explosif ou la &#171; d&#233;construction &#187; plus discr&#232;te, mais tout aussi fracassante masque une bonne part de cette r&#233;alit&#233;. En regardant les murs tomber, on en oublie les mille petites histoires joyeuses ou tristes qui disparaissent avec eux. R&#233;novation est d'embl&#233;e positif et renvoie &#224; la reconstitution de quelque chose dans son &#233;tat initial, une remise &#224; neuf ou encore &#171; &#224; faire rena&#238;tre, faire reprendre des forces &#187;. Un artisan qui travaille dans la r&#233;novation, restaure, r&#233;pare, r&#233;am&#233;nage un b&#226;timent. Pourtant, quand il est associ&#233; &#224; l'adjectif urbain et qu'il est employ&#233; par les am&#233;nageurs, le terme se change en son contraire. D&#233;truire compl&#232;tement et reconstruire, et ce pour une autre population dans la grande majorit&#233; des cas.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un fait brut, pour ne pas dire brutal : en France, entre 2004 et 2022 plus de 175 000 logements ont &#233;t&#233; d&#233;molis dans le cadre d'op&#233;ration de r&#233;novation urbaine. 546 quartiers populaires ont &#233;t&#233; transform&#233;s, leur population consid&#233;rablement modifi&#233;e. Et encore, il ne s'agit-l&#224; que des op&#233;rations r&#233;alis&#233;es dans le cadre de l'Agence Nationale de la R&#233;novation Urbaine. Dans le documentaire seul le quartier d'Empalot, habit&#233; par Meryem est concern&#233;. C'est l'une des violences de l'am&#233;nagement du territoire, une parmi d'autres, mais qui concentre un certain nombre d'&#233;l&#233;ments paradigmatique et qui, compte tenu de l'ampleur des d&#233;g&#226;ts, provoque peu de discussion politique. En partie parce que se r&#233;alise l&#224; une logique gestionnaire du &#171; il n'y a pas d'alternative &#187; et en partie aussi parce que ce sont des populations pauvres et sans ressources mat&#233;rielles et symboliques qui en sont les victimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces attaques sur le logement des classes populaires sont les r&#233;ponses principales apport&#233;es aux probl&#232;mes sociaux que connaissent ces quartiers. Comme en miroir de la construction massive de ces grands ensembles dans les ann&#233;es 50 et 70 du si&#232;cle dernier, de la m&#234;me mani&#232;re dont ces quartiers ont &#233;t&#233; construits ils sont d&#233;truits. Dans l'illusion qu'intervenir sur le b&#226;ti peut, magiquement, r&#233;soudre les difficult&#233;s des personnes. Il semblait indiscutable dans les ann&#233;es 50-70 que pour r&#233;soudre la crise du logement il fallait construire massivement en suivant les pr&#233;ceptes du modernisme dans une logique industrielle attentive avant tout au co&#251;t des constructions. Ensuite, il a sembl&#233; tout aussi indiscutable qu'il fallait faire tomber ces monstres de b&#233;tons et amener de la &#171; mixit&#233; sociale &#187; pour en finir avec le &#171; probl&#232;me des banlieues &#187; et tant pis pour les personnes &#233;cras&#233;es dans le processus puisque c'est pour le &#171; bien commun &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce m&#234;me m&#233;pris pour la vie des personnes a pr&#233;sid&#233; &#224; ladite &#171; r&#233;sorption des &#238;lots insalubres &#187; et s'applique encore aujourd'hui dans l'am&#233;nagement des villes et des campagnes. Nous avons voulu tirer ce fil, mais en l'observant du point de vue des habitant&#183;es. Nous avons eu envie d'explorer ce que ces processus faisaient &#224; l'intime. Pour tenter de comprendre ce que provoque la destruction de l'habitat. Ce que cela produit dans la construction du sujet, de la personne. Qu'est-ce que &#231;a fait &#224; notre relation au monde ? &#192; notre ancrage, &#224; notre mani&#232;re de nous dire d'ici ou d'ailleurs, d'&#234;tre attach&#233; quelque part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de la transformation des b&#226;timents, ce sont des vies qui sont chang&#233;es &#224; jamais. Ce sont des souvenirs qui s'effacent. Des m&#233;moires qui n'ont plus le support indispensable &#224; leur fonctionnement : &#171; D'un coup on est oblig&#233; de regarder dans le vide pour ce souvenir. C'est &#231;a que &#231;a fait &#187; nous dit Meryem. Parce que c'est la mat&#233;rialit&#233; m&#234;me de la vie quotidienne qui disparait dans les d&#233;combres. &#171; C'est comme si nous n'avions pas exist&#233; &#187; semble r&#233;pondre Jennifer qui partage aussi ce sentiment de ne compter pour rien. Et c'est cette phrase qu'avait dit le g&#233;rant du k&#233;bab &#224; Alice &#171; Personne ne se souviendra de nous &#187;, la m&#234;me phrase mot pour mot que Meryem entendra de la bouche de sa grand-m&#232;re. L'existence m&#234;me est en jeu. Se sentir chez soi, &#234;tre chez soi, est un besoin primaire &#233;l&#233;mentaire et la condition de la satisfaction de nombreuses autres n&#233;cessit&#233;s. Le logement ne peut pas &#234;tre r&#233;duit &#224; l'abri d'un toi sur la t&#234;te. Il est un rapport intime et sensible aux lieux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Retrouver des traces de la disparition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'on fait d'un sentiment ? Est-ce qu'il faut que beaucoup de gens en parlent pour que ce soit important ? Est-ce que quelques personnes qui nous racontent leur sentiment de d&#233;possession, leur douleur de l'oubli, leur souffrance de l'abandon suffisent &#224; qualifier une situation ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; y regarder de pr&#232;s, la ville est parsem&#233;e d'indices de la disparition : des portes anti-squat ou des parpaings aux fen&#234;tres, des chantiers de destruction ou de nouvelles constructions au milieu d'autres, plus anciennes. Ici, &#224; Toulouse il y a, dans l'enceinte de la vieille ville, un quartier construit dans les ann&#233;es 70-80, la place occitane. Plusieurs immeubles, une grande place, un centre commercial et un parking. Un endroit assez &#233;trange labyrinthique. Par exemple, il y a eu pendant longtemps un magasin Tati et &#224; chaque fois que l'on voulait s'y rendre il &#233;tait difficile de savoir comment se frayer un chemin dans le d&#233;dale de petites entr&#233;es et d'escaliers. Le centre commercial en sous-sol semble avoir toujours &#233;t&#233; en crise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#034;Beaucoup de magasins ont ferm&#233;&#8230;&#034; Jusqu'o&#249; va aller le d&#233;clin du centre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il a pourtant &#233;t&#233; refait &#224; la fin des ann&#233;es 90 tout comme la dalle qui le recouvre et qui &#233;tait, parait-il, mal fr&#233;quent&#233;e. Bref, une banale op&#233;ration immobili&#232;re agr&#233;geant commerce, bureau et habitation et qui a donn&#233; un r&#233;sultat assez contestable du point de vue des usages. Une autre horreur urbaine dont nos villes sont coutumi&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est plus douloureux, c'est la disparition corps et &#226;mes de ce qui avait eu lieu et place &#224; cet endroit avant que des am&#233;nageurs d&#233;cident d'y installer leur vision d'un monde moderne. Il a fallu aller fouiller les archives municipales pour trouver trace des vies et des activit&#233;s qui s'&#233;taient d&#233;roul&#233;es l&#224; pendant des si&#232;cles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Recherches qui ont &#233;t&#233; condens&#233;es dans quatre article : Le vieux quartier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;couvrir l'oubli et l'effacement d'un quartier populaire, vivant et dens&#233;ment peupl&#233; a &#233;t&#233; un v&#233;ritable choc. C'&#233;tait une sorte de macabre confirmation de ce que l'on pouvait ressentir sur nos terrains contemporains. Au bout du bout, le pass&#233; passe, et personne n'est l&#224; pour s'en souvenir sinon comme sale, sombre et mal odorant. Un taudis qui n'a ni lumi&#232;re ni salle de bain et les toilettes sur le palier. Ou bien comme un pass&#233; mus&#233;ifi&#233; fait de personnes mal fagot&#233;es mais souriantes, sur des cartes postales s&#233;pia. Comme si les seuls liens possibles au pass&#233; &#233;taient le rejet ou la nostalgie.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un ant&#233;c&#233;dent historique &#224; nos entretiens. Nous avons voulu tirer un fil entre ce qui s'&#233;tait pass&#233; pour ce quartier populaire dans les ann&#233;es 50-60 et ce qui se passait 70 ans plus tard. C'&#233;tait, dans le m&#234;me temps, un moyen de sortir d&#233;finitivement de ce fatalisme du changement et du caract&#232;re singulier des t&#233;moignages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons donc compil&#233; des morceaux d'archives sous la forme de lettre. Nous imaginions un fonctionnaire de l'urbanisme rendant compte d'une op&#233;ration au maire de la ville. Nous avons beaucoup pens&#233; &#224; l'urbaniste de Patrick Chamoiseau dans Texaco. C'&#233;tait une fa&#231;on de r&#233;affirmer la place des d&#233;cisions politiques et la responsabilit&#233; des pouvoirs publics et faire, en quelque sorte, une g&#233;n&#233;alogie de la violence urbaine. La lecture de ces lettres a tout de suite paru famili&#232;re aux personnes. Sans la date, elles auraient pu &#234;tre &#233;crites dans le cadre des op&#233;rations de r&#233;novations auxquelles elles &#233;taient, elles-m&#234;mes, confront&#233;es. Elles ont aussi pu comprendre que ce qu'elles avaient v&#233;cu, ou vivaient encore, n'&#233;tait pas le fruit hasardeux d'une situation, mais une m&#233;thode d&#233;cid&#233;e, froidement appliqu&#233;e et mainte fois r&#233;p&#233;t&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trois personnes Meryem, Alice et Jennifer par ordre d'apparition sont des t&#233;moins attentifs &#224; ces processus. Elles ont ceci de commun de tenter de r&#233;sister &#224; leur effacement. D'avoir os&#233; poser les mots, quitte &#224; redoubler la souffrance de ces processus qu'il est parfois tentant, pour se prot&#233;ger, de laisser dans le silence. Comme si mettre des mots dessus redoublait l'acte lui-m&#234;me. Alors peut-&#234;tre qu'il est plus facile de laisser dans l'oubli ces douloureux moments. La naturalisation de la transformation urbaine nous aide peut-&#234;tre &#224; la supporter. Et il y a parfois des pr&#233;ventions &#224; raconter ses moments. Pour quoi faire ? N'y a-t-il pas une sorte d'obsc&#233;nit&#233; morbide &#224; mettre &#224; la lumi&#232;re la d&#233;composition d'un quartier ? Si ce n'est pas pour lutter contre, pourquoi en parler ? D'autant plus qu'aujourd'hui de multiples dispositifs de m&#233;diation financ&#233;s par les pouvoirs publics produisent des discours sur les quartiers en mobilisant les habitant&#183;es, collectant leurs archives, finan&#231;ant diff&#233;rents projets culturels, de recherche, collaboratifs. Comme si un projet de r&#233;novation ne pouvait plus avoir lieu sans affichage des photographies des anciens habitant&#183;es sur les fen&#234;tres mur&#233;es. Nous devons prendre la mesure de cette inflation du discours et de cette d&#233;valorisation de l'exp&#233;rience r&#233;elle projet&#233;e dans une repr&#233;sentation. Mais comment lutter contre la d&#233;possession de notre pouvoir d'am&#233;nagement si ce n'est en parlant ? Nous faisons le pari qu'en mettant en circulation ces t&#233;moignages, ils peuvent aider &#224; faire l'histoire des exploit&#233;&#183;es, des domin&#233;&#183;es, des marginalis&#233;&#183;es et ainsi nous permettre de reprendre un peu de pouvoir sur la construction de nos villes. Parce qu'il faut pouvoir mettre des mots sur cette violence pour en finir avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1293 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;214&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://toulouse.espacesensible.net/IMG/jpg/20231229_133315.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://toulouse.espacesensible.net/local/cache-vignettes/L500xH225/20231229_133315-22f8c.jpg?1771455752' width='500' height='225' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Passerelle reliant Empalot &#224; l'&#238;le du Ramier
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;La transformation d'Empalot est intimement li&#233; &#224; ladite &#034;reconqu&#234;te&#034; des berges et de l'ile du ramier, les passerelles construites en 2024 mat&#233;rialisent ce changement.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Violence de l'an&#233;antissement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re pi&#232;ce de ce documentaire c'est une fiction. N&#233;e de la rencontre des indicibles que nous percevions dans nos rencontres avec les habitant&#183;es et d'une prise de son. Une prise de son o&#249; nous sommes rest&#233;s fascin&#233;s par les sons produits par les pelles m&#233;caniques, les &#233;boulements, les craquements des poutres. La puissance de la machine. Quelques personnes, bien &#233;quip&#233;es, en quelques minutes rendent un b&#226;timent &#224; la poussi&#232;re et aux gravats. C'est spectaculaire, effrayant, mais aussi attirant, comme peut-&#234;tre le feu. Il faut peu de temps pour que le terrain soit proprement terrass&#233;, cl&#244;tur&#233; et m&#234;me occup&#233; par d'autres activit&#233;s. C'&#233;tait le c&#339;ur de l'action de &#171; r&#233;novation &#187;, mais pour autant un point aveugle occult&#233; par la crainte de l'apr&#232;s et la tristesse de la perte de l'avant. Nous avons eu envie de faire parler cette machine. De la charger de nos craintes et de nos peurs pour qu'elle exprime la violence &#224; l'&#233;tat brut tout en r&#233;v&#233;lant la rationalit&#233; des d&#233;combres, la politique de la ruine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous d&#233;signons par politique de la ruine cette mani&#232;re de faire en sorte que l'espoir quitte un espace. La fermeture syst&#233;matique des endroits, leur abandon. Les murs mur&#233;s qui ne murmurent plus. Les portes blind&#233;es qui vous disent qu'ici il n'y a plus personne et l'abandon du quartier qui laisse les dernier&#183;res habitant&#183;es au froid et &#224; la peur. Alice nous parle de ce processus que nous avons amplement document&#233; dans l'archive de la destruction de l'avenue de Lyon. La mani&#232;re dont les habitant&#183;es sont d&#233;poss&#233;d&#233;&#183;es de ce qui peut faire commun, et &#171; la vie humaine n'a plus d'importance &#187; comme le dit Jennifer. Cette phase dure longtemps parfois, loin de la mise en sc&#232;ne de la destruction &#233;clair des immeubles &#224; l'explosif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tu sais, moi, je me sens comme... En vis-&#224;-vis, avec sa propre disparition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu sais, un truc de presque sadique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu sais, comme si tu &#233;tais plac&#233;e &#224; un endroit o&#249; tu &#233;tais oblig&#233;e de te regarder dispara&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et &#231;a, c'est ouf, dans le cerveau, ce que &#231;a fait. &#187; Meryem&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans avoir rien &#224; dire, rien &#224; contester puisque c'est &#171; d'utilit&#233; publique &#187;. Si on peut avoir l'impression alors de vivre dans le chaos, la poussi&#232;re, le bruit, l'abandon, c'est bien un plan rationnel qui est en marche. &#171; C'est l'ordre qui se d&#233;ploie en d&#233;combres &#187;. La violence n'est pas une cons&#233;quence non voulue. Elle est inh&#233;rente au processus. Et analyser ces op&#233;rations sans consid&#233;rer la violence, c'est en d&#233;finitive passer &#224; c&#244;t&#233; de ce qu'elles sont dans la r&#233;alit&#233;. Et l&#224; encore nous en trouvons la preuve dans l'histoire de la disparition du quartier Saint-Georges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un rapport de 1955 pour la mairie de Toulouse, pr&#233;alable &#224; l'op&#233;ration de destruction, les mots sont clairement pos&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le d&#233;logement de 2000 familles va poser aussi des probl&#232;mes d'ordre psychologique beaucoup plus d&#233;licats. Ce quartier en effet peut-&#234;tre justement parce qu'il est un quartier de taudis, et surtout en raison de son isolement, est une des unit&#233;s les plus vivantes, une des rares communaut&#233;s caract&#233;ris&#233;es au centre de Toulouse : la d&#233;molition des neuf dixi&#232;mes des maisons, la reconstruction d'un quartier aux caract&#232;res tout diff&#233;rents, la dispersion des habitants, vont automatiquement an&#233;antir cette communaut&#233;. Cet an&#233;antissement sera certainement tr&#232;s sensible pour les vieillards et en particulier pour ceux, relativement nombreux, qui sont n&#233;s dans le quartier et y ont toujours v&#233;cu. D'autre part une transplantation dans des quartiers &#233;loign&#233;s aura des cons&#233;quences qui ne seront pas toujours bien accueillies : obligation d'emprunter les transports en commun pour les courses qui ne peuvent se faire qu'en ville, de s'adresser plus souvent aux boutiques de quartier plus ch&#232;res que les march&#233;s (surtout pour les l&#233;gumes) ; souvent n&#233;cessiter de mettre en demi-pension les enfants qui fr&#233;quentent les lyc&#233;es ; d'o&#249; des d&#233;penses suppl&#233;mentaires. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les pouvoirs publics assument tr&#232;s clairement les cons&#233;quences d'une entreprise de destruction dont la r&#233;alisation est justifi&#233;e par la n&#233;cessaire modernisation. D'une certaine mani&#232;re les habitant&#183;es, leurs quotidiens et leurs habitudes sont tout aussi obsol&#232;tes que leurs logements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas grand-chose &#224; conclure ici, il reste beaucoup de travail pour faire pi&#232;ce aux logiques mortif&#232;res qui pr&#233;sident au destin de nos villes. Pour l'instant, nous aimerions finir ce texte avec des pens&#233;es de solidarit&#233; pour toutes les personnes qui font face &#224; ces violences institutionnelles. Que ce soit &#224; Toulouse &#224; la Reynerie, &#224; Paleficat ou au Pradette ou &#224; Roubaix &#224; l'Alma comme dans tous les quartiers populaires. Force et courage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/archives-de-l-effacement-de-la-cite-bleue&#034;&gt;l'archive de l'effacement de la cit&#233; bleue pour plus de d&#233;tail&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#034;Beaucoup de magasins ont ferm&#233;&#8230;&#034; Jusqu'o&#249; va aller le d&#233;clin du centre commercial Saint-Georges &#224; Toulouse ? &#187; &lt;a href=&#034;https://www.ladepeche.fr/2024/12/03/beaucoup-de-magasins-ont-ferme-jusquou-va-aller-le-declin-du-centre-commercial-saint-georges-a-toulouse-12347891.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La d&#233;p&#234;che 3 d&#233;cembre 2024&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Recherches qui ont &#233;t&#233; condens&#233;es dans quatre article : &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/le-vieux-quartier-saint-georges&#034;&gt;Le vieux quartier Saint-Georges&lt;/a&gt; donne une repr&#233;sentation aussi pr&#233;cise que possible du quartier dans les ann&#233;es 1950 ; &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/faire-place-a-l-avenir-les-raisons-de-la-demolition-de-saint-georges&#034;&gt;Faire place &#224; l'avenir les raisons de la d&#233;molition de Saint-Georges&lt;/a&gt; explore pourquoi se quartier a &#233;t&#233; livr&#233; &#224; la pelle des d&#233;molisseurs ; &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/les-batailles-du-quartier-saint-georges-1-l-ineluctable-marche-vers-la&#034;&gt;Les batailles du quartier Saint-Georges : 1. L'in&#233;luctable marche vers la destruction&lt;/a&gt; revient sur le moment o&#249; la d&#233;cision de la destruction semble encore incertaine ; &lt;a href=&#034;https://toulouse.espacesensible.net/les-batailles-du-quartier-saint-georges-2-le-present-sacrifie&#034;&gt;Les batailles du quartier Saint-Georges : 2. Le pr&#233;sent sacrifi&#233;&lt;/a&gt; raconte l'attaque faite aux conditions d'existences et donne &#224; voir la dure bataille du relogement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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